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Les jeunes Africains d’aujourd’hui: Entre tentation de l’exil et tentatives de s’en sortir (Dr Diaby Bakeba, Psychosociologue-France)

janvier 21st, 2017 | par Leguepard.net
Les jeunes Africains d’aujourd’hui: Entre tentation de l’exil et tentatives de s’en sortir (Dr Diaby Bakeba, Psychosociologue-France)
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Dr Diaby Bakéba

« Un appel à la raison, en direction de nos jeunes frères et sœurs, cousins et cousines,

candidats à l’immigration « choisie » »

II ya actuellement des images qui circulent sur la toile mettant en scène des dizaines de cadavres de jeunes africains (dont, peut-être des Guinéens) littéralement assassinés quelque part en Libye. N’étant pas dans le sensationnel, je ne montre pas ces images à bannir, car elles sont insoutenables et incroyablement violentes. Elles me rongent le corps et l’esprit et en disent long, à la fois, sur le caractère sauvage, bestial et barbare du comportement de certains criminels du droit commun, incultes sanguinaires bannis par la communauté internationale, auteurs d’actes inqualifiables, tueurs d’innocents sans défense […], et sur le faible niveau intellectuel, l’incrédulité, l’entêtement, l’irresponsabilité et l’inconscience de certains pauvres aventuriers africains à qui n’importe quel passeur véreux peut faire miroiter les alouettes. Ces criminels n’ont pas de cœurs quand ils tuent (ou font tuer) ces jeunes gens. Ils n’ont ni foi, ni loi, et ces jeunes Africains, qui n’écoutent ni parents, ni gouvernement, ni homes ou femmes de religion, ni même leur esprit critique, ne font qu’à leurs têtes, n’ont d’autres envies que chercher à retrouver leur libido, rêver des chimères et prendre des risques incalculés, souvent au mépris de leur propre vie. Si beaucoup d’entre eux y sont poussés par le « besoin », la plupart d’entre eux le sont par la seule et simple envie de concurrencer des rivaux ou des rivales (réel(le)s ou virtuel(le)s) laissé(e)s au pays ou installé(e)s « Là-bas »!

Bien sûr, on ne peut pas condamner tout un pays pour le comportement inconsidéré de quelques poignées d’individus égarés qui y vivent. Nos frères Libyens sont eux-mêmes, malheureusement, victimes de ces gangs des « barbares ». La Libye est un pays africain, un pays frère que nous aimons tous et dont le malheur nous fait énormément de mal.

Que dire, de plus, mes frères, sur l’incivilité de jeunes mal informés et induits en erreur, incivilité dont les conséquences néfastes se traduisent souvent par la mort « non voulue » et tant redoutée!

C’est révoltant de voir que « l’Homme Noir » (qui est un prince chez lui dans son pays d’origine) soit ainsi « haï » et ciblé dans un pays « presque somalisé » où règne l’insécurité en maître incontesté, alors qu’il a son propre pays où il peut vivre en paix, où il a des droits et des devoirs en tant que citoyen à part entière. « Il faut absolument qu’il aille en Europe, quitte à passer par des pays en guerre ouverte, sinon il va mourir« .

Pourquoi? Parce qu’il redoute tout simplement les « représentations sociales » négatives dont il pourrait faire les frais dans son pays d’origine si jamais il n’est pas arrivé à destination ! Quel drôle de logique ! Quel drôle d’équation ! Quelle scène pathétique, morbide et psychopathologique d’un suicide collectif inconscient !

L’Occident a également sa grande part de responsabilité dans cette question de migration et la tournure comique et tragique qu’elle commence à prendre. Mais, il n’en demeure moins que c’est, quand-même, toi, petit jeune rêveur, qui meurt pitoyablement dans l’indifférence générale !

