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Y a-t-il un problème peul en Guinée ? (Par Cheikh Yérim Seck)

juin 10th, 2015 | par Leguepard.net
Y a-t-il un problème peul en Guinée ? (Par Cheikh Yérim Seck)
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Ethnie majoritaire en Guinée, représentant selon les données statistiques les plus fiables environ 38% de la population, les Peuls sont une identité remarquable dans tous les sens du terme. S’ils sont issus de la Moyenne-Guinée, la partie centrale du pays qui englobe des villes comme Mamou, Pita, Labé et Gaoual, ils sont présents dans toutes les autres régions où ils ont migré à la recherche de meilleures conditions d’existence…

 

Partout en Guinée, jusqu’au plus petit bled enfoui dans les profondeurs de la Forêt, ils ont présents et tiennent le commerce et les affaires. L’argent de la Guinée est entre les mains de ces débrouillards devant l’Eternel, dotés d’un sens inné du business et d’une capacité inouïe d’accumuler. Les champions du petit commerce ? Les Peuls. Les patrons des filières d’importation ? Encore les Peuls. Les propriétaires des grandes enseignes de commerce général et des unités industrielles ? Toujours les Peuls. Ils font plus que détenir le pouvoir économique, ils en ont le quasi-monopole.

Très tôt alphabétisés, en arabe puis à l’école française, ils sont les plus instruits en Guinée. Les imams, les maîtres coraniques, les cadres supérieurs de l’intérieur comme de la diaspora sont dans leur majorité peuls. Cela fait quand même un peu beaucoup, aux yeux des autres ethnies qui, de surcroît, se sentent envahies par ces nomades de tradition qui viennent arracher leurs meilleures terres pour y ériger les commerces les plus florissants et les demeures les plus resplendissantes.

Les Soussous, les Malinkés et les Forestiers vivent mal cette situation qu’ils ressentent à la limite comme une forme de colonisation. Les Malinkés, en particulier, sont en conflit frontal avec les Peuls, qui remonte aux violences opposant le PDG de Sékou Touré au BAG de Barry Diawandou, au moment de l’indépendance, en 1958. Cette adversité ancienne s’est exacerbée avec la mise à mort de nombre de cadres peuls (Ibrahima Bah dit Barry III, Diallo Telli, Alpha Oumar Barry…) dans une purge que le régime de Sékou Touré a dénommée « le complot peul ».

Du fait de leur teint généralement clair qui tranche d’avec la noirceur ambiante, de leur dialecte unique en son genre, de leur dispersion à travers la Guinée, le Sénégal, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Cameroun…, c’est à peine si les Peuls ne sont pas perçus comme des étrangers dans leur propre pays. Quoique fort critiquable, le propos du président Alpha Condé, selon lequel « la Guinée appartient aux Malinkés, aux Soussous et aux Forestiers », traduit l’opinion dominante dans ces trois ethnies. L’étranger que je suis, avec qui tout le monde parle sans tabou, peut en attester.

Mieux ou pire, les Peuls sont dépeints par les autres composantes de leur pays comme des êtres prompts à trahir, foncièrement communautaristes et portés sur le népotisme. « Partout où le Peul est chef, tout le monde est peul jusqu’au planton », a-t-on coutume d’entendre en Guinée. S’ils sont faux parce que globalisants, ces clichés sont ancrés dans les esprits. Ils poussent les autres ethnies à se coaliser contre tout Peul qui brigue la magistrature suprême. Et expliquent la victoire d’Alpha Condé au second tour de la présidentielle de 2010, malgré l’écart qu’avait creusé son adversaire Cellou Dalein Diallo au premier. Sidya Touré, qui avait appelé à voter Cellou, n’a pas été suivi par son électorat soussou dans sa consigne de vote, et a vu son parti voler en éclats. Après avoir mis du temps et de l’énergie à réparer les dégâts, le leader de l’Union des forces républicaines (UFR) a annoncé, le 1er juin, que si Alpha et Cellou se retrouvaient à nouveau au second tour de la présidentielle d’octobre 2015, il n’appellerait plus à voter pour le second.

