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Emmanuel MACRON : Interrogations et perplexité d’un Franco-Africain sur la Tournée africaine du nouveau Président.(par Mamadou Billo SY SAVANÉ à ROUEN)

février 3rd, 2018 | par Leguepard.net
Emmanuel MACRON : Interrogations et perplexité d’un Franco-Africain sur la Tournée africaine du nouveau Président.(par Mamadou Billo SY SAVANÉ à ROUEN)
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Jeudi 1 Février 2018

Avec sa visite à DAKAR, le nouvel hôte de l’Élysée aura effectué pas moins de trois visites en Afrique Noire, depuis sa toute récente élection. Signe d’un intérêt certain, ou plutôt, une façon douce de faire sentir un certain pouvoir, pourraient dire les sceptiques. Et ils sont nombreux.

 

Justement, en  raison de l’influence réelle ou supposée que la France  a, ou aurait en Afrique Noire (francophone), l’accession à l’Elysée  d’un nouveau  Président français, y  est  scrutée avec  intérêt,  à juste raison.  Les Présidents africains aussi,  s’interrogent probablement  sur ce que  pourrait être la « nouvelle » politique africaine de celui qu’ils auront désormais comme « interlocuteur » à l’Élysée. Lors de sa  dernière visite au BURKINA, il  a semblé signifier qu’il n’aura pas de politique spéciale africaine. C’est peut-être cette  hypothèse qui est souhaitable, de mon point de vue.   Mais le temps nous édifiera dans pas longtemps. Car dans l’histoire, il n’y a pas d’exemple d’un pouvoir  qui se soit autolimité, en face de plus faible que lui. Monsieur MACRON créera-t-il  un précédent ?—Peut-être.      L’élection d’un président, âgé d’à peine  quarante ans, devrait donc    susciter parmi les    notabilités politiques africaines au pouvoir, une perplexité, et un vague « espoir » peut-être injustifié chez les africains  ordinaires dans lesquels je me reconnais : celui de la  souhaitable mise à mort Vraie, Totale,  Définitive, et irréversible  du  système « françafricain » sous toutes ses différentes formes. En effet ses Acteurs principaux, identifiés ou identifiables, semblent dotés  d’une capacité infinie de métamorphose tout en restant le même, c’est-à-dire un réseau prédateur, et parfois meurtrier, chaque fois que ses intérêts  sont susceptibles d’être égratignés, même de façon marginale.

 

On ne compte plus le nombre de fois où la « françafrique » est proclamée « morte » alors qu’elle devenait plus sophistiquée, plus puissante, et donc plus nuisible.  Le président MACRON aussi, vient de promettre à son tour mais comme ses prédécesseurs, que la « Françafrique », c’est fini, et qu’il n’y aura d’ailleurs pas de politique africaine.

Après tout, il n’est pas déraisonnable d’espérer  la fin d’un système de domination  aussi nuisible aux dominés (nous, Noirs Africains écrasés par les tyrannies locales autochtones, puissamment protégées par la France d’en haut) qu’au dominant (simples citoyens Français innocents, pris dans un engrenage auquel ils  sont souvent étrangers).  Or c’est exactement cela la « françafrique », même si certaines puissantes notabilités hexagonales aux remords tardifs, indexent des réseaux en « déclin » qu’elles utilisent pourtant à de douteuses besognes en Afrique Subsaharienne. Or, rien n’indique que le maintien de pratiques « françafricaines » dans les relations avec l’Afrique Noire, y garantisse la pérennité de certains intérêts français pourtant légitimes.

On peut même parier sur l’inverse.  A horizon prévisible et compte tenu des évolutions perceptibles de l’état d’esprit d’une grande partie des jeunesses subsahariennes, il n’est pas hasardeux de parier sur de graves difficultés à venir pour les intérêts français et de la France, si la « Françafrique » n’était pas démantelée, au moins dans ses démembrements les plus répugnants.

Il serait souhaitable que les condisciples Subsahariens à l’É.N.A. ou à la FAC du nouveau Président, lui disent les sociétés africaines vraies,  avec ce qui s’y joue comme possible futur certes incertain, mais pas nécessairement désastreux, même s’ils sont eux-mêmes pour la plupart, souvent  les rejetons d’oligarques prédateurs tyranniques au pouvoir dans leur pays respectif. Mais on peut ne pas rester Prisonnier de son origine sociale ou sociologique si on le désire.  Je risque le pari que tous ne sont pas fatalement sous la domination des intérêts financiers ou de pouvoir de leurs ascendants, et que par moments, ils sont capables de les mettre à distance pour faire prévaloir l’intérêt du plus grand nombre de leurs compatriotes.      La bienveillance et l’ouverture d’esprit à l‘AUTRE, qui ont semblé caractériser la campagne  victorieuse du nouvel élu, présideront-elles aux relations franco-africaines ? Pour quoi faire ?-  Soutenir d’une façon ou d’une autre certains  autocrates Noirs Africains bien connus, et  dont  la conversion à une gouvernance  moins opaque, moins  patrimonialiste, moins brutale pour leurs compatriotes est trop récente, trop incertaine pour être prise pour un acquis  durable ? C’est une hypothèse, malheureusement pas invraisemblable. Car privée de son influence et de la pesanteur qu’elle exerce sur l’Afrique Noire dite francophone,  la FRANCE  compterait dans les questions mondiales comme n’importe quel autre pays européen. En tout cas pas plus que  l’Italie, la Belgique, ou l’Irlande  par exemple. Or c’est une perspective qu’aucune notabilité politique, intellectuelle, ou industrielle française n’envisage, de  gaieté de cœur. En clair,  M. MACRON lui-même sait que son pays est « grand » par la domination qu’il exerce sur une grande partie de l’Afrique subsaharienne.

