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S.O.S Kakimbo: Zone naturelle d’intérêt écologique en voie de disparution

août 3rd, 2016 | par Leguepard.net
S.O.S Kakimbo: Zone naturelle d’intérêt écologique en voie de disparution
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Pour les profanes, Kakimbo est une forêt se trouvant au Nord de Conakry dans la commune de Ratoma. Elle est traversée par un cour d’eau portant le même nom, elle est considérée comme « le poumon de Conakry » en raison du microclimat s’y établissant en son sein. Dans la zone s’y trouve également un site archéologique avec des grottes abritant des vestiges préhistoriques plurimillénaires dont une grotte souterraine qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Au-delà de l’esthétisme du domaine, Kakimbo regorge la principale réserve d’eau de Conakry dans son sol d’où la présence d’installations de forage et d’un centre de pompage d’eau appartenant à la société des eaux de Guinée (S.E.G).

 

La zone fut classée patrimoine national et déclarée d’utilité publique par un décret de 1944, émis par le gouvernement provisoire de la France basé à Alger (la Guinée était à l’époque sous administration Française). Elle fut longtemps protégée par les populations locales au nom du mythe des génies s’y trouvant. Hélas, depuis ces dernières décennies, l’urbanisation sauvage a pris le dessus sur ce bijou de notre écosystème. Des agents de L’Etat et certaines notabilités locales ont vendu des terres et octroyé des permis de construire au sein du domaine. La forêt se trouve aujourd’hui totalement dégarnie. La cupidité de ces personnes n’ayant pas de limite, même la source du cour d’eau traversant la forêt, situé dans le quartier Démoudoula a été vendue et bâtie. Conséquence, un cour d’eau qui ne tarissait pas au plus fort de la saison sèche, se retrouve désormais à sec à peine la saison pluvieuse achevée. Pire, l’embouchure du cour d’eau avec le bras de mer se trouvant à Bonfi dans le quartier de Ratoma-centre est souillée et l’environnement pollué à outrance par l’installation par l’Etat d’un abattoir à ciel ouvert. Les boyaux des bêtes abattues y sont vidés et lavés, provoquant une odeur fétide que les populations environnantes respirent au quotidien. A souligner que l’installation de cet abattoir a été imposée à ces populations à la « hussarde », sans aucune forme de concertation.

 

Quelques opérations de reboisements sont organisés de temps en temps par les autorités et la société civile dans le but de justifier des décaissements de fonds et de se donner bonne conscience. En réalité il ne s’agit que du tape à l’oeil. Les discours bravaches n’ont jamais abouti à des résultats tangibles. Quant aux partis politiques, ils adoptent la même attitude que les ronds de cuirs qui nous gouvernent c’est à dire: l’inertie.

 

Il serait impérieux de dédommager et reloger les personnes qui s’y sont installés de bonne foi, procéder à un reboisement massif de la zone et à la délocalisation de l’abattoir qui n’a rien à y faire dans ce domaine.

 

Pour conclure, je dirai que s’époumoner sur des question environnementales est salutaire. Dans la mesure où il s’agit d’un sujet qui dépasse le cadre politique. Il incombe donc à chaque acteur de notre société de s’y intéresser afin de préserver le magnifique espace écologique que nos devanciers nous ont légués et que nous devons à notre tour transmettre aux générations futures.

 

Sauvons Kakimbo

 

Sylla Abdoul

membre de la rédaction du site leguepard.net

 

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