L’isolement des Peuls sur l’échiquier politique tient à un obstacle psychologique chez les autres qui se décline ainsi: « les Peuls tiennent les pouvoirs économique, intellectuel et religieux. S’ils prennent le pouvoir politique, ils auront tout en main et le garderont ad vitam aeternam. »

Pourtant, la réalité est, comme toujours, très éloignée de la caricature. Cellou Dalein Diallo, qui incarne aujourd’hui le pays peul sur l’échiquier politique, n’a rien d’un extrémiste ni d’un leader ethnocentriste. Et il est trop fin pour ne gouverner le pays, le cas échéant, que dans l’équilibre. Mais, moins que la réalité, c’est la perception qui compte en politique. Pour le pêcheur de Forécariah, la ménagère de Kankan ou le chasseur de Macenta, Cellou est et demeure « un Peul ».

Le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) l’a bien compris, qui s’appuie, tout au long de ces cinq dernières années, sur ses lieutenants issus de la Basse-Guinée, de la Haute-Guinée et de la Guinée Forestière pour pénétrer politiquement ces régions, les rassurer, les doter de cellules UFDG, convaincre des électeurs… Vaste chantier! Tant les préjugés sont tenaces. La Guinée a un réel problème peul. Tout comme le Cameroun a un problème bamiléké. Nier le mal, c’est contribuer à l’exacerber. Dans le cadre d’une réflexion sur l’avenir de la nation guinéenne, le principal défi consiste à dissoudre le fait ethnique dans l’entité nationale. Senghor l’a relevé au Sénégal.

 

 Cheikh Yérim Seck

21 Comments

  1. Doumbouya says:

    Belle analyse, la Guinée a un réel problème peul? d’ou vient se problème? pourquoi exist-il encore? quelle solution pour ce problème? voici tant d’interrogation qu’il faut répondre.

  2. Camara mamady says:

    Yerim apprend que les peuls n ont aucun problème sauf résister à cette volonté politique d exclusion des autres ethnies notamment des malinkes.les clichés sont manifestations de cette réalité.des traîtres il en existe dans toutes les ethnies.l histoire de l humanité nous l enseigne.des gens honorables en existe partout également.donc ton article me semble opportun.chercherais-tu une seconde vie après ton bannissement dans ton pays natal après ton comportement très peu digne.un conseil fraternel tient toi loin l imbroglio politico-ethnique guinéen.ne vient pas en guinee pour mettre de l huile sur le feu.Après ce que tu as fait à Dakar tu devrait même plus écrire parce que tu as perdu toute crédibilité.

  3. mohamed Diaby says:

    Le combat du PDG de Sekou Toure netait nullement contre lethnie peul mais contre la chefferie traditionnelle plus ancree au fouta quailleurs que la loi Defferre venait de supprimer.Ne faites pas damalgame et ayez du respect pour nos papa mort dans les geoles de sekou toure et qui nont jamais ete peul.Savez vous combien de cadres malinkes ,sousous,guerzes et autres ont laisser leur peau au camp boiro….
    Le RPG et lUFDG sont des partis ethniques et leur perennite est un danger pour la paix en guinee.Et personne ne travaille a sortir de cet enclavement ethnostrategique benefique quand il sagit de trouver des excuses pour une defaite quelconque…
    La verite est que les peuls se reconnaissent tous en lufdg et la derniere sortie maladreoite de sydia est la preuve que ce parti confine en son clanisme ne peut pas seul porter le flambeau de la lutte pour le pouvoir.Toute la strtegie de lufdg est dempecher le pouvoir de bien marcher mais il na aucun plan de conquete du pouvoir.Au lieu de sortir les enfants de laxe se faire massacrer,Cellou aurait conquis le coeur des populations sceptiques a son egard.En bon stratege A Conde recolte le fruit des manifestations de rue.Aucun guineen sincere n a aimer ces manifestations brutales,violentes ety insennsees ou des bandes de jeunes garcons souvent droguer blessent lapident et caillasent tout sur leur passage.Quels soussous forestiers ou malinkes va voter pour des gens pareils???Cellou navait aucun interet a manifester bruyamment alors quil ne savait pas comment gerer le post manif? en fait cest Sydia qui a recolter le fruit des manifs….
    Le probeme peul en guinee cest la victimisation eternelle sinon tous les guineens tirent le diable par la queue:courant eau ecole hopitaux salubrite….ON A UN PROBLEME GUINEEN…AIDEZ NOUS EN CE SENS SINON VOUS CRISTALLISEZ LES ESPRITS

    • Oumar Bella Diallo says:

      g ne partage pas votre analyse car elle contribue beaucoup plus à fragiliser le tissu social entre les différentes communautés de la nation. En 2010, Dalein n’a pas gagné parce qu’il n’avait pas le vrai jeu politique. La population guinéenne vit en harmonie. seul au moment des élections vous entendez quelques problèmes communautaires sinon nous partageons tout ensemble et les uns reçoivent les autres chez eux en leur vendant ou octroyant leurs terres. certes,les pouvoirs politiques ont toujours voulu opposer le peuple pour s’éterniser mais ce qui reste claire il n’y a pas cette animosité entre nous. Il semble important de préciser que des mésententes peuvent survenir même entre les membres d’une famille et c’est un fait de société.

