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XÉNOPHOBIE et populisme: Réplique à Monsieur David GAKUNZI

août 7th, 2016 | par Leguepard.net
XÉNOPHOBIE et populisme: Réplique à Monsieur David GAKUNZI
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Sans l’avoir dit ou écrit, M. David GAKUNZI nous livre une réflexion dans laquelle il se présente en PANAFRICANISTE militant, tout en réglant le compte de tous les Noirs AFRICAINS qui comme moi, pensent que l’Afrique Noire n’est pas un espace géographique INFORME, mais plutôt un ensemble de TERRES des ANCÊTRES, bien identifiées : les différents pays, variés et dissemblables d’un point à un autre. Il y a des pays et des peuples. Les premiers OCCUPANTS d’un Espace territorial en sont les AUTOCHTONES, et donc les propriétaires. C’est l’histoire universelle de la colonisation de l’espace-terre par les humains. Ce n’est ni un Bien, ni un Mal. C’est un fait. Et c’est ce que prétend récuser M. GAKUNZI dans la réflexion qu’il nous livre.

Son texte est peut-être un exercice littéraire, mais très moyen. Le but avoué ici est de dénoncer la « xénophobie », que l’auteur fait glisser vers le « populisme », terme à la mode en France et ailleurs en Occident qu’on emploie pour disqualifier d’emblée l’adversaire politique qui peut ou veut porter la contradiction en face de discours convenu, et inacceptable.

Le propos de M. GAKUNZI ici, est de clouer au pilori à coups d’amalgames et d’incohérences, tous ceux qui à un moment ou à un autre, veulent récupérer la TERRE de leurs ANCÊTRES. J’en suis et je continue de le revendiquer. Bien sûr cet article ne me vise pas, ne m’attaque pas personnellement. Mais je me sens interpellé à certains moments, par l’entreprise de M. Etienne GAKUNZI.

Clarifions d’abord le sujet abordé par cet article. L’auteur confond délibérément ou imprudemment le désir LÉGITIME pour un autochtone, d’être à la tête de la TERRE de ses ANCÊTRES, désir à mon avis louable et xénophobie, sentiment répugnant qui se traduit par l’hostilité contre tout ce qui est étranger. La confusion aurait pu être évitée. L’auteur en a la capacité intellectuelle. Mais alors, il n’aurait pas pu atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, d’où les amalgames volontaires. Son objectif ?:– monter ou démontrer que l’Afrique Noire est un espace géographique informe, où les aspérités socioculturelles, historiques et politiques sont inexistantes ou superficielles. Et de ce fait, n’importe qui serait fondé à s’installer à la tête de n’importe quel pays, y compris contre le gré des AUTOCHTONES. Pourvu qu’il soit Noir.

Au demeurant, pour cet auteur, en Afrique Noire, il n’y a ni pays identifiable, ni autochtone, et encore moins de spécificité culturelle. Pour lui, le fait d’être NOIR, tiendrait lieu de pays et de peuple. Il ne l’écrit pas, mais c’est le fond de son article.

A l’appui de sa démonstration, M. GAKUNZI convoque l’élection de Barack OBAMA aux U.S.A., le conflit ivoirien en apparence lié à la notion de l’ « IVOIRITÉ ». Mais en réalité trouvant son origine et son extension dans des enjeux politico-fonciers dans un contexte de crise économique, où les jeunes diplômés sortis des écoles et universités, ne pouvant plus trouver d’emplois dans la fonction publique, se tournent vers les campagnes dans lesquelles leurs parents et grands-parents avaient des terres exploitées ou exploitables. Or certaines de ces terres sont occupées par d’autres, non autochtones, généralement Burkinabès. M. KONAN Bédié alors président de la république en grande difficulté politique, s’est emparé de ce contexte pour brandir l’IVOIRITÉ contre M. Alassane Dramane OUATTARA qui était en phase d’ascension politique indiscutable. Or il savait bien, comme des millions d’autres, que M. OUATTARA est un IVOIRIEN authentique, et qu’il l’est aussi par sa maman, elle-même originaire de ODIENNÉ (nord de la Côte d’Ivoire). M. Laurent GBAGBO s’est aussi accroché à ce minable stratagème pour barrer la route à ADO dont il avait pris la mesure de l’habileté politique.

J’ai moi-même séjourné en Côte d’Ivoire. Les violences orchestrées par M. KONAN Bédié, ensuite par M. Laurent GBAGBO contre les populations du nord ivoirien et assimilés, sont des violences politiques. Les Ivoiriens ne sont pas du tout xénophobes.