Je respecte les adolescents, les jeunes gens et leurs choix de projets de vie sociale et professionnelle, mais il est de mon devoir, en tant qu’adulte et citoyen éclairé, en tant qu’éducateur et grand frère, de les accompagner dans leur construction de projet (s’ils le veulent, bien entendu).

Les jeunes Africains doivent cesser de vouloir vivre coûte que coûte ce genre d’expérience contreproductif. Chaque personne majeure est responsable de ses propres choix et de ses propres actes (bons on inconsidérés). Ne te dis pas: « C’est Dieu qui a fait que je fasse ceci, cela… !. Certes, Dieu te dit d’agir en bien, mais il ne te dis pas de faire des choses mauvaises, de prendre des risques inconsidérés. C’est bien toi qui les fais, qui prendre des décisions hasardeuses, qui es responsable de tes actes librement réfléchis et exécutés ». En cela, je suis tout à fait d’accord avec le grand romancier africain, l’Ivoirien Amadou Kourouma (2000, Seuil) quand il dit « Allah n’est pas obligé », phrase à méditer à volonté. Il faut aussi lutter contre ces passeurs avides d’argent sale, ces « vendeurs ambulants de la mort » qui sont sans scrupules, sans vergogne. Il faut en même temps dénoncer l’inertie (ou la complicité « non motivée »?) de certains responsables d’Afrique, voire de la communauté internationale.

Il faut savoir que tout n’est pas vrai sur la « misère » en Afrique, cette misère qui, certes, existe bel et bien sur notre continent, mais qui souvent sert de prétexte à un projet migratoire, et est brandi ça et là comme justificatif d’un projet d’exil forcé ou voulu.

Si le monde a toujours été fait de migrations successives et souvent nécessaires, force est de dire, cependant, que c’est dans les pays d’origine qu’il faut lutter contre l’immigration sauvage ou de luxe qui n’est pas régulière ou nécessaire. Ce n’est pas tant l’immigration qui est ici en cause que ses conditions qu’il faut étudier en amont et ses conséquences prévisibles (sur les anciens) à analyser en aval, pour en tirer les conclusions qui s’imposent. Il ne faut pas non plus que la misère devienne comme un permis de tuer des jeunes innocents! Certes, on a le droit de rêver, mais il faut rêver avec modération, pas en mentant aux autres et en mentant à soi-même au point d’y mourir bêtement.

Par ailleurs, il y a un autre aspect de l’immigration qu’il faut intégrer avant de s’aventurer dans la jungle de l’inconnu. On sait que la démographie occidentale est en chute libre, la population est vieillissante. On est tenté d’imaginer alors que la solution serait l’accueil de nombreux nouveaux migrants pour compenser la grave pénurie en main-d’œuvre. Vraie bonne/fausse idée. Dans son livre (La mort de l’Occident, 2005), le célèbre homme politique Américain, Patrick Buchanan affirme ceci : « Avec l’afflux (et le déferlement) de millions de migrants vers l’Europe, à partir des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, nous verrons qu’ils apporteront avec eux leur culture arabe et islamique, ainsi que leurs traditions et leurs allégeances. En plus, ils reproduiront en Occident une copie de leur pays d’origine. Pourront-ils s’intégrer ou resteront-ils fidèles à leur spécificité en tant que personnes Nord-africaines et Arabes moyen-orientaux en Occident ?», citation qui mérite d’être longuement méditée.

De toute façon, l’Afrique va vers le chiffre honorable du « milliard d’humains » sur terre, ce qui en fait le continent de l’avenir avec ses ressources naturelles et humaines incommensurables et intarissables. Croyez-moi, jeunes frères, que d’ici quelques années, l’Afrique va être la destination rêvée du monde entier, pour y travailler et y faire fortune. Pourquoi vouloir vider l’Afrique de ses jeunes enfants, de ses élites, de ses ressources humaines? Pourquoi vouloir à tout prix aller dans un pays inconnu où, à coup sûr, on va souffrir surtout à l’heure actuelle?