Faire ces constats, ce n’est pas instruire un procès contre la FRANCE, ni  être désagréable pour elle, mais  juste nécessaire.  Ils sont d’autant plus judicieux que tous les Présidents Subsahariens  ne sont pas des « Bokassa » en devenir, ou d’impénitents prédateurs  comme aiment à le faire croire certains « éditocrates » politico-journalistiques français en vue.  A vrai dire, ils sont pour l’immense majorité, d’une probité en tout point comparable à celle de leurs  homologues Français,  Belge, Allemands….On peut même dire, sans risque d’être aussitôt démenti,  qu’un Alassane OUATTARA(Côte d’Ivoire),  un Macky SALL(Sénégal), ou un Roch-Marc KABORÉ(BURKINA) et d’autres,  soutiendraient avantageusement sur le terrain de la probité et du sérieux, toute comparaison avec beaucoup de Chefs d’ÉTATS de l’EUROPE Occidentale,  de l’EST, ou des U.S.A. C’est donc ici, juste la formulation d’une certaine perplexité d’un Franco-Africain, attaché aussi bien à la France qu’à sa Guinée natale (Guinée-Conakry) longtemps déconcerté par les agissements soutenus d’une « françafrique »  mortifère, nauséeuse, jamais punie, même si ses crimes sont évidents, et les auteurs (Africains et Européens) parfaitement identifiés. Il y a là, un « Mystère » qui m’intrigue.

Le nouvel hôte de l’Élysée est jeune. Il n’est peut-être pas personnellement tenu par la « françafrique » comme l’étaient ses prédécesseurs, tout au moins certains d’entre eux. Il est possible  qu’il nourrisse  à l’égard de l’Afrique Subsaharienne des intentions pas  nécessairement  détestables.  A OUGADOUGOU, il a semblé en prendre l’engagement. Certains intérêts, certains autres liens occultes,  triompheront-ils des bonnes intentions  présidentielles ?—Difficile d’être optimiste, si on tient compte des promesses passées, prises dans les mêmes circonstances par ses prédécesseurs, de Droite et de Gauche.         En théorie, les adhésions politico-philosophiques proclamées au cours de sa campagne par le nouvel hôte de l’ÉLYSÉE  (Bienveillance Fondamentale,  principe d’humanité, probité et libéralisme  économique régulé….) devraient le préserver   de la tentation trop facile de  conforter des réseaux  « françafricains »  existants,  d’en créer, ou d’en faire créer par et  pour lui-même. Précisons tout de suite, qu’il ne peut en aucun cas être demandé à un Chef d’État français quel qu’il soit, d’exiger de certains présidents noirs africains, le respect de la dignité de leurs propres compatriotes. Au demeurant, rien n’indique pour le moment  que le tout nouveau président a des  tentations « focartiennes ».  Néanmoins, on peut se poser ces questions, en tous les cas je me  les pose de façon candide,  sans vouloir  prêter  la moindre intention  haïssable  à M. MACRON. Car  tout ce qui vient d’être dit, ne   met pas  automatiquement à l’abri du  tropisme « françafricain », ni lui, ni personne d’autre, tant les forces d’attraction vers  ce système de réseaux parallèles y sont puissantes, multiples et variées.      Des concessions minières avantageuses (bauxite,  uranium, or…) octroyée (Guinée-Conakry),   contrats opaques de concession exclusive portuaire, exploitation forestière désastreuse….) sont certains des   appâts fréquemment utilisés. Le pouvoir actuel à Conakry, me démentira difficilement sur ce point. S’y essayerait-il,  qu’il ferait rigoler la GUINÉE entière à ses dépens. J’ai déjà dit dans un passé proche et je le maintiens, qu’il doit son « élection » à    ces «  petites »  générosités singulières avec ses « amis », alors PUISSANTS au quai d’Orsay en 2010.

Or   en pareille circonstance,  les prodigalités « amicales » accordées, ont toujours une contrepartie.  Je sais d’expérience, que  la contrepartie attendue, c’est  de faire  attester auprès des PUISSANCES françaises et européennes,   contre toute vraisemblance, que  le « généreux » ami est « élu  démocratiquement », alors même  que les résultats proclamés  sont à l’opposé de ce que les électeurs africains ont par leur vote, émis dans les urnes.  Par les urnes, en 2010 et 2015, les GUINÉENS avaient fait un autre choix dans les urnes, même si des forces occultes intérieures et extérieures leur  ont finalement imposé celui qu’ils n’ont jamais voulu à la tête de leur pays.

Résultat : après huit ans de pouvoir suprême,  le président « démocratiquement élu » de CONAKRY est certes devenu RICHE en dollars, mais « son » pays n’est plus qu’un banal espace géographique (riche en ressources minières) en voie d’une possible décomposition. Ses « amis » le savent.  Ce n’est peut-être pas  ce qu’ils ont voulu, en lui  apportant leur concours décisif lors des scrutins présidentiels de 2010 et 2015. On peut raisonnablement imaginer qu’ils regrettent leur choix. Car la GUINÉE est vendue morceau par morceau à certains Groupes. Tôt ou tard,  les GUINÉENS s’opposeront vigoureusement à ces « droits » de propriété illégitimes sur leur pays, puisqu’ils ne pourront pas rembourser les sommes faramineuses « empruntées » en leur nom, et dont ils ne voient aucune trace, ni en terme d’équipements viables, ni en terme d’amélioration de leurs conditions de vie.

 

 

 

 

Deuxième partie : grotesque élection, corruption et État failli

 

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