    • Diallo Abdourahmane says:

      Excellente analyse mon frère ! Je valide. La Guinée peut compter sur des personnes comme vous.

    • Lucidité says:

      Je partage ton point de vue.

  4. Nabe Djidia says:

    G v dire qu’il n’a rien comprit dans faire de la guinée il niapas une faire de peule ou Malinké c’est FO tout guinéen est libre devivre là où il veux comme il la dit les peule vie part tout même dans les hameaux et ne aucune discrimination ils se marie et leur filles son marié par les otres la rivalité politique est obligatoire dans tout les pays du monde même en occident exp la Belgique donc retiré de ce keV tu as écrits est FO merci de Mamadi 2 Nabe dit dit Djidia le temps de sékou on a tout jour dit de sa criminalité mais personne ne parle de la soufrance de sékou cose par les opposant néocolonialiste ki a tout jour tantes de Luis éliminé kan il a créée sa money et ki a été saboté par la France et ses complices mais il est Mieux de parlé la vérité sur le passé ke de monté otre chose ki p créer la confusion merci

  5. BAH AMAD says:

    Nous peule on a pas de leader et on ose pas la guerre. Sinon le mieux c’est d’armer les gens et attendre le résultat

    • barry says:

      T’es un gros malade mec, juste pour le pouvoir politique tu veux qu’on aillent s’entre tuer euuh. Rien de bon ne sort d’une guerre, je pense que les mentalités vont changer même si c’est pas pour aujourd’hui.

    • Sow says:

      Sache que l’on a pas peur mais en manque de moyens. Nos parents ont conquis des terres un peu partout à travers le djihad.

  6. hady bah says:

    Nous sommes tous des guinéens nous les jeunees essayions de dépasser ces querelles ethniques et marchons main dans la main

  7. Laye says:

    Propage pas la haine seule la qualité intrinsèque des genre differe ! La Guinée n’as pas de problème peul ni soussou ou Malinkhé, ensemble on est victime de l’analphabetisme et l’ignorance chronique, sinon d’aucune région guineenne n’as refusé un cadre de par son appartenance ethnique, mais il me semble que le peu d’intellectuels guinéens sont à l’origine de la propagande de l’ethnicisme et de la désinformation comme l’écrit mr seck !

  8. Barry says:

    Tu as tout compris seck moi même je me demande qu est ce que peul à fais comme aux autres ethnies de la Guinée pourquoi nous marginaliser jusqu’à ce niveau on a jamais étais ethnocentruste

  9. En attendant les résultats de ce débat stérile des intellectuels, moi ouvrier de formation je tires ma pipe derrière les persiennes.

  10. SIDIKI KEITA says:

    Cheikh Yérim SEC =chèque Yack sécheresse intellectuel… Ton passé me dit beaucoup de chose du temps de Daddis dans jeune Afrique… Conseil :quand on informé sur certains sujets on se tait.

  11. Bangoura says:

    En Guinéen tout court, je voudrais dire que cet article de Yerim renferme des vérités mais très superficielles. Il y a un brassage si intime qu’aucun Guinéen ne peut se réclamer d’une ethnie. Donc on ne peut pas donner des armes, par simple maniement du stylo, pour incendier ce pays. On pensait qu’un Noir ne serait jamais président aux Usa. Il arrivera un jour où les Guinéens mettront un Peulh à la tête de ce pays. Alors il faut savoir raison gardée. Vivement pour une Guinée unie.

  12. Ibrahim aw says:

    Cheikh yerim moi je suis sénégalais de fouta pourquoi focaliser sur le peul voila après babacar Justin Ndiaye est aida mbodje Abdoulaye Wade sidi lamine voici c y seck

  13. Aguibou Barry says:

    Au lieu de passer tout votre temps à ecrire de gros mots sur des choses secondaires nous jeunes guineens devont chercher a changer la pensee morale des guineens qui passe par leducation pour le bien d notre patrie et ensuite petit a petit compler les besoins en alimentation eau et electricite

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