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Elie Kamano: «les dirigeants guinéens ne veulent pas laisser la place aux jeunes»

mai 17th, 2017 | par Leguepard.net
Elie Kamano: «les dirigeants guinéens ne veulent pas laisser la place aux jeunes»
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Avec son nouvel album, le reggaeman guinéen et militant Elie Kamano revient sur le devant de la scène. En plus de ses nouveaux titres, l’artiste a décidé de sortir un livre où il appelle la jeunesse guinéenne à se faire entendre et les dirigeants guinéens à jouer le jeu de l’alternance.

RFI: Un livre, un nouvel album et aujourd’hui, un concert. Quel est le message que vous voulez faire passer, ce dimanche ?

Elie Kamano: Le message que je veux faire passer, c’est ce que j’ai toujours fait passer. Le message est le même à savoir que nos dirigeants sont têtus, nos dirigeants aiment s’éterniser au pouvoir, nos dirigeants ne veulent pas laisser la place aux jeunes. Et donc, dans le livre, dans l’album, je parle de cette thématique.

A qui vous adressez-vous ?

Je m’adresse d’abord à la jeunesse, au refus de cette jeunesse de se réveiller ou encore à son refus de prendre conscience que ces dirigeants sont en train d’hypothéquer son avenir. Ensuite, je m’adresse aux dirigeants qui refusent aujourd’hui de partir, de quitter le pouvoir, de respecter la Constitution de leur pays et qui continuent à bâillonner leur peuple. Mes deux cibles sont bien précises. C’est le gouvernement et la jeunesse.

Est-ce que vous avez l’impression d’être entendu par ces deux cibles ?

Oui. Par la jeunesse, oui. Les jeunes m’entendent. Il faut quand même reconnaître qu’en Guinée, je suis un leader de cette jeunesse et quand je décide de descendre dans la rue pour une cause commune, une cause nationale, les jeunes répondent à l’appel. Il y a un problème de leadership, en fait. La jeunesse guinéenne est restée longtemps sans leader, sans qu’il y ait quelqu’un comme Elie Kamano qui puisse les inciter à se réveiller et à prendre leur destin en main. Maintenant pour ce qui est de l’autre cible, le gouvernement entend les messages d’Elie Kamano mais refuse de les appliquer. Il refuse de céder.

Que souhaitez-vous incarner aujourd’hui en Guinée ?

J’incarne déjà cette figure d’artiste citoyen, d’activiste et aussi d’écrivain parce que je suis sur tous les fronts pour amener tout simplement les jeunes – par imitation, je dirais bien, parce qu’ils aiment bien ce que je fais – d’abord à renouer avec la lecture. Aujourd’hui en Guinée, la lecture est devenue quelque chose de très rare, un luxe. Les gens ne lisent plus. C’est donc le premier aspect.

Pour ce qui est du deuxième aspect, j’apparais aujourd’hui comme étant cet artiste qui, en dehors de la musique, lie des relations vraiment extraordinaires avec le peuple de Guinée et ce peuple qui compte sur moi, sur ma voix, est ce peuple qui compte sur ma position.

Avez-vous le sentiment aujourd’hui que ce peuple, que ces jeunes Guinéens ont la possibilité de s’exprimer ?

On leur refuse la possibilité de s’exprimer. Dans notre pays, la Guinée, on a des dirigeants qui se comportent comme des tortues. Vous savez la tortue, quand il faut mettre le feu derrière pour que la tête sorte. Les dirigeants sont là. Ils ont des solutions. Quand les enseignants ont posé leurs problèmes, ils avaient des solutions. Or, quand on a des revendications, nous sommes obligés de passer par la rue et pour cela, des gens perdent leur vie. Ce n’est pas normal. Moi, je pense aujourd’hui que cette jeunesse, on est en train de la bâillonner, de bâillonner sa voix. Notre président est déjà en train de parler du troisième mandat e ça, c’est déjà le signe qui veut dire, je pense, que la jeunesse l’attend au tournant.

Avez-vous des contacts avec les mouvements citoyens des autres pays de la sous-région comme Y’en a marre, au Sénégal ou le Balai citoyen, au Burkina Faso ?

J’ai des contacts directs avec le Balai citoyen du Burkina. D’ailleurs, quand l’ex-président Blaise Compaoré est parti, j’étais au Burkina. J’ai pris ma voiture et j’ai voyagé jusqu’au Burkina parce que c’est un pays que je porte dans mon cœur, à cause de Thomas Sankara. J’étais donc là avec eux, avec Smockey, les syndicats et tous les autres. Nous avons fêté, place de la Révolution, cette victoire.J’ai des contacts aussi de l’autre côté, avec Fou Malade, Awadi et d’autres.

Ceci étant, ce que j’aimerais, c’est que nous arrivions, en Guinée, à faire la même chose mais ici, le problème c’est que le gouvernement parvient toujours à casser les mouvements que je mets en place. Parfois, on arrive à corrompre les jeunes facilement et ils n’arrivent pas à terminer ou à aller au bout de leurs combats.

Et aujourd’hui, est-ce votre engagement passe par des élections ?

