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Un perdant et un grand perdant à l’UFDG.

mars 22nd, 2016 | par Leguepard.net
Un perdant et un grand perdant à l’UFDG.
Politique
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 Ce fut l’évènement politique qui a marqué le début de l’année 2016, le retour de Bah Oury a été le fait marquant de l’actualité sociopolitique guinéenne. Depuis l’annonce du projet de grâce jusqu’au discours présidentiel le confirmant, le retour de Bah Oury et son exclusion du parti qu’il a fondé était le sujet le plus débattu par les guinéens, particulièrement par les militants et les sympathisants de l’UFDG. Ceux qui croyaient avoir « enterré » Bah Oury politiquement ont bien eu pour leur compte et pour leurs yeux aussi d’ailleurs. Ce retour a confirmé que malgré son exil, Bah Oury et ses hommes ont maintenu leur réseau de mobilisation. Ceux qui pensent que c’est le communiqué tardif de l’UFDG qui a fait sortir les militants, se trompent. Cette belle mobilisation fut le fruit du travail des jeunes leaders de l’axe de la démocratie qui ont tenu à réserver un accueil chaleureux à leur Vice-président. Ayant constaté ce retour réussi de Bah Oury, Cellou et son clan se précipitent à rendre formelle l’exclusion du fondateur de leur parti avant que ce dernier ne reprenne ses activités. Une décision qui confirme le chavirement du grand navire UFDG dans les eaux guinéennes. Ce qui devait arriver arriva et par la faute de qui ?

L’exclusion de Bah Oury a révélé deux faits : premièrement, Cellou n’était pas du tout préparé à revoir Bah Oury à Conakry encore moins cohabité avec lui au sommet de l’UFDG. Ensuite cette exclusion nous confirme que le Fouta manque d’une autorité morale crédible susceptible de régler les différends entre ses fils. Ceci dit, la crise est si profonde que ses conséquences se répercuteront sur plusieurs générations. Depuis 2011, nous n’avions cessé d’attirer l’attention des uns et des autres sur l’attitude de Cellou Dalein vis-à-vis de son premier vice-président. Certes les deux sont perdants mais le plus grand perdant, c’est le Fouta. Il n’ya rien qui puisse justifier cette « bêtise politique » quand on sait que la mobilisation à l’UFDG n’était point soutenue par une unité. Que faire maintenant pour sauver l’UFDG ? Que risque le parti après la tuerie du 5 février 2016 ? Au temps de nous édifier.

Nous avions dans notre précédente chronique, souligné que Cellou Dalein et Bah Oury sont devenus les arguments politiques du Président Alpha Condé. Désormais leur destin politique est intimement lié à celui d’Alpha Condé. Ils ont manqué de hauteur de vue pour déjouer le piège tendu par le professeur et le coup KO apporte un nouvel ordre politique national qui met en péril l’existence même de l’UFDG. Dans sa probable retraite politique, Alpha Condé emportera les deux leaders. Les plus avertis ont déjà compris que c’est une question de mois voir un an pour acter la fin de l’épopée de l’UFDG en Guinée. Entre l’égoïsme de Cellou Dalein et la précipitation de Bah Oury, ajouter à cela le manque de responsabilité de la coordination haali puular, c’est le rêve de milliers de personnes qui a été brisé. Ne dit-on pas qu’en voulant trop gagner on risque de tout perdre ? En négligeant la situation du fondateur et 1er vice-président, CDD et l’UFDG se sont faits « piqués » par la toute petite épine qui les empêche de participer aux futures échéances électorales de manière effective. Il est bien clair que celui qui sème le vent, récolte toujours la tempête et il n’y a pas de miracle face à une telle attitude. D’erreurs en erreurs de communications, de fautes politiques en fautes politiques, Cellou a précipité le chavirement de l’UFDG dans les eaux troubles de la République de Guinée. Les militants aveuglés par l’amour qu’ils portent pour Cellou Dalein, n’ont jamais pris le temps de regarder la direction empruntée par leur président. Oui c’est vrai que l’amour rend aveugle. Ils sont aussi coupables et leur amour ne sauvera pas Cellou de ce naufrage politique. Ne dit-on pas, quelques fois que les conséquences corrigent mieux que les conseils ? La crise qui sévit à l’UFDG servira sans doute de leçon pour les générations futures. Dans cette gravissime crise, le président et son clan ont confirmé à l’opinion nationale, l’irresponsabilité ainsi que l’amateurisme qui les caractérise dans leur manière de gérer l’UFDG. Comment se permettre une tournée de « test de popularité » au Fouta alors qu’il y a eu meurtre au siège du parti et tous ses gardes du corps arrêtés ? Il a démontré son manque de compassion à la famille du journaliste assassiné mais aussi un manque de solidarité à ses propres gardes toujours en prison. C’est dans la ville carrefour Mamou que le président de l’UFDG a mis en exécution son « suicide politique » en déclarant publiquement « ‘’Il ne faut pas qu’on se laisse distraire par la défection de M. Bah Oury. Il faut qu’on oublie ça, c’est le passé. Ça sera comme Saliou Béla. D’autres sont partis, avant, après Saliou Béla, il n’y a pas eu d’impact sur notre parti. Il a continué de grandir et à susciter la confiance des guinéens, aussi bien que nous sommes restés la première force politique du pays » voir article ci-dessous :

