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La démocratie ne se négocie pas, elle s’applique (Par Marwane Diallo).

décembre 17th, 2016 | par Leguepard.net
La démocratie ne se négocie pas, elle s’applique (Par  Marwane Diallo).
Article
1

Marwane Diallo

L’accord politique qui oblique le processus de démocratisation de la Guinée, nous oblige à briser le silence car, le garder dans ces moments, c’est accepter et être complice de ceux qui l’ont signé. Cet accord est la conséquence même de la faillite de l’élite politique mais aussi de l’égoïsme de ces hommes qui ne pensent qu’à leur intérêt personnel et qui mettent en péril le très fragile processus de démocratisation. Ils sont habitués à violer les lois et n’ont aucune discipline dans le fonctionnement d’une République digne de nom. Et, l’hypocrite communauté internationale se porte garant de cet accord politique qui ne profite qu’aux signataires et non au peuple de Guinée.

En signant ce fameux accord politique, la mouvance et l’opposition dite « républicaine » ont une fois de plus bafoué le processus de démocratisation de notre pays, pire ils ont violé délibérément les lois garanties par notre constitution. Alpha Condé et Cellou Dalein ont signé « le pacte politique » le plus nocif à la démocratie guinéenne, privant ainsi le peuple de son droit le plus élémentaire, celui de choisir ses élus à la base. La démocratie se construit à la base, elle s’exprime et s’applique mieux là qu’ailleurs. Alors vous comprendrez chers (es) compatriotes, le mal que nous font subir ces deux personnalités. Comment peut t-on- priver le citoyen de choisir son chef de quartier et se proclamer démocrate ? En prétextant une économie d’argent et de temps, ils ont montré leur vraie face aux yeux du monde. Par ce pacte politique, Alpha et Cellou, réduisent la démocratie guinéenne à deux partis politiques, deux groupes ethniques dont ils se réclament ; ils brisent ainsi l’espoir de milliers de jeunes guinéens de voir la Guinée sortir de ce marasme politique. Désormais il n’y a qu’une mouvance politique en Guinée, celle qui avilit le peuple au nom d’un apaisement politique. Qui perd ? C’est le même peuple qui refuse de gagner cette maturité et cette lucidité indispensables pour dire non à ces deux hommes.

Dans ce contexte politique de duperie à la guinéenne, Cellou Dalein cède aux pièges politiques tendus par notre professeur en tactiques politiques. Pour une énième fois, Cellou Dalein s’illustre en appelant ses militants à faire confiance en son adversaire dans l’application de leur pacte, du jamais vu en politique. Ainsi, Dalein a fait pire que Bah Oury dans le rapprochement avec Alpha Condé en obtenant le consentement des militants de l’UFDG. Quelle hypocrisie ! Entre Cellou et Bah Oury qui est le vrai collaborateur d’Alpha Condé ? A chaque guinéen de donner son avis là-dessus, c’est aussi cela la démocratie. Les militants de l’UFDG sont à l’image de leur président, c’est-à-dire sans conviction dans cette âpre lutte pour démocratiser notre pays.

Il est indéniable qu’Alpha a dompté ses adversaires et prépare lentement, autant pour nous, tâte petit à petit le terrain pour 2020. S’il se vente d’être un tacticien politique, nous allons lui apprendre avec modestie que parfois en politique, il y a toujours des paramètres qui nous échappent. C’est pour cette raison que nous croyons encore que le peuple de Guinée finira par se « réveiller » et prendre son destin en main. Il nous revient de trouver des leaders accélérateurs pour sensibiliser et délivrer le peuple de la double manipulation qu’il subit ces derniers temps.

Combien de fois faut-il rappeler à nos leaders politiques que la démocratie ne se négocie pas mais s’applique ? Il s’agit d’appliquer tout simplement et fidèlement les textes de notre constitution. Outrepasser l’esprit des lois, c’est poignarder en plein cœur la constitution qui n’est autre que l’incarnation même de notre République. Se retrouver entre oligarques politiques pour négocier le partage des postes de chefs de quartier en écartant les plus faibles et les non consentants, n’honore pas notre République et ne garantit point notre fragile démocratie. Appliquer ce que nous dicte la constitution, c’est aussi du changement monsieur le Président, parce qu’elle n’a jamais été respectée par tous ceux qui ont dirigé le pays. Comme tous vos prédécesseurs, vous avez maintenu la Guinée au stade des « rendez-vous manqués » et contribuer d’ailleurs à compliquer son chemin vers la pleine démocratie. Nous suivons de près vos intrigues à la cour constitutionnelle pour évincer le légaliste et démocrate Kéléfa Sall, celui là même qui vous avait prévenu le jour de votre seconde investiture, de ne jamais songer à réviser la constitution. Comme il vous l’a dit « Si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant » En leaders accélérateurs, nous sommes décidés à alerter le peuple de Guinée à temps de toutes vos manigances. Comment pouvez-vous monsieur le président discréditer Kéléfa Sall qui a été élu à l’unanimité il y a plus d’un an par ses pairs ? Si ce n’est pour vous débarrasser du gardien de la constitution. La démocratie ne s’achète pas, même si vous achetez ces commissaires sans vergogne vous n’achèterez pas tout le peuple de Guinée.

