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Attention danger : la marginalisation des peuples de la Basse-Guinée

février 26th, 2016 | par Leguepard.net
Attention danger : la marginalisation des peuples de la Basse-Guinée
Article
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Nous aimerions expliquer à nos aimables lecteurs que nous n’avons aucunement l’intention de remettre en cause l’unité nationale ainsi que le vivre ensemble dans notre pays.
Cependant, notre rôle consiste aussi à nous dresser avec virulence contre toute forme d’entrave aux droits et libertés de nos compatriotes et ce, quelque soient leurs appartenance tribales, régionales ou religieuses. C’est dans ce cadre que nous nous sommes penché sur le cas de nos compatriotes originaires du littoral, plus connu sous le vocable de basse Guinée, Guinée-maritime ou encore basse-cote. Région regroupant plusieurs ethnies: les bagas,les sousous,les nalous, les landoumas, les teminés, les mikhiforés etc. Nous avons ainsi donc, fait une analyse des injustices infligées à ces populations par tous les régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays depuis notre indépendance. Les hommes politiques de notre pays ( y compris ceux qui sont originaires de la région) qui ne se servent de ces populations que pour conquérir le pouvoir ou pour le conserver, tout en les enfonçant dans l’abîme de la régression sociale. Ces habitants qui ont connu de longues périodes d’épanouissement culturel, social et économique avant la colonisation et sous la colonisation, sont les principales victimes de la gestion chaotique de l’Etat depuis près de 60ans.
La basse Guinée, région accueillante et hospitalière par excellence, regroupant l’essentiel des richesses produites dans notre pays (90% de l’activité économique), voit sa population marginalisée par les différents régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays. Elle qui, jadis sous la période coloniale abritait une population locale de chef d’entreprise agricole notamment des planteurs. Des plantations de bananes, d’ananas, de pastèques etc, qui faisaient travailler des compatriotes d’autres régions du pays, elle possédait également une intelligentsia formée dans de très bonnes écoles. L’opération de sape de la région a débuté dès les premières heures de notre indépendance, par le sabotage de ces plantations et l’arrêt de l’exportation des produits agricoles. Ce qui constituaient à cette époque l’une des principales sources de revenus des habitants de la région. Ensuite des intellectuels de la région tout comme ceux d’autres régions de notre pays furent décimés ou contraints à l’exil. Au fil des décennies et des régimes, aucune politique n’a été envisagée pour l’amélioration des conditions de vie de ses habitants, le développement de la région ne faisant pas non plus partie des priorités des gouvernants. Pire, l’Etat a organisé la spoliation des habitants de la région en légalisant celle ci par le biais du code foncier, aussi en organisant délibérément une paupérisation de ces peuples afin de les contraindre à brader leurs propriétés.
A) La Spoliation légalisée par l’Etat par le biais du code foncier:
Il existe une incongruité dans le code foncier de notre pays qui dit en substance que la terre appartient à l’Etat. Alors que le droit de propriété est sacralisé dans la plupart des pays du monde, son titulaire l’exerce de façon absolue et exclusive. Il a ainsi donc le droit d’user, de profiter et de disposer du bien dont il est le propriétaire dans les limites fixées par la loi. L’Etat a la possibilité de procéder à l’expropriation administrative uniquement pour cause d’utilité publique et en ayant au préalable procédé à l’indemnisation de la personne à exproprier. Le droit de préemption est aussi conféré à l’Etat, Ceci lui permet d’acquérir en priorité un bien au cas où son propriétaire manifeste l’intérêt de le vendre. Notre code foncier constitue un permis de spolier attribué aux gouvernants. Profitant de cette faille légale, certains d’entre eux continuent encore d’exproprier des habitants de la région, non pas pour des raisons d’utilité publique mais plutôt à des fins personnelles.
 B) la spoliation par une politique délibérée de paupérisation des populations:
Dans le cadre de la lutte contre les inégalités sociales, une partie du fruit de l’exploitation économique de la région: l’exploitation maritime( ports et ressources halieutiques), aéroportuaire, minière et agricole aurait dû être redistribuée à ces populations afin de pouvoir financer un certain nombre d’activités génératrices de revenus tel que des coopératives artisanales, des petites et moyennes entreprises (PME)-des petites et moyennes industries (PMI) ou encore des formations professionnelles pour les jeunes. Ce qui aurait permis à ces citoyens de notre pays de vivre dignement sur « leur terre ».  Hélas, la gabegie financière érigée en système de gouvernance condamne une partie de ses populations à la misère, les contraignant à brader leur espace vital urbain, périurbain et rural à des prédateurs de l’économie et aux privilégiés du système, qui se ruent tel des vautours sur des domaines des personnes fragilisées par le système. Des propriétés obtenues à des prix dérisoires, largement inférieurs à la valeur des biens acquis. Une fois qu’ils aient obtenu ces biens, certains de ces nouveaux acquéreurs dans une certaine forfanterie, font de l’ostentation en narguant les anciens propriétaires et aussi leurs nouveaux voisins c’est à dire la population locale, en les assénant de paroles violentes. Ce n’est pas une hyperbole que de dire qu’il s’agit d’une humiliation.
Ces scènes sont quotidiennement vécues par ces populations à Conakry et aussi dans d’autres localités de la région. Quant aux hommes politiques et autres notabilités de la région, au lieu de défendre le droit pour ces personnes de vivre dignement, ils s’illustrent par la flagornerie, se muant en éternels faiseurs de roi ou en rabatteurs d’électeurs, contribuant ainsi à accentuer ce gouffre en réduisant ces populations à la quête de l’alimentaire. D’ailleurs ces dernière années, ce sont eux qui sont en première ligne pour distribuer des sacs de riz et quelques billets de banques à une partie de ces populations à ce effet. Des attitudes qui n’honorent pas du tout la région et surtout contribuent à hypothéquer l’avenir de ses enfants.
Par conséquent, à partir du moment où notre pays s’est engagé sur la voie de la démocratie, celle ci ne doit pas seulement être subordonnée à l’organisation d’élections. Une société démocratique, c’est aussi une société dans la quelle existe la justice sociale. Le cas précité constitue une véritable bombe à retardement. L’accumulation d’injustice conduit à la révolte. Comme le dit Dom Helder Camara, évêque catholique brésilien (1909-1999): « l’injustice est la mère de la plupart des violences ». Il est donc impérieux pour l’Etat de trouver une solution à cette situation.
 Sylla Abdoul, membre de la rédaction du guépard.net

