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Focus : coup de gel sur le fer africain

juillet 19th, 2016 | par Leguepard.net
Focus : coup de gel sur le fer africain
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Avec un marché du minerai au plus bas, les projets d’exploitation se figent les uns après les autres sur le continent. Dernière victime en date : le mégagisement de Rio Tinto, au mont Simandou.

À peine arrivé aux manettes du mastodonte minier Rio Tinto, Jean-Sébastien Jacques a volontairement mis les pieds dans le plat. Le 4 juillet, trois jours après sa prise de fonctions, ce Français a fait savoir dans une interview au journal britannique The Times que son groupe ne développera pas de sitôt son projet minier de fer du mont Simandou, en Guinée.

«Nous avons remis l’étude de faisabilité bancaire conformément à nos engagements contractuels. Mais dans le contexte actuel de marché, nous ne voyons pas comment aller plus loin pour le moment », a affirmé le nouveau patron du groupe anglo-australien, qui pesait 34,8 milliards de dollars [31,9 milliards d’euros] de chiffre d’affaires en 2015.

Incertitudes

En réalité, plus personne ne croyait à la date indicative d’entrée en exploitation de 2018 qu’avait donnée Alan Davies, le directeur général de la division minerais et diamants de Rio Tinto, à en juin 2014. Sam Walsh, le prédécesseur de Jean-Sébastien Jacques, entretenait le doute sur le sujet, mais le gel du développement de ce mégaprojet était un secret de polichinelle pour les spécialistes.

La conjoncture, sur le marché du fer, est désastreuse, avec un minerai qui a perdu 39 % de sa valeur rien qu’en 2015. « Investir aujourd’hui près de 20 milliards de dollars dans une mine et des infrastructures de transport du minerai serait suicidaire. Rio Tinto – qui a perdu 866 millions de dollars en 2015 – va jouer la montre une fois de plus », pronostiquait avec justesse le dirigeant d’un de ses concurrents majeurs fin février. Même le gouvernement guinéen, qui prétend s’en offusquer, s’attendait à cette annonce.

Interrogé en février à Mining Indaba, la conférence annuelle qui rassemble les professionnels du secteur, le nouveau ministre des Mines, Abdoulaye Magassouba, refusait de donner un planning à Jeune Afrique, tant pour le début des travaux de la voie ferrée de 650 km et du port minéralier que pour les infrastructures de la mine, située en Guinée forestière, dans le Sud-Est.

 

 

Source: Jeune Afrique

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