Oui, forcément. Si j’ai envie d’être parmi les décideurs de ce pays, je ne me limiterai pas au micro ou aux studios. Pour être décideur dans ce pays, il va falloir que je passe aussi par l’engagement politique. Pour combattre le mal, il faut être au cœur du mal. Tout le monde, aujourd’hui, est unanime là-dessus. Ce système constitue le vrai problème du peuple guinéen. C’est le mal donc. Il faut le combattre. Il faut aussi se mettre dans leur peau et c’est pourquoi j’ai décidé d’être candidat aux futures élections communales qui tardent d’ailleurs à être réalisées.

Dans la commune de Conakry ?

Oui, dans la commune de Matoto, la plus grande commune de Conakry.

Aujourd’hui, est-ce qu’il y a tout de même des choses que la Guinée fait bien, arrive à faire ?

Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas s’il y a des choses que les Guinéens arrivent à faire assez bien car le problème, vous savez, c’est que la politique a divisé les Guinéens. De plus, nous sommes confrontés à l’ethnicisme. Il y a les Peuls d’un côté, les Malinkés de l’autre. Il y a des Soussous et des forestiers qui sont là aussi et chacun soutient les leaders de leur ethnie. Ça, c’est très dangereux. Par conséquent, je suis un artiste engagé, un citoyen conscient de l’état de son pays et j’estime que, s’il doit y avoir une révolution, elle doit venir de la plus grande citoyenneté, c’est-à-dire de la rue, comme cela s’est passé au Burkina, au Sénégal, en Egypte et ainsi de suite.

 

 

 

 

Source: RFI

One Comment

  1. bangour says:

    la jeunesse guinéenne doit se réveiller, prendre conscience pour asseoir un Etat, une bonne gouvernance, instaurer une société civile naissante très responsable pour un taux de croissance très impressionnante et il est le rôle de cette jeunesse de se forger une guinée prospère.
    cette fois-ci, les décideurs du destin du pays doivent changer, ce sera vous les jeunes débordant de talents, d’énergie et d’espoir qui pourront revendiquer l’avenir que des générations passées n’ont jamais réalisé et pour atteindre cet objectif, nous devons tous soutenir cette vérité fondamentale selon laquelle « le développement dépend de la bonne gouvernance » car les potentialités de ce pays sont verrouillées, seul le changement de la pensée, du comportement, de mentalité, de responsabilité de la jeunesse de guinée qui peut déverrouiller. donc ne baisser pas vos bras et Personne ne veut vivre dans une société où les principes cèdent la place au pot-de-vin, à la loi du plus fort et à la corruption dont la jeunesse est aujourd’hui victime et c’est en cela qu’il ya de la tyrannie ; il est donc temps que cette façon de faire disparaisse.
    Levons-nous donc pour des institutions capables, fiables et transparentes qui constituent la clé du succès ; des parlements puissants et intègres, des forces de police honnêtes, des juges et journalistes indépendants, un secteur privé et une société civile florissante, de la presse indépendante car ce sont ces éléments qui comptent dans la vie quotidienne de la jeunesse guinéenne.
    Nous avons vu dans beaucoup de pays des gens prennent leur destiné en main et qui opèrent des changements à partir de la base c’est-à-dire la jeunesse, ne vous y trompez pas car l’histoire est du côté des courageux, le pays a besoin de vous et de votre choix pour déterminer son destin très bafoué, nous voulons une guinée sans ethnie, qui va accroitre son aide aux populations, qui a des institutions responsables en mettant l’accent sur l’appui à la bonne gouvernance, aux parlements qui maîtrisent les abus de pouvoir et s’assurent que les voix de l’opposition peuvent s’exprimer, à la règle de droit qui garantit l’égalité de tous devant la justice, à la participation civile afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique et à la solution concrète à la corruption telles que l’instauration des lignes d’appels d’urgence, l’automatismes des services, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence et la responsabilité.
    Jeune de guinée, accordez d’avantage l’attention à la corruption car nous devons tous avoir le droit de démarrer une entreprise ou d’obtenir( ou effectuer) un marché ou avoir une bonne éducation sans avoir à verser de pot-de-vin, nous devons être responsable car, nous avons le droit de soutenir ceux qui agissent de façon responsable et d’isoler ceux qui ne font pas, faire la promotion de la compétence et non la médiocrité et nous ne voulons pas seulement de chiffre de croissance sur un bilan comptable mais de savoir si un jeune doté d’une bonne éducation peut trouver un emploi qui lui permet de nourrir sa famille, si un agriculteur peut amener ses produits au marché, si un investisseur armé de bonne idée ou de projet peut démarrer son entreprise sans pot de vin, il s’agit d’une chance que doivent saisir les jeunes.
    la diversité ethnique en guinée devrait être une source de force et non facteur de division, nous sommes tous guinéens, nous partageons tous des aspirations communes : vivre dans la paix, sécurité, avoir accès à l’éducation, à l’emploi et à la possibilité de réussir , aimer notre famille, notre pays et notre foi ; voilà notre humanité commune
    ainsi, Nous devons être très vigilants au jour du vote, prêts et unis pour agir ensemble tant par la diplomatie, information, sensibilisation et réseaux sociaux à mieux contraindre les criminels politico-électoraux à nous rendre compte les résultats issus cette foi-ci sur le vote sans ethnie
    je me limite ici car je ne me vois pas dans ma peau quand je regarde ce qui se passe en guinée
    merci ELI

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