http://www.africaguinee.com/articles/2016/02/24/cellou-dalein-diallo-ses-militants-mamou-il-faut-qu-oublie-bah-oury-c-est-du

Dans cette déclaration Cellou s’est confondu dans ses propos, il est très important de rappeler qu’il y a une différence entre le mot défection et exclusion. Au président de l’UFDG de consulter son dictionnaire. D’ici là, nous dirons à Cellou Dalein que, Bah Oury n’est pas Saliou Béla, il est le fondateur du parti. Son exclusion causera indéniablement un impact très négatif à l’UFDG, cela est à prendre en compte Mr Diallo. Faire manifester les militants pour avoir un dialogue avec Alpha Condé et tuer un journaliste pour refuser un autre dialogue avec le fondateur du parti dont vous êtes le président ! Quelle logique… ?

Un des grands perdants dans cette crise, c’est la coordination Haali Puular qui a failli dans sa mission de médiation. Elle a montré ses tares et son manque d’autorité morale pour jouer son rôle d’arbitre dans les crises. L’institution même qui est sensée désamorcer la fameuse bombe à retardement, l’a volontairement activée en provoquant son explosion. Et aujourd’hui, elle est avilie par tous les hommes épris de justice sociale au Fouta et dans l’ensemble du pays. Il est quand même utile d’édifier l’opinion haali puular et nationale sur les causes de la faillite de cette institution sociale.

Une institution sociale mais très politisée par Cellou et l’UFDG. Les membres de cette institution ont des doubles bonnets blancs souillés de tous les maux qui gangrènent la société guinéenne et particulièrement la communauté haali puular. La moitié des membres de la coordination sont des membres du bureau exécutif, du conseil politique de l’UFDG. Avec une telle composition, il ya forcément un conflit d’intérêt quand il s’agit de prendre des décisions concernant le président de leur parti. La coordination est confondue au conseil politique de l’UFDG et le conseil politique se fond à la plénière de la coordination. Pour être plus clair, c’est pratiquement les mêmes hommes qui « peuplent » les deux institutions. Pour le président de l’UFDG, contrôler la coordination qui fait office d’autorité morale des haali puular, c’est aussi faire de la politique. Il est plus qu’urgent d’extirper tous les doubles bonnets blancs de la coordination et de se pencher rapidement à sa profonde refonte afin de garantir un avenir commun à tous les fils et filles de la Guinée, particulièrement les enfants du Fouta.

C’est l’occasion d’ailleurs de, lancer un appel à l’élite guinéenne afin de proposer une charte aux coordinations régionales qui fixerait les critères pour être membre des bureaux de ces dernières. Qu’un sage appartenant à un parti politique ne fasse pas parti du bureau de n’importe quelle coordination régionale. Des coordinations plus politiques que les partis politiques et qui biaisent le débat politique national. Cette confusion de rôle nous éloigne de toute objectivité dans notre mission de développer le Pays.

Dans un avenir très proche, le temps nous démontrera qu’à l’UFDG, ce fut du temps perdu. Un rêve qui probablement restera utopique pour des milliers de personnes. Du perdant aux grands perdants, ils sont tous coupables même si les degrés de responsabilité diffèrent selon l’angle de l’observation. Comment sont –ils arrivés là ? Qu’ils nous expliquent cela avec des mots simples car, le mal causé est encore très douloureux.

Qu’Allah fasse de nous des gagnants et nous guide sur le chemin de la vérité. Amen

 

 

 

Marwane Diallo.

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