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Injustice et Violence : Deux sœurs jumelles dans la société Guinéenne.

décembre 5th, 2015 | par Leguepard.net
Injustice et Violence : Deux sœurs jumelles dans la société Guinéenne.
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Première partie : Carence d’un pouvoir judiciaire.

Toute violence comporte une part d’injustice et toute injustice comporte une part de violence. Violence et injustice vont de pair comme des sœurs jumelles.

« L’injustice appelle l’injustice ; la violence engendre la violence. » Henri Lacordaire.

Depuis plusieurs décennies, la société guinéenne est atteinte d’une maladie endémique nommée Violence. En effet cette situation de violence remonte à la période coloniale avec les luttes du P.D.G.-R.D.A pour l’indépendance nationale !

Le P.D.G. a été un parti violent et le parti -Etat qu’il a enfanté en 1978 est resté violent avec un Etat violent. Hélas, aujourd’hui ce sont les tenaces survivances du régime du parti-Etat qui persistent et bouchent l’horizon par un blocage sociopolitique.

C’est ce que notre regretté frère le Professeur Alfa I. Sow (paix à son âme) a écrit en 1994 :

« Avec le temps, on mesure jusqu’à quel point l’héritage spirituel et idéologique du régime du parti-Etat qui pèse négativement sur la société guinéenne à la façon d’un mur invisible, sur lequel viennent se briser tous les efforts généreux pour bâtir une société démocratique de progrès et de justice» Pr Alfa I. Sow.

De manière générale, dans une société de violence, il ne peut pas y avoir de justice car ça sera toujours « la raison du plus fort qui sera la meilleure » comme dans la fable du loup et l’agneau de La Fontaine. La violence engendre l’Injustice, qui engendre la violence ; la boucle est bouclée ! Toute violence comporte une part d’injustice et toute injustice comporte une part de violence. Violence et injustice vont de pair comme des sœurs jumelles d’une mère !

La violence dans la vie publique et dans la société guinéenne, n’est non seulement pas récente, mais plus grave : elle revêt plusieurs aspects : violences d’Etat, violences civiles, violence militaire, violence judiciaire.

La raison essentielle de cette violence endémique se trouve dans la carence complète et l’impuissance du pouvoir judiciaire guinéen qui est une survivance du régime du parti-Etat, toujours Etat partisan et violent.

Aucun des régimes qui se sont succédé au pouvoir en Guinée depuis 1958 (le P.D.G.-R.D.A, le P.U.P.et le R.P.G.-Arc-en-ciel) n’a jamais respecté ni la séparation des pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire, ni les droits de l’Homme ! Ce qui me fait dire que nous ne sommes pas encore en démocratie dans notre pays.

Aujourd’hui, c’est cette carence et cette impuissance du pouvoir judiciaire qui donne le sentiment d’injustice à l’immense majorité des citoyens guinées.

Ce qui malheureusement amène certaines personnes ou groupes de personnes à vouloir se faire justice, de façon encore plus violente et plus barbare. Ces agissements et ces exactions sont condamnables. Pour y mettre fin, il faut une justice impartiale et indépendante.

En Guinée, il y a une véritable violence d’Etat et d’injustice, car la justice n’est ni indépendante, ni impartiale ; elle reste inféodée au pouvoir exécutif, exactement comme du temps du parti-Etat. La gouvernance des affaires publiques s’est toujours faite sous le sceau de l’arbitraire, du déni de justice et de droit !

Et ce non -respect de la loi fait de la Guinée un Etat de non-droit, donc d’Injustice.

Voici ce qu’en dit Maître Mohamed Traoré membre du Conseil de l’ordre des avocats lors d’une conférence de presse le 17 Novembre 2015 :

«Le non-respect des procédures pénales amène à la surpopulation dans les établissements pénitentiaires du pays, notamment à Conakry. Quand vous allez à la maison centrale aujourd’hui, vous verrez que plus de la moitié des détenus est composée des personnes en attente de leur jugement. Avant de poursuivre que dans les différentes maisons d’arrêt du pays, il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui attendent leur jugement depuis un à deux ans, voire même plus. Le record d’ailleurs a été battu par un certain Boubacar Barry qui a été détenu pendant 16 ans à la prison centrale de Conakry, sans avoir été présenté à un juge.»

Cette violence chronique a complètement gangréné toutes couches sociales du pays ! Elle sévit dans les familles, dans les quartiers, dans les villages, dans les villes, bref elle fait, hélas désormais partie de la culture sociale de la Guinée, faisant de notre pays, un pays vraiment violent. En voici les derniers dramatiques exemples qui révoltent la conscience humaine! Ils sont d’une violence et d’une barbarie d’un autre âge qui ne mérite pas d’être décrite.

1-Dimanche 29 Novembre 2015 : quatre hommes, accusés du meurtre d’un vendeur d’or, ont été lynchés à Kouroussa, après avoir été extraits de la prison où ils étaient détenus par des habitants s’opposant à leur éventuelle libération.

2- 15 Novembre 2015 : des troubles ont opposé deux familles au sujet de la construction d’une mosquée à Touba. Faute d’entente, des violences ont éclaté, faisant trois morts, et d’importants dégâts matériels.

Dans ce climat social de violence, d’insécurité, d’injustice, la vie en société et le vivre ensemble deviennent difficiles voire pénibles. La vie humaine perd sa valeur et son sens. La société se déshumanise !

Que de souffrance, que de désespoir, que de frustrations et de haines accumulées et refoulées, que de vies brisées, que de larmes et de sang versés! Pourquoi ? Pour quelles raisons ?

Il est vraiment temps que cela s’arrête! Pour que cela s’arrête, il faut une justice impartiale et indépendante du pouvoir exécutif. Il faut une totale égalité de tous les citoyens devant la justice guinéenne. J’aurai l’occasion d’aborder cet aspect dans l’autre partie.

Il est grand temps que cela cesse, afin que les Guinéens connaissent la paix et un développement socio-économique harmonieux et satisfaisant pour tous car :

« Il n’y a pas meilleure arme pour le développement que la Paix. Le Développement et la Paix sont indivisibles»

Mandela.

 

 

Vive la Paix.

Vive la Guinée

Dr. B. Diakité.

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