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Exclusif : Victime d’«harcèlement», d’«abus de pouvoir», le DAF de la LONAGUI sort de sa réserve

novembre 7th, 2016 | par Leguepard.net
Exclusif : Victime d’«harcèlement», d’«abus de pouvoir», le DAF de la LONAGUI sort de sa réserve
Interview
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kobele

«….Il faut rechercher la raison de l’acharnement sur ma personne dans les faits de gestion à la LONAGUI. Monsieur Cherif a cloisonné le fonctionnement de l’entreprise à son niveau, les preuves existent ; il est le seul signataire du compte bancaire de la LONAGUI, il est le seul signataire des licences de jeux, parfois vous verrez que certains contrats délivrés à des privés ne sont pas connus du directeur de l’administration et des finances. Cette manière peu orthodoxe et de graves manquements non exhaustifs sur la gestion de l’entreprise sont iniques en Guinée ; c’est pourquoi le DGA et moi-même l’avions dénoncé plus d’une fois au travers des courriers adressés non seulement à la tutelle mais aussi au nouveau conseil d’administration pour la prise des mesures correctives. Ces courriels existent ! »

 

Dans une de nos dépêches précédentes, nous notions l’irruption des gendarmes émanant des services spéciaux et de la lutte anti-drogue au sein de la loterie nationale de Guinée dans le but de déguerpir de force certains hauts cadres de la boite devenus, selon nos sources encombrants pour la gestion personnelle du directeur général Cherif Aidara (Lire ou relire : Exclusif : Les dessous de l’irruption des gendarmes à la LONAGUI ce lundi 31 octobre). Quelques jours plus tard, au moins, trois employés ont reçu des lettres de licenciement et d’avertissement de la part du patron de l’entreprise Aidara, apprend-on
Se disant victime « d’harcèlement et d’abus de pouvoir », le directeur administratif et financier (DAF), Mohamed Kobélé Keita sort de sa réserve et dit tout. Lisez !

 

Guinéenews© : Nous venons d’apprendre que vous êtes impliqué dans une corruption à la LONAGUI (loterie nationale de Guinée) et que vous auriez fui de la Guinée. Que répondez-vous ?

 

Mohamed Kobélé Keita : J’ai lu par voie de presse avec beaucoup de surprise et je me réserve d’exercer les voies de droit prévues par la loi pour répondre. J’avais aussi appris avant mon départ de la Guinée que des moyens ont été mis à la disposition des gens notamment des journalistes pour me diffamer et salir mon image. Pour revenir à votre question, je suis en France dans le cadre d’un congé de formation, ce qui suppose que la LONAGUI est au courant de mon absence pour mon master à temps partiel et je retournerai en Guinée dans les prochains jours inchallah !

 

Je peux vous confirmer que ces affabulations sans fondement sont ourdis par des gens ayant le seul but de me faire partir de la LONAGUI. Je ne suis impliqué dans un procès quelconque. Par contre, je me souviens d’une affaire de licence de casino avec une société chinoise qui s’appelle Black and White dont le dossier de demande de licence a été traité sans moi contrairement aux procédures reliées à la délivrance d’une licence de jeux à la LONAGUI. Ce dossier a été traité par le directeur général M. Cherif Aidara. Aussi, je me souviens il y a de cela 9 mois que  M. Aidara a dit devant tous les travailleurs de la LONAGUI que le directeur général adjoint et moi-même veulent prendre son poste et qu’à cet effet, il usera de tous les moyens en sa possession pour nous faire partir de la LONAGUI, soit avec lui soit avant lui. Depuis ce jour, je suis victime d’acharnement de la part de M. Aidaira qui m’injurie et met sur mon dos tous les péchés d’Israël pour m’empêcher de travailler. Je me suis pas fait l’économie d’informer la tutelle par courriel.

 

Le procès à Boké, c’est un jugement qui a concerné un individu, qui ne me connaît ni d’Ève ni d’Adam, et la société chinoise pour l’obtention de licence. Ayant appris que le jugement a été rendu en septembre dernier, je me suis investi à obtenir une copie de la grosse de jugement que je vais vous transmettre ; après lecture, vous verrez que je ne suis pas concerné encore moins un travailleur de la LONAGUI. Vous savez Monsieur le journaliste, l’écosystème de la LONAGUI est complètement en train d’être pollué par des accusations tous azimuts, des invectives, de gros mensonges, des menaces de licenciement à l’endroit du personnel et la violation des règles et principes de gestion les plus élémentaires.

 

Mais, il faut rechercher la raison de l’acharnement sur ma personne dans les faits de gestion à la LONAGUI. Monsieur Cherif a cloisonné le fonctionnement de l’entreprise à son niveau, les preuves existent ; il est le seul signataire du compte bancaire de la LONAGUI, il est le seul signataire des licences de jeux, parfois vous verrez que certains contrats délivrés à des privés ne sont pas connus du directeur de l’administration et des finances. Cette manière peu orthodoxe et de graves manquements non exhaustifs sur la gestion de l’entreprise sont iniques en Guinée, c’est pourquoi le DGA (directeur général adjoint) et moi-même l’avions dénoncé plus d’une fois au travers des courriers adressés non seulement à la tutelle mais aussi au nouveau conseil d’administration pour la prise des mesures correctives. Ces courriels existent.

