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Sorties médiatiques du Ministre de la Justice : répliques des avocats de Toumba. (Par Docteur Ben KOUROUMA)

mai 28th, 2017 | par Leguepard.net
Sorties médiatiques du Ministre de la Justice : répliques des avocats de Toumba. (Par Docteur Ben KOUROUMA)
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J’ai lu la réplique du porte-parole du pool des avocats du Commandant Aboubacar S. Diakité « Toumba », inculpé dans l’effroyable carnage du 28 septembre 2009 à Conakry au stade du même nom, réplique aux sorties médiatiques du Ministre de la Justice et Garde des Sceaux,

Je suis interpellé par cette sortie excessive de Me Paul Youmba Kourouma, dont la violence va à l’encontre même des intérêts de son client. Or « tout ce qui est excessif est insignifiant » disait Charles Maurice de Talleyrand.

Interpellé aussi par ce vieux débat de serpent de mer, relatif à la Diaspora guinéenne. Si M. le Ministre de la Justice Me Cheick SAKO était  « cadre sédentaire » comme le dit Me Kourouma, au lieu d’être importé de la Diaspora guinéenne, il n’aurait pas connu de telles opprobres et insultes, allant jusqu’à mettre en doute son parcours académique. Oubliant que la nomination d’un ministre relève du seul pouvoir discrétionnaire du Président de la République Prof. A.Condé, dont Me Kourouma n’ignore pas le parcours.

Pour l’information du pool d’avocats de M. Diakité Toumba, je me permets, étant membre de l’Association des Cadres et Techniciens d’Origine Guinéenne en France(ACTOG) comme Maitre SAKO, de témoigner que ce dernier est diplômé de l’Université de Montpellier, docteur en Droit, avocat au Barreau de Montpellier depuis plus de vingt-cinq ans. Pour rappel, l’ACTOG a toujours été présente en Guinée chaque fois qu’elle a été sollicitée. C’est l’ACTOG qui a réhabilité le service de radiologie de Donka et Ignace-Deen en 1997 et 1999 ; j’étais le chef de la mission ; l’ACTOG, symbole d’une diaspora agissante, enseignait dans des Universités guinéennes dans le cadre du TOKTEN du PNUD (Transfert de connaissances par les nationaux). Des paroles aussi blessantes à l’adresse de cette Diaspora est désobligeante.

Si on peut ne pas aimer une personne, on ne peut pas lui dénier le sens de son existence. Elles sont nombreuses, des familles guinéennes qui vivent normalement grâce à leurs enfants de la Diaspora. Le mépris affiché pour cette Diaspora est peut-être le cancer dont notre pays doit se débarrasser d’abord, pour amorcer un nouveau défi de sa belle et glorieuse histoire. Une maxime chinoise nous enseigne que « si les enfants d’un pays travaillent ensemble, les montagnes se changent en or ». Mais on ne peut travailler ensemble sans l’observance d’un respect mutuel, d’une tolérance réciproque dans un climat de cohésion sociale et de fraternité.

Hier l’exclusion a fait trop de mal à notre nation ; aujourd’hui, nous devons dépasser ces barrières, clivages et malentendus, pour nous donner la main en vue d’un objectif commun : le bonheur du guinéen qu’il soit « sédentaire » ou de la Diaspora.

Docteur Ben KOUROUMA

3 Comments

  1. SY SAVANE says:

    Intervention pertinente, mesurée, presque fraternelle de M. Ben KOUROUMA. J’adhère parfaitement à votre démarche.

    Si on peut comprendre l’irritation du porte-parole des avocats, ses attaques personnelles sont inappropriées et pas très dignes. Personnellement, sans être moi-même juriste, (je suis ce qu’on peut appeler un « profane » éclairé » en matière de droit), j’ai des DOUTES sur les qualités de juriste de cet avocat. Peut-être en a t-il ?

    Mais j’ai une question à vous poser, à vous M. Ben KOUROUMA.

    Monsieur Alpha CONDÉ, président de la République, n’a t-il pas lui-même cherché à perpétuer ce que vous nommez à juste titre »barrières, clivages et malentendus »?

    Car à son élection, par exemple en 2010, une grande majorité de nos compatriotes, y compris les « sédentaires » s’attendaient à un gouvernement où il y a une proportion significative de diaspos que de « sédentaires ».

    J’étais à Conakry. Et puisque j’y suis un tout petit peu connu et reconnu, on me faisait très fréquemment l’observation suivante. Je cite: » Mais Monsieur SAVANÉ ! Finalement, M. Alpha CONDÉ ne connait pas les cadres compétents de la disapo. » Très étonné, je leur demandais à mon tour « Pourquoi vous me dites cela ? »—Réponse: » Mais dans ses gouvernements, nous ne voyons aucun de ceux dont on est sûr de la compétence. Pour leur moralité, on les verrait à l’oeuvre… ». Et ils continuaient « voyez dans les conseillers qu’il s’est choisis. C’est dans les fonds de caisse de Lansana CONTÉ et de DADIS qu’il s’est servi….. ». NB: l’expression « fonds de caisse » m’avait fait vraiment rire.

  2. Bôh Lanciné Keita says:

    Un ministre est un ministre sa fonction a des limites, même s’il est docteur en droit et avocat, un ministre est un ministre.
    L’appartenance à l’Octog n’a rien de particulier pour qualifier la moralité et la compétence d’un ministre. Bôh

  3. KOUROUMA says:

    Merci mon frère SY SAVANE de votre avis pertinent sur mon article.
    Concernant votre question relative « aux barrières, clivages et malentendus » je pense que la responsabilité ne peut incomber à une personne fut-elle le Président de la République en l’occurrence Prof. A.Condé aujourd’hui et hier les Présidents S. Konaté, D.Camara, L.Conté ou A.S.Touré. C’est une responsabilité collective qui nous interpelle tous.Ces maux, malheureusement , sont structurels en Guinée. Pourquoi la Diaspora guinéenne serait l’exutoire d’un mal vivre d’une certaine élite guinéenne? Le commentaire de Böh Kéïta guinéen »Rester silencieux face à ce mal, c’est l’assister.

    Ben KOUROUMA

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