9 Comments

  1. Bib says:

    Ne vous moquez pas du monde.Conté a eu l’occasion de développer ce pays et enrichir la basse cote d’abord et toute la Guinee surtout lorsque sidya a été nommé PM.qui a brisé cet espoir ,qui a démoli le projet sidya ,trompé conté? des basses côtiers aujourd’hui à la solde de Alpha.
    Alors franchement faisons notre autocritique ,ont nous traite de vendu contre un sac de riz,quest ce que les mamadou SYLLA ont fait pour nous? Nous liquider au pres de conte et faire la promotion des Madikaba ,karamokoba et consorts

    • Doura Barry says:

      @abdoul: personne ne vous oblige a vendre vos terres; vous les vendez vous meme et souvent le meme terrain a plusieurs personnes!!! alors foutez nous la paix! vous avez aussi le choix de vendre et avoir un sac de riz ou ne pas vendre et mourrir de faim alors arretez de nous casser les oreilles et debrouillez vous comme les autres!

  2. Gilbert Soumah says:

    Doura Barry, toi savoir lire? Si non sérieux, Je remercie Mr Sylla Abdoul pour son article. Tu es tellement animé par la haine que tu perd tout sens de discernement. Ce monsieur défend notre peuple face à des haineux et ingrats de ton espèce. Ce peuple se battra pour ses droits. Que tu le veuille ou pas. Il est temps de conscientisez nos parents afin qu’ils vendent plus de terre.

  3. Erratum, il faut conscientisez nos parents pour qu’ils ne vendent plus nos terres

  4. Bib, vous oubliez qu’au temps de Conté, il y avait juste une poignée de cadres sousous proches de lui qui en ont profité. D’ailleurs certains de ces cadres travaillent avec Alpha Condé aujourd’hui. Ces gens n’ont rien fait pour améliorer les conditions des personnes en basse côte. Il y avait un système de libéralisme économique sauvage qui a enrichi quelques affairistes de notre pays. Pendant ce temps, la majorité des sousous croupissaient dans les misère. Le soutien de la communauté à la personne était simplement dû à un sentiment d’empathie c’est à dire que les sousous s’identifiaient en lui. Ils se disaient: c’est un des nôtres.

  5. Aristote says:

    Sylla Abdoul a bien fait de denoncer l’implication de l’elite de la base Côte dans la spoliation des populations de la region. Le regime de Sekou a quasiment casse les Guineens qui etaient les plus nantis en Guinee. Naivement certains cadres l’ont suivi dans son socialisme aveugle. Une fois Conte au pouvoir , les bas cotiers se sont faits beaucoup d’argent mais ils ont peu investis et ils en ont trop gaspilles. Mieux Conte, pour diriger a du faire avec des cadres d’autres regions . C’etait essentiel pour son maintien au pouvoir. Aujourd’hui ce sont les Malinkes qui sont frustres. Le pouvoir leur profite peu d’ou la violence dans leur region tres pauvre. Il est temps que les Guineens sachent que pour que ce pays avance pour nous tous, il faut valoriser la competence. Demain si Cellou dirige, les Peuls risquent d’en souffrir. Il les sacrifiera pour son pouvoir comme Conte a sacrificier les bas cotiers.
    La difference c’est que les Peuls acceptent moins la pauvrete, ils manifestent au risque de leur vie. Les bad cotiers se sont tus pendant trop longtempts. Il faut rejoindre l’opposition et faire des revendications sinon vous n’aurez rien. Les cadres vont vous sacrifier pour leurs interets.