 

Donc, sur la question de corruption, je vous laisse vous-même en déduire que dès lors que je ne suis pas signataire, ne participant ni à l’ordonnancement, ni à l’engagement et à la liquidation des dépenses de la LONAGUI, encore moins à l’instruction des licences, je me demande par quelle magie je peux être impliqué dans une soi-disante corruption à la LONAGUI. Ce serait peut-être quelqu’un d’autre qui serait seul à connaître des fondements d’une telle pratique à la LONAGUI auxquelles je me suis personnellement opposée et je mets quiconque au défi d’engager un audit systématique organisationnel et financier de l’entreprise ; en ce moment, vous saurez qui est corrompu et qui utilise les deniers de la société à ses propres fins. Il est important à mon avis de souligner, de plus, que la personne qui fait les achats à la LONAGUI est bien le neveu de M. Cherif et cette personne en violation de mon périmètre de responsabilités ne répond que de lui.

 

Guinéenews© : C’est très grave ce que vous dites M. Keita. Le directeur général est le seul signataire à la LONAGUI ?

 

Mohamed Kobélé Keita : Je vous confirme que M. Cherif Aidara est seul signataire du compte de la LONAGUI à la BCRG contrairement aux principes de signatures conjointes appliqués dans toutes les entreprises publiques ou privées où les signatures sont conjointes entre le DAF (directeur administratif et financier et le DG (directeur général) ou un autre.

 

Guinéenews© : Avez-vous informé votre tutelle de cette situation qui semple perdurer dans votre entreprise ?

 

Mohamed Kobélé Keita : Plus d’une fois et d’ailleurs les anomalies de gestion à la LONAGUI sont telles que la tutelle a été dans l’obligation de doter cette société de statuts ; donc de régler la question institutionnelle puis laisser le conseil d’administration restructurer en vue de corriger les dysfonctionnements entretenus par M. Aidara.

 

Guinéenews© : Avec la LONAGUI, on va de surprise en surprise ! Le même DG vous trouve « encombrant ». Qu’en dites-vous ?

 

Mohamed Kobélé Keita : J’aimerais que l’on m’explique ce que c’est qu’un cadre encombrant tandis que mon cas s’assimile à la non acceptation des pratiques dont je ne vous donne pas les détails ici. J’ai une expérience de gestionnaire financier de 21 ans. Pendant mon parcours professionnel, j’ai développé un solide accomplissement dans le domaine de l’organisation d’entreprise et la gestion financière. Le manuel de procédures opérationnelles de la LONAGUI a été rédigé par mes soins, si je viole les règles édictées dans ce document considéré comme la bible de cette entreprise, j’aurais failli à mes propres valeurs.

 

Je viens de vous dire que dans l’entendement de M. Cherif Aidara, je veux prendre son poste. Ce que j’ai rétorqué plus d’une fois en disant que c’est Dieu et le professeur Alpha Condé qui nomment aux postes de directeur général et que j’ai confiance dans mon parcours professionnel que j’améliore au jour le jour puisque je crois en la portée de la théorie des cercles concentriques. De petit on devient grand ! Il y a aujourd’hui, il y’aura demain !

 

Guinéenews© : M. Cherif a dit qu’il vous a licencié, notre rédaction elle-même a reçu la copie de cette lettre de licenciement. Que répondez-vous ?

 

Mohamed Kobélé Keita : Je ne peux pas empêcher M. Cherif de dire ce qu’il veut ou de faire de la LONAGUI ce qu’il veut, mais puisque c’est une société qui appartient à l’État lequel l’a assujetti aux statuts, je ne demande que l’application des textes desdits statuts et l’observation de respect dû à ma personne en tant que directeur de fonction.

 

Le 31 octobre, M. Cherif m’a servi effectivement une lettre de licenciement pour faute grave au double motif que j’ai refusé, tenez-vous bien, de procéder à l’entretien de mon véhicule de fonction et que j’ai refusé de l’obéir. Je vous laisse préjuger l’atmosphère de collaboration dans un contexte d’obéissance et de soumission même si cela doit conduire à la dissipation des deniers publics. C’est une décision contraire aux statuts qui régissent la LONAGUI. Je peux tenir à votre disposition une copie desdits statuts pour vous confirmer mes dires. Au chapitre 5, article 60 et alinéa 2  des statuts stipulent que « le directeur général propose au conseil d’administration, le recrutement et/ou le licenciement du personnel contractuel permanent à durée indéterminée de la société pour approbation ». Je voudrais ici insister sur le terme approbation. Car, il est différent d’un simple avis consultatif mais il s’agit bien entendu d’une demande d’approbation d’un organe en charge de l’administration de la LONAGUI.

 

De plus, le motif que M. Aidara évoque ne constitue en aucun cas une faute grave. Mon véhicule de fonction depuis 2013, comme tout autre directeur détenteur de véhicule, je l’entretien trimestriellement moi-même et je dépose un reçu à la comptabilité pour remboursement. Est-ce que je dois être licencié pour cela ?

