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Milice politique privée : Questions au président Alpha CONDÉ, et à son ami intime, Malick SANKHON, Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale ( Par Mamadou Billo SY SAVANÉ ) .

octobre 23rd, 2017 | par Leguepard.net
Milice politique privée : Questions au président Alpha CONDÉ, et à son ami intime, Malick SANKHON, Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale  ( Par Mamadou Billo SY SAVANÉ )   .
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Le Samedi 14 Octobre 2017, dans une réunion à Conakry du parti du Président Alpha CONDÉ, son ami intime et, accessoirement Directeur Général de la C.N.S.S., monsieur Malick SANKHON déclare, sous des applaudissements ceci : «… Je prends à témoignage le parti : quiconque désormais s’amusera à venir à la Caisse pour troubler la quiétude des travailleurs, c’est moi qui le dis, je vous jure, tu ne sortiras par indemne. Qui que tu sois. Depuis hier (vendredi) j’ai reconstitué 2500 à 3000 jeunes dans Conakry. Quiconque s’amuse à nous provoquer, je vous jure, on lui marchera dessus…. ». Il précise un peu plus tard que ce nombre sera porté à 10.000 (de façon progressive).
En quelque pays que ce soit, la décision prise par un ami intime du président de la République, de créer une MILICE POLITIQUE PRIVÉE, poserait un problème FONDAMENTAL, de nature POLITIQUE et INSTITUTIONNELLE. Bien sûr, à CONAKRY aussi, des notabilités politiques et journalistiques ne sont pas restées indifférentes à cette déclaration inouïe. Des condamnations nombreuses, parfois vaniteuses s’en sont suivies. De vagues indignations formelles ont été exprimées. L’intention ainsi proclamée n’est pas en soi irrecevable. Mais elle aurait gagné à être moins personnelle, moins vaniteuse, moins partisane (au sens politicien), et donc plus CRÉDIBLE. C’est là tout le problème de quelques nouveaux aspirants au pouvoir dans notre pays. Certains exhortent leur parti à se saisir du problème afin de démontrer au pays leur qualité de « vrais opposants ». D’autres se contentent d’exprimer leur réprobation vertueuse. Tout cela est utile à la prise de conscience que si cet « ami présidentiel » n’est pas bloqué dans son élan destructeur, alors le pays ne pourra pas éviter le pire.
Quoi qu’il en soit, la création d’une MILICE POLITIQUE PRIVÉE par un Citoyen, de surcroît ami intime du président de la République, n’est pas jugée tolérable par nos concitoyens. A leurs yeux, elle apparait comme exceptionnellement inquiétante. Ça l’est. C’est un constat dont il faut se réjouir. Car ici, il s’agit bien d’un ACTE, et non pas d’une banale intention, exprimée par un excentrique opposant. Il fait la pluie et le beau temps en Guinée, dispose des ressources de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale à sa convenance. Il est particulièrement généreux avec son TUTEUR de président, surtout en période électorale, mais malheureusement avec l’argent de pauvres cotisants salariés. La « générosité » n’est pas condamnable, à condition qu’elle ne soit pas un « Robinson Crusoé » à l’envers, c’est-à-dire celui qui dépouille les pauvres au profit des Riches et des Puissants, tout en se servant au passage. Or c’est exactement ce que fait l’Ami du Président Alpha CONDÉ.
La MILICE dont il est question déjà créée, probablement à partir de ce qu’étaient les « Chevaliers Blancs » de sinistre mémoire, du même Malick SANKHON. Il serait donc souhaitable que cette GRAVISSIME affaire de milice privée présidentielle soit mise à l’abri des petites RUSES politiciennes partisanes. Car cet ACTE en apparence anodin de l’ami du président, questionne, subrepticement trois institutions fondamentales de notre pays, tout en pointant les fragilisant : les Institutions MILITAIRE, JUDICIAIRE et PRÉSIDENTIELLE.
Une fragilisation politique indéniable de la GUINÉE.
Par sa très grande proximité avec le président de la république, le patron de la toute « nouvelle » milice politique privée, et accessoirement Directeur Général de la C.N.S.S., n’est pas une personne quelconque dans le système de pouvoir à CONAKRY. Au plan politique, il n’est pas réputé faire des déclarations à l’emporte-pièce. Il est vraisemblablement le BRAS ARMÉ (au plan strictement personnel) du président en face duquel l’armée de la République, la nôtre, celle de la Nation toute entière, doit elle-même s’interroger sur la signification cachée d’une pareille entreprise. Rencontrant presque journellement le président, il brasse des milliards de la C.N.S.S., sur lesquels aucun contrôle n’est exercé. Le contexte sociopolitique du pays est très troublé. Tous les jours ou presque, il y a des manifestations de mécontentement ici et là. Des exactions cruelles sont infligées aux populations de BOKÉ, LOLA, KÉROUANÉ, MAMOU….. Aucune région de notre pays n’y échappe. Le Président ne cache même plus sa volonté de se bâtir un pouvoir à vie sur notre pays, malgré l’hostilité de plus en plus visible des citoyens, et contre toute vraisemblance constitutionnelle. Il effectue de plus en plus de voyages quasi-clandestins en Italie. Or on ne lui connait pas d’attirance particulière immodérée pour l’Italie, ou pour une Italienne qui justifierait ces furtifs déplacements. Ce pays est parsemé de réseaux