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Pour Ansoumane DORÉ et sa famille

mars 29th, 2016 | par Leguepard.net
Pour Ansoumane DORÉ et sa famille
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Ainsi donc, Ansoumane DORÉ s’en est allé, pour toujours. Il n’y a pas de mort impensable, puisque, quoi qu’on fasse, on finit tous par mourir. On n’a pas le choix. Toutefois, certaines morts sont moins supportables que d’autres. La disparition de M. Ansoumane DORÉ est totalement insupportable. En la circonstance, ni l’âge, ni la maladie ne peuvent être une consolation. On s’y résout parce que, on n’y peut rien. Comme tout le monde, je m’y résous donc, mais avec ces quelques mots.

Bien sûr, Ansoumane DORÉ était un être humain comme tous les autres, et donc mortel. Mais il avait ceci de très rare parmi les Guinéens : il était d’une probité intellectuelle quasi-religieuse. Sur le plan humain, il était fraternel, fraternel sans distinction. Lui et moi, nous ne nous étions rencontrés qu’une fois au cours d’une réunion. Depuis, entre nous, est née d’abord une complicité intellectuelle, ensuite une amitié vraie, non envahissante.

Quelques mots qui me tenaient à cœur, à propos de M. DORÉ. Je ne les lui ai jamais dit de son vivant : il me fascinait par sa capacité presque naturelle à rester le Grand Frère du village africain, malgré ou à cause de plus de soixante ans de vie en Europe Occidentale, sans jamais cesser d’être un intellectuel, Français et cartésien, bien dans son pays d’adoption. Un exemple ?—Il m’appelait souvent, comme le ferait mon grand frère du village, pour s’enquérir de mon silence. Je précise par honnêteté, qu’il m’appelait plus souvent que je ne l’appelais. Et quand à la suite d’un de ses appels, j’essayais de trouver quelques justifications non convaincantes à mes silences, il faisait semblant d’y croire. Il n’en était pas dupe. C’est comme ça au village. Mais comme au village, il estimait que, en tant que aîné, c’est à lui de donner l’exemple, c’est-à-dire réunir tous les Petits frères, même les plus turbulents. Il y a un peu plus d’un mois, un ami qui nous est commun, m’a demandé de l’appeler, parce qu’il s’inquiétait de ne pas avoir de mes nouvelles. Il pensait que j’étais encore en Guinée. Je m’étais promis de l’appeler et de discuter avec lui, comme à nos habitudes. Mais je n’ai pas pu le faire. A force de remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui, on est toujours dans le remord. Je m’en veux d’avoir remis à plus tard ce que j’avais la possibilité de faire tout de suite.

 

Ansoumane DORÉ était l’humilité même, et la bonté. Il ne supportait ni la vanité, ni la flagornerie. Il était particulièrement fraternel avec moi. Que sa femme et ses enfants reçoivent ici, mes condoléances sincères des plus attristées.

 

 

 

Adieu ! Mon Frère Ansoumane DORÉ.

 

Mamadou Billo SY SAVANÉ

 

 

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