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Docteur Bakary Diakité, héraut de la cause guinéenne (Par Alpha Sidoux Barry)

novembre 20th, 2017 | par Leguepard.net
Docteur Bakary Diakité, héraut de la cause guinéenne (Par Alpha Sidoux Barry)
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« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent ». Cette maxime de Victor Hugo s’applique parfaitement au Dr Bakary Diakité, qui s’est consacré depuis qu’il était étudiant au combat politique pour l’instauration de la démocratie en Guinée.
Ce combattant de la liberté et de la justice s’est éteint le 12 novembre 2017, à l’âge de 72 ans, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, des suites d’une longue maladie. Après la levée du corps ce vendredi 17 novembre, à laquelle une foule immense de parents, d’amis et de sympathisants ont assisté, sa dépouille mortelle a été rapatriée le lendemain en Guinée dans sa ville natale Siguiri où elle sera ensevelie.
Pour mener son combat politique, il a dû stopper son cursus à l’Institut polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry en 1969, où il était entré trois ans plutôt, pour s’exiler en Côte d’Ivoire. Tenaillé par sa vocation qui était de devenir médecin pour mieux se dévouer aux autres, il a poursuivi ses études à la Faculté de médecine de l’Université d’Abidjan.
Diplômé en 1976, il a exercé comme médecin-chef à l’hôpital de Sassandra en Côte d’Ivoire puis à celui de Ndjolé au Gabon. Sur ce, il arrive en France en 1977 pour faire sa spécialisation en anesthésie-réanimation, une formation très sélective, qu’il termine avec succès à l’hôpital et à la faculté de médecine de Saint-Ouen dans la région parisienne.
Médecin-Assistant et cadre hospitalier à l’hôpital de Bichat Paris, de 1982 à 1987, en même temps qu’il exerçait à la Fondation Rothschild Paris, il s’installe alors comme médecin libéral. Ses nombreux patients se souviendront toujours du dévouement et de la sollicitude de cet homme de l’art qui ne ménageait aucun effort pour les soulager.
Le Dr Bakary Diakité a toujours été soutenu par sa compagne Mme Yacine Diop, d’origine sénégalaise, devenue guinéenne par amour, qu’il a épousée en 1975 à Abidjan et avec qui il formait un couple fusionnel. De cette union sont nés trois enfants : Issa (aujourd’hui 41 ans), Alioune (38 ans) et Souleymane (36 ans). Qu’ils reçoivent nos condoléances émues.
Chez le Dr Bakary Diakité, le militant politique était doublé du militant associatif. Cela a commencé en Côte d’Ivoire, où il s’est investi au sein de l’Association des élèves et étudiants guinéens (AEEGCI), la plus importante organisation de jeunes Guinéens à l’étranger, avec plus de 5 000 membres en 1976 à travers tout ce pays, et dont il était l’un des principaux animateurs du Bureau exécutif.
Devenu médecin, il a organisé de nombreuses missions médicales sur le terrain en Guinée, au Sénégal et au Mali. Il a, entre autres, mis sur pied le centre médical Héloïse à Siguiri ou conduit plusieurs missions à Lélouma. Il était également l’un des principaux animateurs de Badenya, l’Association des ressortissants de Siguiri en France ; de Sédé, celle de Kankan ; président fondateur d’AURGuinée, ; depuis 1995, président de la Mission itinérante médicale de Guinée (MIMG) et à partir de 2005 membre de la Mission itinérante médicale d’Afrique.
Le Dr Bakary Diakité s’est battu corps et âme, et sans relâche, pour l’avènement de la démocratie en Guinée. Membre fondateur en 1991 de l’Union des forces démocratiques (UFD), parti politique conduit par le Pr Alfa Ibrahima Sow, il l’a représenté au sein du Forum des Forces Vives, le mouvement d’opposition au régime du président Lansana Conté. Le Forum regroupait les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile.
Le cheval de bataille du Dr Bakary Diakité dans son combat politique a été principalement « la conférence nationale ». Jusqu’à la fin de ses jours, il s’est battu pour la tenue d’une conférence nationale en Guinée, sur le modèle de celle qui a eu lieu au Bénin du 19 au 28 février 1991, et qui avait pour objectif principal l’abrogation de l’ancien régime. Le Dr Diakité ajoutait à cela la création d’un régime démocratique sur les décombres de l’ancien.
En désespoir de cause, il quitte l’UFD en 2010 pour adhérer au Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) de Lansana Kouyaté. Là également, son appel à la conférence nationale n’est pas entendu. Homme de conviction déterminé à mener à son terme son combat politique, il quitte ce parti à son tour en 2016 pour reprendre sa liberté de manœuvre.
Ayant recouvré sa pleine liberté, il poursuit le combat qui a été interrompu par l’altération de sa santé. Cet homme politique à nul autre pareil avait saisi la cause guinéenne à bras le corps, l’avait porté très haut et l’incarnait. Puissions-nous voir un jour ses efforts récompensés par l’instauration d’un vrai régime démocratique dans notre pays
Par  Alpha Sidoux Barry

 

One Comment

  1. AOT Diallo says:

    Merci Kotto Sidoux pour une biographie et un hommage de classe qui permettent a tous ceux qui ont tant admiré les écrits de ce de « compatriote avisé » (Feu Prof. Dore) d’en savoir un peu plus sur lui.
    Moi en tout cas cela me manquait beaucoup…

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