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La patrimonialisation des biens publics / Beaucoup de citoyens naissent aveugles et ils ne s’en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux. (Par Mamadouba Bangoura)

février 3rd, 2018 | par Leguepard.net
La patrimonialisation des biens publics / Beaucoup de citoyens  naissent aveugles et ils ne s’en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux. (Par Mamadouba Bangoura)
Article
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J’appelle à l’aide et soutien si possible car la vérité ne peut plus être enfermée, elle nous rend libre, la vérité est sans pitié! La corruption et la patrimonialisation des biens publics sont le médicament de confort d’une société qui s’achemine vers sa propre fin.
Ainsi, informer c’est manier du sens, manier du sens c’est lutter, lutter c’est être en tension, la tension produit du mouvement propice à la création’
La patrimonialisation est aujourd’hui un phénomène qui reste l’un des variant de l’administration publique guinéenne dans son fonctionnement pratique.
Par ailleurs, l’agent public guinéen est enserré dans un réseau complexe de loyauté, de fidélité et de dévouement qui l’expose à la tentation de tordre ou de contourner les règles professionnelles et d’exploiter sa position au sein de l’administration pour des fins personnelles ou familiales, notamment pour élever son statut social.
Ainsi, l’interventionnisme étatique, en l’absence d’une véritable classe d’entrepreneurs, avait permis, dans la plupart des états africains, aux élites dirigeantes issues pour l’essentiel de la haute fonction publique, de se trouver en position de chevauchement des positions génératrices de ressources, créant ainsi une interpénétration réciproque entre le politique, l’administratif et l’économique. Aujourd’hui, le triomphe de libéralisme économique et politique consécutif à la remise en cause de l’interventionniste étatique et l’autoritarisme politique n’a pas pour autant entrainé une régression des pratiques patrimoniales dommageables pour l’administration publique, comme l’attestent la mise en œuvre des programmes de privatisation des entreprises publiques, le financement occulte des partis politiques, les passations des marchés publiques.
A cet effet, si la patrimonialisation de l’administration publique signifie avant tout qu’elle constitue un instrument personnel du chef de l’Etat qui en dispose selon son bon plaisir, elle signifie également qu’elle est à la disposition de son parti et de son entourage personnel, qui filtrent l’accès à ses postes stratégiques. Parfois même, les emplois subalternes n’échappent pas à leur contrôle, dans le contexte de restrictions imposées par les programmes d’ajustement structurel en matière de recrutement.
En guinée, la démocratisation semble avoir ouvert grandement les vannes du néo-patrimonialisme alors qu’elle aurait dù introduire d’avantage d’éthique dans la vie politique. La démocratie est aussi un système de valeurs et ne s’aurait être réduite à une simple question d’arrangement institutionnels car la Guinée qui se targuait d’être un pays phare au moment de l’indépendance connait aujourd’hui un regain de la corruption.
Par conséquent, dans un pays où l’Etat constitue le premier acteur économique, l’accumulation passe nécessairement par l’accès aux postes stratégiques de l’administration publique et/ou par l’octroi de marchés publics ou de consultance, utilisés par le président, son entourage, les caciques du parti présidentiel ainsi que par tous ceux qui disposent d’un pouvoir discrétionnaire en la matière, comme moyens de rétribution de l’allégeance, de la loyauté, du « copinage » ou du militantisme. Pourtant, les dispositions de prévention instituées par le législateur dans la constitution de 2010, en son article 36 obligeant le chef de l’Etat les membres du Gouvernement et qui s’appliquent également au Président de l’Assemblée Nationale, aux premiers responsables des Institutions constitutionnelles, au Gouverneur de la Banque centrale et aux responsables des régies financières de l’Etat » à déposer la liste de leurs biens auprès de la cours constitutionnelle sont inopérants. De même, les structures de contrôle de l’administration publique (Inspections Générales ou  techniques, cours de  compte, etc.,) sont neutralisées par l’absence de moyens ou par le pouvoir discrétionnaire du chef du gouvernement ou du chef de l’Etat, maitres de l’opportunité des poursuites. Seules sont diligentées les enquêtes visant des opposants ou des personnes dont la loyauté envers le chef de l’Etat est mise en doute.
Certes la corruption publique n’avait pas disparue complètement, mais aujourd’hui elle semble avoir atteint une ampleur comparable à celle d’autres Etats réputés corrompus. Interpellées les autorités publiques semble se satisfaire du fait que la corruption est un phénomène universel. En fait, sa banalisation, perçue comme synonyme de « laisser-aller », tient en partie à l’abandon de la sensibilité rédemptrice du régime actuel  avec la chute mais aussi et surtout à la stratégie de domination politique du gouvernement  bâtie autour du clientélisme politique.
Ce qu’il faut savoir, la patrimonialisation de l’administration publique s’oppose à son institutionnalisation ainsi qu’à sa transformation en une administration de développement. On reconnait qu’il y ait quelques corrompus et corrupteurs n’est pas une catastrophe en soi. Ce qui l’est en revanche, c’est qu’une nation entière en vienne à être gangrenée par un système de corruption pyramidale et généralisée qui s’étend de la plus basse sphère bureaucratique à la plus haute.
Dans ces conditions, la moralisation devient une tâche autrement plus difficile parce que ceux-là même qui sont censés, de par leur rang et leurs responsabilités dans la société, de donner un exemple d’intégrité sont eux-mêmes éclaboussés. En outre la logique patrimoniale conduit à la patrimonialisation des relations politiques et administratives, et partant, à la subversion du fonctionnement de l’administration publique, réduite à octroyer les passe-droits lorsqu’elle n’exerce pas un pouvoir arbitraire. Dans le processus de décision administrative, les usagers sont rarement associés et même dans les cas où les textes prévoient leur consultation, l’administration se dérobe le plus souvent à cette procédure, la jugeant inutile ou longue et onéreuse. Lorsqu’un usager se présente dans un service public, il est souvent perçu comme un intrus qui dérange et perturbe la tranquillité de l’agent public.
D’où le mauvais accueil qui lui est réservé, les lenteurs dans le traitement des dossiers et plus généralement la mauvaise qualité des prestations. Face à un tel environnement hostile voire dangereux, l’usager est souvent obligé d’adopter un profil bas ou de payer, s’il veut avoir gains de cause.
En définitive, c’est toute la finalité même du service public qui est niée lorsque prévaut une logique patrimoniale. L’administration publique est peu capable, dans ces conditions, de prendre de façon autonome les décisions rationnelles qui s’imposent en raison de l’intrusion de logiques contraires et de son efficacité, en raison même de l’incapacité de l’organisation à atteindre ses propres buts.
La patrimonialisation de l’administration publique constitue également l’antithèse de l’administration de développement, thèmes récurrents dans le discours des élites dirigeantes. Sans l’émergence d’une administration publique compétente, méritocratique, débarrassée de la corruption endémique, sans une codification et une moralisation des relations entre l’administration publique et les acteurs politiques et sociaux, il ne s’aurait avoir une Guinée tant attendue et souhaitée.
Beaucoup de citoyens naissent aveugles et ils ne s’en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux. La démocratie, médiocratie Guinéenne a atteint ses limites, il faut impérativement apporter les changements nécessaires car tout cela nuit au développement socio-économique. 

 

 

 

Bangoura Mamadou

 

One Comment

  1. camara says:

    Pour relever le défi la population guinéenne doivent faites un changement général du chef secteur jusqu’au président alpha

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