Je sais que certains de ces jeunes, au lieu d’écouter mes « petits conseils moralisateurs », sont déjà en train de fourbir leur arme fatale qui est la question suivante: « Pourquoi alors, vous, vous êtes là-bas? ». On m’a toujours rabâché les oreilles avec ce genre de questions polémiques. Mais, je suis à l’aise pour y réponse directement : d’abord, je suis en Occident depuis les débuts des années 80, donc ça date (n’est-ce pas ?).

En plus, je ne suis jamais coupé de mon pays (presque tous les deux ans j’y suis, immanquablement, je ne suis pas riche et je ne condamne personne, car la vie n’est pas facile).

Enfin, mon projet a toujours été de contribuer au développement de mon pays, ici, ailleurs et maintenant. Mon projet, à court terme, est de m’investir concrètement dans une action collective avec d’autres compatriotes pour ajouter notre petite pierre à l’édifice laissé par les anciens et qu’améliore courageusement ceux qui sont sur place, dans le pays.

Je ne suis pas en train de te décourager, jeune frère ou sœur, dans ton idée d’exil (je te respecte). Je suis simplement en train de te dire de peser le pour et le contre, de savoir que chez nous, en Afrique, il y a tout à développer, et c’est aux Africains de se prendre en main pour soustraire le continent à son retard accumulé pendant des décennies. Ce ne sont pas les Martiens qui descendront du ciel (ou je ne sais d’où !) pour venir nous construire nos cases « provençales », nous apprendre à créer des emplois, à gérer nos ressources, à mieux manger (pas trop salé, pas trop sucré et pas trop gras). Vous allez me dire : alors que peut-on faire à notre niveau, nous les jeunes ?

Ma réponse est directe et laconique : faites des projets sains, ne prenez pas des risques intitules ou incalculés, explorez les opportunités que le gouvernement et la société civile mettent à votre disposition, (si vous êtes très jeunes) cherchez du travail avant votre mariage, ne soyez pas séduits par ceux qui « partent » ou qui reviennent avec des Nick, des mascaras et autres Samsung. Retroussez vos manches pour concevoir et développer des activités viables dans les quartiers, utilisez les voies légales pour vous en sortir, faites tout pour avoir vos diplômes, faites des projets que vous adresserez ensuite aux pouvoirs publics (qui sont en mesure de vous aider à les concrétiser, j’en suis sûr).

Je ne suis ni anti occidental, ni anti personne et encore moins prétentieux ou donneur de leçons. Je n’ai rien contre les projets des gens et mon discours n’a rien d’intrusif. Je suis simplement un amoureux de l’Afrique, ce grand Continent qui m’a mis au monde et dont je veux le progrès et le développement durable sur la scène internationale. Je m’arrête là pour le moment, mais il y a d’autres idées à creuser ensemble, à mettre en débat. En effet, avec le dialogue responsable, constructif et respectueux de nos normes africaines, nous arrivons toujours à créer des dynamiques d’action, à obtenir des réponses à nos questionnements récurrents!

Oh, jeunes Africains « drogués » par les mensonges de certains immigrés menteurs, meneurs des troupes, puissamment manipulés et éminemment manipulateurs : Qui vous a dit que tous ceux qui vont et vivent en Occident roulent sur l’or (ou sur la farine)? Qui vous a dit que les passeurs pensent d’abord à votre sécurité physique avant l’argent qu’ils vous arrachent presque par les narines ? Qui vous a dit, enfin, que le bon Dieu a signé avec vous un contrat « de protection civile » pour vous protéger si vous prenez des risques incalculés et non couverts par son vrai contrat d’assurance divine?

Il faut répondre à ces questions avant de prendre le large vers les côtes de la mort. A bon entendeur, salut.

Un simple point de vue psychanalytique à méditer ou à jeter dans la poubelle de la théorie du chaos et de l’irrationalité ambiante qui vous mène en « bateau » vers l’abîme…

 

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