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L’UFDG: victime de la gestion autocratique des partis politiques en Guinée

février 11th, 2016 | par Leguepard.net
L’UFDG: victime de la gestion autocratique des partis politiques en Guinée
Article
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Les leaders politiques, éternels donneurs de leçons de démocratie, ne sont pas des exemples en la matière. Il suffit d’observer le fonctionnement des différents partis politiques. Le leader politique a un pouvoir absolu au sein de la formation politique qu’il dirige. Sachant que les gens ne militent pas dans un parti politique en raison d’une ligne politique mais plutôt en soutien à un homme. Auréolé de cette « onction populaire », le leader politique se comporte en roitelet, traitant avec dédain ses collaborateurs ainsi que ses militants et sympathisants.

Quant aux organes du parti, ils sont généralement composés de thuriféraires qui n’ont quasiment pas de pouvoir décisionnaire. Les membres desdits organes proposent et le leader du parti dispose. Le leader du parti est à la fois président à vie du parti, principal financier du parti, candidat ad vitam aeternam du parti à toutes les élections présidentielles, tête de liste du parti à toutes les élections législatives, figure de proue du parti aux élections communales, il a le pouvoir de faire et de défaire les responsables du parti et en fin le comble de tout: c’est le culte de la personnalité du « chef » qui a son effigie dans tous les coins et recoins du siège de son parti. Au sein du parti, personne n’ose lui faire ombrage. C’est l’une des principales raisons du non renouvellement de la classe politique. Ce qui fait que le débat démocratique en Guinée est animé par la gérontocratie et la ploutocratie. Toute critique du leader du parti est considérée comme un crime de lège majesté, en témoigne l’exclusion de Bah Oury, vice-président de l’UFDG ( L’union des forces démocratiques de Guinée). Pour nous, il ne s’agit pas d’un cas isolé. Il ne faut pas se voiler la face, aucun leader politique guinéen n’accepterait d’être critiqué par un des responsables de son parti. S’ils se trouvaient confronter à un cas similaire, les autres leaders politiques auraient pris la même sanction.

Pour revenir au cas précité, il est scandaleux qu’un membre d’un parti politique qui de plus en est l’un des principaux responsables, soit exclu parce qu’il a émis l’idée d’un changement de leadership au sein de sa formation politique. Dans les démocraties les plus avancées, il y a des courants politiques au sein des partis politiques et aussi des ténors ayant des profils de leader de parti. Le débat contradictoire est un principe cardinal dans ces formations politiques. Ça s’appelle: la démocratie interne.

En ce qui concerne le cas d’espèce, Bah Oury, étant exclu de l’UFDG, ne reconnaissant pas cette sanction, s’est rendu au siège de son parti afin d’assister à l’assemblée générale hebdomadaire du parti. S’étant vu refuser l’entrée du siège du parti, il a quand même voulu y accédé, ce qui aurait provoqué des affrontements entre ses partisans et ses opposants causant la mort d’un journaliste: Elhadj Mohamed Diallo. Nous profitons de cet éditorial pour présenter nos sincères condoléances à la famille de la victime. Ce drame aurait pu être évité, si ce parti était régi par des règles démocratiques.

Pour finir, nous appelons de tous nos vœux à la démocratisation des partis politiques. Parce qu’un parti politique géré de façon autocratique, ne peut placer à la tête d’un pays qu’un dirigeant autocrate.

 

 

 Sylla Abdoul

membre de la rédaction du guépard.net

5 Comments

  1. KABA Ousmane says:

    je partage une bonne partie de ton article M. SYLLA, surtout en ce qui concerne l’amalgame entre leader et parti. Aucun parti politique en Guinée n’est démocratique au vrai sens du terme. Nos leaders prêchent tous la démocratie tout en restant hostiles aux principes démocratiques. C’est pourquoi ils manquent de dynamisme et de viabilité ; en général, les partis meurent avec leurs leaders. En toute évidence, je le crois avec une profonde conviction, qu’il est crucial de rebâtir les partis politiques sur les principes démocratiques afin de favoriser l’émergence d’une nouvelle classe politique jeune et dynamique.
    En ce qui concerne le cas spécifique de BAH Oury, je pense que beaucoup de ses revendications sont justes et progressistes mais, il faut reconnaître qu’il a manqué la bonne approche, il s’en est pas bien pris au point qu’il avait complètement échoué. Autant il faut accepter et respecter les principes démocratiques, autant il faut respecter les statuts et règlements intérieurs dans les démarches de réformes. Le bureau n’avait même pas besoin de l’exclure, il se serait exclu tout seul parce que de plus en plus il manquait de solidarité dans ses démarches. Cependant, l’aspect révolutionnaire de ses démarches ainsi que celles des jeunes frondeurs de la mouvance est tout à fait positif pour l’avenir des partis politiques en Guinée.
    Personnellement, je crois qu’il est temps d’initier une nouvelle conception des partis politiques tant sur le mode de financement que sur le choix des dirigeants.
    M.KABA Ousmane diplome en Master 2 Banque et marches financiers à l.I.A.E de Tours

  2. Gandhi says:

    Oui le fonctionnement de l’UFDG est critiquable, et il est loin de constituer un modèle, mais il faut toujours balayer devant sa porte. L’UFDG a eu au moins 3 leaders différents. Le RPG et l’UFR peuvent-ils en dire autant ?

  3. Bantama says:

    Bien dit m. Sylla la démocratie n’est pas autocratie, nos leaders politique sont des dictateurs, on ne peut pas combattre quelque chose et être l’artisan de cette chose

  4. Sylla Abdoul says:

    Cher Ghandi. Vous dites que l’Ufdg a connue 3 présidents. Vous oubliez ou vous faites semblant d’oublier que vos anciens présidents n’ont pas été remplacés par des élections internes. Les différents changement à la tête du parti se sont opérés parce que vos anciens présidents étaient décédés. Il s’agissait donc des présidents à vie du parti. En ce qui concerne l’Ufr et le Rpg, ils changeront leurs leaders quand ils ne seront plus de ce monde, exactement comme l’a fait l’Ufdg.

  5. Alpha Ibrahima Dara Diallo says:

    Cellou Dalein est un malheur pour la Guinée et le Foutah.
    Les gens de Labé l’avaient compris dès l’annonce de Ba Mamadou de vouloir introniser Cellou Dalein à l’UFDG.
    Pourquoi Cellou Dalein n’a pas récupéré le PUP, son ancien Parti politique ?

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