  6. SY SAVANE says:

    Le thème abordé par M. SYLLA n’est pas anodin. Le balayer d’un revers de main, avec mépris, est une grave erreur. Si cette question n’est pas examinée de part et d’autre dans un esprit de fraternité et d’équité, alors on s’acheminera inexorablement vers une « ivoirisation » rampante inévitable.

    Ceux et celles qui sont pauvres, d’ailleurs souvent misérables, finiront par une jacquerie, si en plus de leur « misère », ils sont méprisés. Personnellement, je ne vois pas ce que les possédants ont à gagner dans une jacquerie qui sera nécessairement dirigés contre eux. La bienveillance est toujours préférable à l’arrogance.

    Il n’est pas faux de dire que parfois certains autochtones de la Basse-Guinée ont vendu et revendu les biens fonciers de leur groupe. Ils ne sont forcément rigoureux, ni prévoyants. Cela dit, il y aurait beaucoup à dire sur les fortunes rapidement bâties sous Lansana CONTÉ, ou sur la manière dont ils ont été manipulés par le P.D.G., et finalement infériorisés.

    Encore une fois, je suggère qu’on cesse de mépriser les « autres » parce qu’on est fortuné, et que, eux sont pauvres.

  7. Sylla Abdoul says:

    Excellent commentaire de Sy Savané. Il est évident que l’humilité ne fait pas partie du vocabulaire de certaines personnes dans notre pays.Pour ce qui est du rapport entre la région et le PDG, il faut rappeler que la basse côte a préféré dans un esprit républicain, soutenir Sekou Touré au détriment des enfants de la région, qui avaient une meilleure formation académique que lui notamment Amara Soumah, Fodé Mamoudou Touré, Karim Bangoura etc. La région était en avance sur ces genres de question. En dépit d’une mosaïque d’ethnies cohabitant ensemble dans la même région, la basse côte avait déjà adopté une langue commune: le sousou. Pour revenir au sujet concernant le PDG, après l’indépendance, les basses côtiers furent effectivement discriminés dans le choix des hommes devant gérer l’administration au détriment de l’ethnie de mr Sekou Touré. D’ailleurs, il n y avait pas plus de 2 membres de la communauté dans ses différents gouvernements. Pire il avaient jeté des intellectuels de la région en prison et contraint certains à l’exil. Pour ce qui est du régime Conté, il s’agissait avant tout d’un régime militaire. Qui, par la suite à fait appel à des cadres de la région ainsi que ceux d’autres régions pour diriger le pays. Dés le départ, il a lui même reconnu qu’il ne savait pas. Il a donc laissé un groupe de cadre géré le pays et ce groupe a conduit le pays dans un état pitoyable. Les populations de la région n’ont profité de son régime. Puisqu’il y avait un libéralisme économique sans contrôle étatique. C’est plutôt les commerçants peuls et quelques prédateurs de notre économie qui se sont enrichis. Ce qui est sidèrent, c’est de voir ce peuple se faire encore rouler dans la farine de la sorte. Comment peut-on gober des baratins du genre: » ma mère est sousou, votez pour moi » sans garantie et sans contrepartie? Le régime d’Alpha Condé ressemble à celui de Sekou Touré.cest à dire les véritables patrons du régime sont malinkés et les sousous n’ont que des petites fonctions dans l’appareil d’Etat tout en mettant quelques têtes de gondole au premier plan, histoire de les berner. Tout le monde sait que les premiers ministres sousous du régime n’ont aucune influence. Les populations de la région sont totalement ignorées, sauf pour des élections. On leur distribue quelques sacs de riz et quelques misérables billets de banque et l’affaire est réglée. S’il n’y a pas un éveil de conscience dans la région, la basse côte demeurera le dindon de la farce du pays pendant encore des décennies.

  8. Le vrai Sylla Abdoul says:

    Je me présente, je suis Sylla Abdoul, l’auteur de cet article. En lisant les commentaires sur le présent article, j’ai vu qu’un des intervenants utilisait le même nom. Est-ce un homonyme? je n’en sais rien. Je tiens à préciser que ce n’est pas moi. Histoire d’éviter tout amalgame. Je n’ai pas pour habitude de commenter mes propres articles. Par contre j’assume totalement mes écrits. Je suis un enfant de Guinée, j’appartiens à toutes les régions du pays. Et par conséquent, je me dresserai contre toute entrave aux droits et libertés de mes compatriotes.

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