pas toujours recommandables sur lesquels les pouvoirs publics officiels n’ont quasiment pas de contrôle efficace. Il s’agit de réseaux pas ou peu regardants et tout à fait compréhensifs pour les trafics d’armes et blanchiment d’argent de provenance plus que douteuse, surtout quand la provenance est africaine. De ce point de vue, le surgissement en si peu de temps d’hôtels de luxe à Conakry sans qu’on sache exactement l’origine des capitaux, ni comment ils y sont arrivés, devrait interpeller tous les GUINÉENS qui n’ont pas renoncé à la TERRE de leurs ANCÊTRES. Personnellement, je n’y renoncerais jamais. Pour être précis, j’émets l’hypothèse tout à fait crédible que la MILICE déjà créée par M. Malick SANKHON, ami personnel du président Alpha CONDÉ, ne serait pas mécontente de recevoir quelques armes et munitions. Car une milice armée, à la merci des DÉSIRS présidentiels, favorisent incontestablement toutes les manipulations institutionnelles à venir. On peut donc dire, au regard de cet ACTE gravissime, que le Président et son AMI, Malick SANKHON ont déjà réussi à créer une NOUVELLE DONNE POLITIQUE, jamais connue dans un pays en paix en Afrique de l’Ouest : une armée privée présidentielle financée sur fonds publics. Malheureusement, les hommes dits « politiques »de notre pays, n’ont pas l’air d’en mesurer les énormes risques. Peut-être même que l’Armée Républicaine, la nôtre, se croit-elle à l’abri de ce qui est en train de se tramer avec la déclaration de l’Ami présidentiel.
Le dévoiement visible de certaines institutions est illustré ici par la quasi-privatisation de la C.N.S.S. au profit de son Directeur et de son AMI, le président de la République.
Le Directeur Général de la C.N.S.S. et ami personnel du président, Monsieur Malick SANKHON, justifie la création, ou plus exactement la réactivation de sa MILICE POLITIQUE PRIVÉE par la nécessité de protéger son institution, c’est-à-dire la C.N.S.S. Et pour le faire, il aurait besoin d’une milice d’environ 3000 éléments, dont l’effectif pourrait à terme atteindre 10.000 membres. L’attachement de M. SANKHON à la sécurité de « son » institution est admirable. Mais de là à recruter 2500 à 3000 miliciens (armés ?) pour la protection de son personnel et de son institution, il y a un petit mystère : A supposer, avec beaucoup d’exagération que l’effectif total du personnel de la C.N.S.S. soit de 3000. Il y aurait donc un milicien pour protéger un salarié. Qui paye cette milice ? Les ressources proviennent d’où ? De qui ? Chaque employé de la C.N.S.S. a- t-il demandé une protection personnelle individualisée ? Qui menace cette institution ?
L’injustifiable silence prolongé du président, suivi du maintien de son AMI à la tête d’une institution essentielle (Sécurité Sociale) alors que pareille déclaration devrait déclencher des foudres sur la tête de son AMI Malick SANKHON, et une action judiciaire vigoureuse, appelle au moins deux remarques :
Première Remarque : la tentative à peine dissimulée de discréditer politiquement une grande majorité du R.P.G. qui par patriotisme, n’est plus disposé à avaliser les petites contorsions institutionnelles que le Président Alpha Condé s’apprêterait à faire. En déclarant à partir du siège du R.P.G. et dans sa conférence hebdomadaire, qu’il a déjà créé une MILICE POLITIQUE PRIVÉE, tout en se proclamant membre de ce parti, M. SANKHON insinue que le R.P.G, dans sa totalité adhèrerait au fait d’avoir créé ou de créer une milice politique privée. Or de source sûre, cela est loin très loin de la vérité. Bien au contraire, l’immense majorité de ce parti est hostile à toute idée de milice politique privée. J’ajoute que monsieur Alpha Condé n’est pas propriétaire du R.P.G. comme il a réussi à le faire croire. Il n’est qu’un de ceux qui ont créé le R.P.G.
Deuxième remarque : A y regarder de près, personnellement j’en arrive à l’idée que Monsieur Alpha CONDÉ a insidieusement installé dans notre pays un Etat apparent avec Ministres, Administrations totalement déconsidérés…. Et un autre Etat, celui-là parallèle, ou informel, si vous préférez, mais décidant du sort de douze millions de Guinéens. Deux personnes sont placées à la tête de l’Etat INFORMEL : Malick SANKHON pour les opérations de barbouze, et Tibou KAMARA pour toutes les autres opérations tortueuses, peu avouables. Il est le « Chef » de ce gouvernement informel. Il donne des ordres aux Ministres apparents, les convoque, suggère leur limogeage. D’ailleurs il juge globalement incompétent tout le gouvernement apparent (voir interview à GUINÉE7). En pointillé, il semble avoir déjà désigné à Monsieur Alpha CONDÉ, les Ministres à renvoyer et ceux à garder ou embaucher.
Il y a quelque chose d’inavouable, mais mystérieux qui lie Monsieur Alpha CONDÉ à Tibou KAMARA, et réciproquement. J’y reviendrai plus tard.
NB : Dans l’interview accordée à GUINÉE7, il y a un peu plus d’une semaine, M. Tibou KAMARA y énonce beaucoup d’incohérence et de contre-vérité. Puisqu’il a accès en libre-service à tous les moyens d’expression publics et privés, sans contradicteur, il délivre sans gêne, ses fariboles habituelles. Dans les jours à venir, j’entends mettre son nez dans ses incohérences.
Mamadou Billo SY SAVANÉ

 

 

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