 Quant à invoquer l’élection de M. Barack OBAMA aux U.S.A. pour stigmatiser la xénophobie supposée de tel pays ou tel autre pays africain, et à contrario « célébrer » l’Amérique, est inattendu de la part d’un Africain. Faut-il le rappeler, le cas OBAMA n’est en rien comparable aux autre cas évoqués par GAKUNZI. M. OBAMA est un Américain, né en Amérique, éduqué en Amérique, de mère américaine. Il n’est ni immigré, ni naturalisé. Il est un Américain authentique. Seul son père le relie au KENYA.

Voilà brièvement présentées, certaines des approximations opérées par M. GAKUNZI, pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, à savoir : l’Afrique Noire est un espace géographique quelconque, informe, vaguement divisé en « territoires » dépourvus de tout AUTOCHTONE. Pas de pays, pas d’Etats, pas d’histoire, pas de sociétés différenciées les unes des autres, des peuplades archaïques, sans lien, ni passé. En quelque sorte, l’aube de l’humanité. Fantastique.

Je récuse résolument cette vision de l’Afrique et ce PANFRICANISME béat. L’Afrique comme les autres continents est divisés en pays, Etats, avec des peuplements divers, ayant en commun leur appartenance à l’humanité entière. Les premiers occupants de chaque territoire de chaque territoire sont propriétaires de cet espace. Ils en sont les autochtones par leurs ascendances. Il leur revient d’en occuper la magistrature suprême. Ce qui n’exclue pas l’accueil des nouveaux venus. Ainsi, je suis GUINEEN par mes ascendances. La Guinée, c’est la TERRE de mes ANCÊTRES. Tous les Guinéens peuvent dire la même chose.

J’ai contesté et je continue de contester l’installation de M. Alpha CONDÉ à la magistrature suprême de la Guinée, parce que, il n’y a aucune attache, et lui-même n’y est attaché qu’en raison des privilèges que donne la fonction présidentielle. Il n’a jamais vécu en Guinée où il est né de parents voltaïque (burkinabè) pour son père et soudanaise (malienne) pour sa mère, si on met de côté, que les douze premières années de sa vie. En disant cela, j’affirme une évidence.

 Je n’ai aucune hostilité contre lui. J’ai même souhaité avec d’autres, qu’on accepte les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle, en dépit d’immenses irrégularités qui étaient de nature à invalider le scrutin présidentiel sous d’autres cieux. Je ne prétends nullement que j’ai été écouté. Je dis juste que j’ai joint ma voix à celles d’autres compatriotes parce que, nous ne souhaitions pas de conflits violents dans notre pays, et parce que nous n’avons pas de pays de rechange, et que c’est là en Guinée où nos ANCÊTRES ont vécu, travaillé, souffert, et parfois été heureux. Ce n’est pas le cas de M. Alpha CONDÉ. Il y ferait n’importe quoi pour se maintenir au pouvoir. Il a un ou deux pays de rechange.

La Guinée, comme les autres pays, doit avoir à sa tête ses vrais enfants. En Afrique de l’Ouest par exemple au Mali, au Sénégal, au Burkina, en Mauritanie…il est impensable d’imaginer à la magistrature suprême, quelqu’un qui a le pédigrée de M. Alpha CONDÉ. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas le droit de vivre et de se réaliser dans notre pays. Toutefois, c’est aux vrais enfants du pays d’en occuper la magistrature suprême. Nos parents et grands-parents ont accueilli ses parents par hospitalité. Ils ont bien fait. Mais on ne confie pas les rênes de la TERRE de ses ANCÊTRES à un passant. Nous guinéens avons commis ce FORFAIT contre nos ANCÊTRES. L’avenir nous dira si c’est ce qu’il fallait faire.

Alors, suis-je xénophobe, populiste en exprimant mes convictions ? Je n’en suis pas certain. M. Etienne GAKUNZI me le dira. Le PANFRICANISME qui consiste à dire qu’il faut abandonner la TERRE des ANCÊTRES dans les mains du premier venu parce qu’il est Noir, est suspect à mes yeux. La Guinée n’est pas l’ANGOLA qui n’est pas le Sénégal, lequel n’est pas le BURUNDI…

Le discours actuel des « riches », est de dire, il n’y a pas de frontières avec les nouvelles technologies. J’ajoute qu’ils parlent pour eux. Ils ont les moyens d’être partout chez eux. Leur fortune et carnets d’adresses leur servent de patrie, et à juste raison. Le panafricanisme de M. Etienne GAKUNZI est une dangereuse illusion pour nous les sans-patrimoines. Notre seul et unique patrimoine, c’est la TERRE de nos ANCÊTRES.

 

 

 

Mamadou Billo SY SAVANÉ

 

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