 

Guinéenews© : Cela est une première pour nous. Le conseil d’administration s’est-il réuni à ce sujet ?

 

Mohamed Kobélé Keita : A ma connaissance, le conseil d’administration ne s’est pas encore réuni à la LONAGUI pour délibérer formellement par une résolution sur la question de mon licenciement. J’attends l’issu de la session du 10 novembre pour connaître la suite. Pour le moment, je suis pleinement employé à la LONAGUI sauf décision de licenciement approuvée par le conseil d’administration. Car, je me demande bien si le conseil peut accepter une proposition de licenciement pour défaut d’entretien immédiat d’un véhicule alors que j’ai fait l’entretien de mon véhicule sans aucun remboursement accepté par M. Cherif. Depuis 7 mois, M. Cherif s’est refusé systématiquement de me donner ma dotation en carburant, de rembourser les dépenses que j’ai effectuées pour l’entretien de mon véhicule de fonction et un montant qui m’a été accordé par la CNSS (caisse nationale de sécurité sociale). Tout cela pour vous dire que je suis victime d’acharnement depuis de longue date.

 

Guinéenews© : Est-ce que vous êtes au sérieux lorsque vous dites que le motif c’est le défaut d’entretien de votre véhicule de fonction et qu’il vous demande d’obéir ?

 

Mohamed Kobélé Keita : Je vous confirme en ces termes. Le 16 octobre, M. Cherif m’adresse un courrier dans lequel il dit ceci : « Monsieur Keita, je vous demande de mettre immédiatement à la disposition de la logistique votre véhicule pour entretien… » J’ai répondu par mémo en arguant que je ne m’oppose pas à sa décision mais de me laisser planifier l’entretien avec le logisticien et que par ailleurs la planification et l’exécution de l’entretien du patrimoine physique de la LONAGUI relèvent en principe de mes responsabilités entant que DAF. Le lendemain, à ma grande surprise non sans requérir une lettre d’explication, il me fait tenir une convocation à un entretien préalable pour refus d’obtempérer. Sentant le coup venir, puisque antérieurement des menaces de règlement de compte avaient été avancées par lui, j’ai aussitôt adressée le 18 octobre une lettre d’information à Monsieur Akim, président du conseil d’administration et les membres pour les informer que je fais l’objet de mauvais traitement de la part de M. Cherif Aidara et d’y trouver une solution idoine et apaisante.

 

Guinéenews© : Avez-vous reçu une réponse de la part du conseil d’administration, parce que sa lettre de licenciement est antérieure à votre lettre adressée au conseil d’administration ?

 

Mohamed Kobélé Keita : Tout à fait. J’ai pas eu de retour de la part du conseil d’administration. Mais, j’attends puisque en application des statuts normalement M. Cherif doit soumettre le problème pour approbation au conseil d’administration, le conseil l’étudie et décide par résolution après M. Cherif me notifie la décision du conseil. Donc, j’attends en toute sérénité.

 

Guinéenews© : Pensez-vous que le CA (conseil d’administration) va vous donner raison ?

 

Mohamed Kobélé Keita : Il s’agit pas de donner raison, il s’agit d’appliquer des principes pour le bien de la société et au bénéfice de l’État. Puisque si la gestion de la LONAGUI est respectueuse des règles ce sont l’État, les travailleurs, les parieurs et les operateurs qui en tirent bénéfice. Je suis moi-même respectueux des règles adossées à des valeurs que mes parents ont bien voulu me procurer. Si le CA approuve la proposition de M. Cherif avec de tels motifs, j’en tirerais toutes les conséquences.

 

Guinéenews© : Gestionnaire que vous êtes devient tout d’un coup fataliste ?

 

Mohamed Kobélé Keita : Oui, j’ai vu beaucoup de situation comme cela en Guinée sans que les hautes autorités ne lèvent le petit doigt pour corriger et m’étant entendu dire par M. Aidara de vive voix que personne ne peut rien contre lui en Guinée ; donc je suis croyant et donne mes mains au Tout Puissant Allah et aux hautes autorités de mon pays !

 

Guinéenews© : Vous êtes en France dans quel cadre ?

 

Mohamed Kobélé Keita : Je vous l’ai dit tantôt c’est dans le cadre d’un congé de formation pour une spécialisation obtenue de hauts efforts pour aider les pouvoirs publics en Afrique dans la conception de plan d’émergence pour la transformation des infrastructures économiques et sociales. Et c’est une formation à temps partiel dans un institut prestigieux dont je préfère taire le nom ici. Inchallah, je rentrerais en Guinée dans sous peu après la validation de ma session.

 

Guinéenews© : Merci de votre temps !

 

Mohamed Kobélé Keita : C’est à moi de vous remercier de votre temps et surtout de votre sens élevé de professionnalisme d’avoir été à la source de l’information pour connaitre les dessous de cette affaire.

 

Interview réalisée par Sekou Sanoh pour Guinéenews©

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