Ce qui nous rassure aujourd’hui, c’est l’attitude même de votre base politique qui n’est pas du tout en phase avec vous sur la question d’une révision constitutionnelle. Elle vous l’a signifié à l’aube même de votre seconde mandature.

Monsieur le président, vous avez réussi à duper une énième fois le naïf Cellou Dalein et ses militants dans votre accord du 12 octobre 2016, mais sachez une chose, vous ne pouvez plus duper le peuple de Guinée.

Pour votre information, « la démocratie ne se négocie pas, ne s’achète pas mais on l’applique. »

Qu’Allah nous donne plusieurs Kéléfa Sall pour faire appliquer notre constitution. Amen.

 

 

 

Marwane Diallo.

 

 

One Comment

  1. KB Diallo says:

    Constitution guinéenne-
    -“Titre I : De la souveraineté de l’Etat (retenez bien l’intitulé du titre « souveraineté »)
    -ART 2: La Souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants élus ou par voie de referendum.
    Aucun individu, aucune fraction du peuple ne peut s’en attribuer l’exercice.
    Le suffrage est universel, direct, égal et secret.
    Dans les conditions déterminées par la loi sont électeurs tous les citoyens Guinéens majeurs de l’un et de l’autre sexe jouissant de leurs droits civils et politiques.
    Les élections sont organisées et supervisées par une Commission Electorale Nationale Indépendante.
    La souveraineté s’exerce conformément à la présente Constitution qui est la loi suprême de l’Etat.
    Toute loi, tout texte réglementaire et acte administratif contraire à ses dispositions sont nuls et de nuls effets.
    Le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs est consacré. »

    Pour comprendre de qui parlent l’article 2, il faut lire l’article 152.

    -« Titre XVIII- ART 152 :
    L’initiative de la révision de la constitution appartient concurremment au Président de la république et aux Députés.
    Pour être pris en considération, le projet ou la proposition de révision est adopté par l’Assemblée nationale à la majorité simple de ses membres. Il ne devient définitif qu’après avoir été approuvé par referendum.
    Toutefois, le projet de révision n’est pas au referendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre à la seule Assemblée nationale. Dans ce cas, le projet de révision est approuvé à la majorité des deux tiers des membres composant l’Assemblée nationale. IL en est de même de la proposition de révision qui aura recueilli l’approbation du Président de la République. »

    -Les seuls « élus » du « peuple »(nation) sont le PRG (personne physique) et le Parlement(personne morale), c’est tout! A ne pas confondre avec des « élus » locaux, personne physiques que la constitution guinéenne ne mentionne pas mais le code électoral(= loi. Pour les collectivités se sont des listes (assemblées) pour lesquels on vote et non pour une personne. Après une personne (le maire) est choisie pour être a la tête selon la liste en tête.
    Enfin, la constitution qui parle de l’organisation territoriale dit en son Titre XIII :
    -«ART 134 : l’organisation territoriales de la République est constituée par les circonscriptions territoriales et les collectivités locales.
    Les circonscriptions territoriales sont les préfectures et les sous-préfectures.
    Les collectivités locales sont les Régions, les Communes urbaines et les communes rurales. »

    -« ART 136 : Les circonscriptions territoriales sont administrées par un représentant de l’Etat assisté d’un organe délibérant.
    Les collectivités locales s’administrent librement par des conseils élus, sous le contrôle d’un délégué de l’Etat qui a la charge des intérêts nationaux et du respect des lois.»

    C’est tout ce qui dit la constitution sur ce sujet et rien sur les élections au niveau des quartiers !
    Lisez et jugez pour vous faire votre propre opinion, au lieu de vous fier aux détracteurs qui ne démontrent jamais leur point sauf en affabulant ! Une Loi électorale (code) est une loi organique ! Et le parlement a le droit de changer une loi si 76 Députés sont d’accord.

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