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« La disparition de Massa KOÏVOGUI », ou la torture d’ « agrément » comme mode de gouvernance du P.D.G. de Sékou TOURÉ et Saifoulaye DIALLO.

décembre 15th, 2016 | par Leguepard.net
« La disparition de Massa KOÏVOGUI », ou la torture d’ « agrément » comme mode de gouvernance du P.D.G. de Sékou TOURÉ et Saifoulaye DIALLO.
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L’expression torture d’ « agrément » employée ici peut surprendre et choquer. Pourtant, aucune intention de provoquer, ni de choquer les éventuels lecteurs. Car il s’agit de situation terrible pour celui ou celle qui en a été la victime. Au temps du duo infernal (Sékou TOURÉ et Saifoulaye DIALLO), les tortures les plus ignobles étaient devenues leur principal mode de gouvernement. On cherche en vain ce qui pouvait justifier une telle cruauté, une telle inhumanité. On en est réduit à penser qu’ils (Sékou TOURÉ et Saifoulaye DIALLO) faisaient pratiquer la torture comme leur activité d’agrément.
Leur P.D.G. arrêtait à tour de bras, par milliers, torturait sans limite. Assassinats, tortures ignobles s’abattaient de manière indifférenciée sur tout, et sur tout le monde : hommes, femmes, enfants, « riches » et pauvres, ruraux et urbains, intellectuels et analphabètes. Une seule notoire exception : leurs familles proches, entendez femmes, enfants, frères et sœurs.
Au fond, on peut dire que Sékou TOURÉ et son « frère jumeau », Saifoulaye DIALLO, étaient devenus des esthètes de la torture et de la mort. Ils faisaient pratiquer la torture pour la torture, ils faisaient tuer, juste pour tuer. Les mobiles venaient après. Meurtres gratuits, tortures gratuites.
Ces tortures, c’est ce que TOURÉ KENDO décrit lui aussi au cours de sa détention. Il ne cherche pas d’explication à l’inexplicable, il ne comprend pas l’incompréhensible. Il est simplement tétanisé par tant de cruauté.
Lisez plutôt cet extrait du livre de TOURÉ KENDO.
     Dr. Abdoul BALDÉ (PARIS).
La disparition de Massa Koivogui
  1. M. Massa Koivogui, ancien militaire de son état, était le dynamique Secrétaire fédéral de Macenta, au début de l’Indépendance. Trempé au feu de la lutte, il était toujours sur la brèche pour défendre avec rigueur et vigueur les nobles idéaux du jeune Parti. Quelques années après, des dissensions mineures et, en fin de compte, des contradictions éclatent entre le Secrétaire fédéral et les hautes autorités du pays. Les problèmes ethniques élargissent le fossé qui se creuse entre eux…
Par des manoeuvres subtiles, Massa est écarté de ce poste « sensible ». Son franc-parler, à plusieurs reprises, le signale à l’attention du Secrétaire général du Parti-Président de la République de Guinée. Dans les remous profonds de « l’après-agression », il est arrêté à Macenta, transféré à Kindia où il est écroué avec deux compagnons. A l’interrogatoire, on exige de lui qu’il avoue avoir recu une cargaison d’armes et de munitions qui seraient stockées dans son village ! Cruellement ligoté, il est torturé, battu. Dans l’épreuve, il reste stoique, refuse de reconnaitre ces mensonges montés de toutes pièces. Les sévices et les tortures n’entament ni son courage ni son moral, ni son franc-parler.
De Conakry, où son interrogatoire est suivi de près, il est décidé que l’enquête doit se poursuivre jusque dans son village Yoniè (Macenta) et dans la zone frontalière. Le ministre, Lansana Diané, Secrétaire permanent du Bureau politique national, est chargé de cette mission. De nuit, toujours ligoté, Massa est extrait de sa cellule de la Maison centrale de Kindia, embarqué dans une jeep qui suit la voiture du Secrétaire permanent. Le trajet est long et difficile. Massa gît au fond de la Jeep qui cahote durement sur la route défoncée par les interminables pluies de l’hivernage. De longs arrêts immobilisent le véhicuie militaire à Faranah, Kissidougou, Guéckédou. Il est toujours abandonné à lui-même, le ventre vide.
Au 3ème jour, le « colis » est débarqué, incarcéré dans une cellule de la prison de Macenta. La nouvelle de son arrivée se répand comme une trainée de poudre. L’émotion est profonde. Chacun à Macenta est convaincu de son innocence. Mais que dire et que faire ? Le silence perfide est de mise. Au deuxième jour de son arrivée, brutalement extrait de son infecte cellule, il est embarqué pour l’enquîte sur le terrain, à Yoniè, où il est entendu qu’il devra être humilié aux yeux des siens qui ont encore une parcelle de confiance et de considération pour lui. Il arrive à Yoniè. Avec émotion, ses parents apprennent sa présence. Apeurés, inquiets, faisant semblant de passer leur chemin, les paysans, les uns après les autres, cherchent timidement à apercevoir leur innocent frère pris dans ce tourbillon infernal de la révolution.
Massa Koivogui est ensuite conduit dans la forêt par des officiers et leurs sbires ; pendu par une jambe, battu jusqu’au sang, sommé d’indiquer la cachette des armes et des munitions, toutes choses dont il ignore jusqu’à l’existence ! Ses cris de douleur terrorisent ses parents qui s’enfuient. Quand on sent qu’il tombe dans une certaine léthargie, on arrête les coups, on défait les liens et il git un moment sur le sol humide. Dès qu’il reprend conscience, les supplices reprennent de plus belle. Après des heures de tortures, les « enquêteurs » étant à bout de souffe, il est définitivement détaché et rembarqué dans le véhicule pour retourner à Macenta. Aux détours de la piste, parents et amis rassemblés tentent, furtivement, d’apercevoir le corps inerte qui git au fond de la jeep.
Le Secrétaire permanent auquel on fait le compte-rendu est bouleversé. Il supplie Massa Koivogui de reconnaitre les faits, « d’aider la Révolution » ! Il est lui-même inquiet de son propre sort, car sans ces aveux, que va-t-il pouvoir raconter au « Patron », à Conakry ? Massa reste imperturbable ; on le rejette dans sa cellule puante à la stupéfaction de ses parents et amis. Après quelques jours de repos, il est réembarqué pour Kindia où il arrive dans un état squelettique, le corps gercé de coups de fouet. Son moral est toujours bon et son franc-parler, invariable. A une heure tardive, une nuit de fin octobre 1971, répondant à l’appel discret d’un geôlier, il est tiré de sa cellule et embarqué pour une destination inconnue…
Pauvre Massa Koivogui ! Paix à ton âme et que Dieu t’accorde sa miséricorde et sa grâce. Amen !
GUINEE : KINDO TOURE UNIQUE SURVIVANT DU « COMPLOT » KAMAN-FODEBA. EDITION L’HARMATAN 1987 184 PAGES.

 

 

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