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Hommage / M’Balia fut assassinée, mais sa mémoire est restée vive (Par Kémoko CAMARA de Paris)

février 14th, 2018 | par Leguepard.net
Hommage / M’Balia fut assassinée, mais sa mémoire est restée vive (Par Kémoko CAMARA de Paris)
Hommage
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Elle a disparu il y a 63 ans ! MBalia Camara, cette icône de la lutte pour l’autodétermination de notre peuple, avait été assassinée pour avoir protesté contre l’exploitation des masses par le système colonial. Elle s’était dressée auprès de son mari Thierno CAMARA contre, entre autres choses, la réquisition de vivres et le trucage des élections locales sous le poids desquels croupissaient ses congénères. Elle fût sauvagement éventrée par l’oncle-Tom David Tondon Sylla (chef de canton de Tondon-Labayah) alors qu’elle était en état de grossesse.

Mais qui fut MBalia Camara, cette héroïne méconnue de la nouvelle génération ?

MBalia Camara nait en 1929 à Posséyah (Dubreka). Issue des arcanes populaires, elle adhère et milite au sein du parti anticolonialiste PDG du syndicaliste Sékou Touré où elle représente le comité local des femmes de Tondon-Labayah. Avec son mari Thierno Camara, secrétaire fédéral de l’époque, elle anime et organise des rassemblements populaires en prélude à la lutte de libération coachée par Sékou Touré. Très vite, elle et son mari devinrent des personnes à abattre par le système d’asservissement, des persona non grata sur le sol de leurs ancêtres. Alors commença une longue vie de résistance pour le jeune couple CAMARA jusqu’en 1954 où le trucage des élections locales en défaveur du PDG, pousse au soulèvement populaire, qui fut réprimé dans le sang. Et en guise de protestations, les habitants de Tondon refusèrent de s’acquitter du double de l’injuste impôt qui venait d’être majoré par David Tondon Sylla. L’arrestation de Thierno Camara aboutit à la radicalisation des événements. C’est ainsi que s’en suivit une répression qui fit 37 blessés par la police coloniale, et aboutit à l’éventrement de Mbalia Camara par un coup de sabre de David Tondon Sylla le 9 février 1955. Transportée à l’hôpital, MBalia succomba à ses blessures le 18 février 1955. Cet odieux crime servit de catalyseur pour préparer la conscience des masses à la libération totale du premier territoire de l’AOF.

Selon l’Historien Sidiki Kobelé Keita « lors de son enterrement auquel son mari emprisonné ne put assister, Sékou Touré demanda aux milliers de personnes présentes, d’apporter chacun une pierre et de les déposer à un même endroit pour démontrer aux autorités combien ils étaient nombreux. Les premières pierres du mur de la liberté Guinéenne venaient d’être posées sur le ventre de MBalia, son souvenir persistant veillant désormais à ce que plus personne ne s’oppose à son édification ».

C’est ainsi que M’Balia Camara devint îcone et première martyre de l’indépendance nationale. Sa dépouille mortelle repose au mausolée des Héros aux côtés de ses compagnons de lutte. MBalia fut assassinée, mais MBalia ne mourût pas, sa mémoire est restée vive, son sacrifice et son modèle ont inspiré, et inspirent aujourd’hui encore plus d’une en Guinée. D’autres braves femmes se sont aussi illustrées sur la scène nationale et internationale, dont il est nécessaire de saluer la bravoure.

En cette date mémorable donc, qu’il nous soit permis de saluer et d’honorer toutes les femmes combattantes de causes nobles à travers le monde. Qu’il nous soit permis d’honorer toutes ces braves femmes qui à elles seules, tiennent comme toujours le quotidien de leurs foyers. Honneur aux amazones de Guinée, à Hadja André Touré, à Hadja Mafory Bangoura, à Hadja Rabiatou Serah Diallo et à toutes celles qui ont contribué aux côtés du Président Sekou Touré à l’émancipation de la femme guinéenne. Une mention spéciale va à l’endroit de feue Jeanne Martin Cissé première femme à présider le conseil de sécurité des Nations Unies, membre fondatrice et présidente du comité spécial de lutte contre l’apartheid en 1962. Je suis également fière de Mme Binta pilote Diallo, première femme pilote en Afrique. Aussi mes respects vont à l’endroit de la brave syndicaliste Hadja Rabiatou Serah Diallo pour l’immense service rendu à la nation, à Hadja Aminata Touré, à Docteure Makalé Traoré, à Hadja Saran Daraba présidente de la Mano River Union pour son combat en faveur de l’intégration sous régionale entre la Guinée, la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et le Libéria.

Enfin, nous invitons toutes les femmes de Guinée, à s’inspirer du noble combat de M’Balia en vue de s’émanciper davantage et participer activement au redressement national. Par ailleurs, nous renouvelons notre requête à l’endroit des dirigeants guinéens à :

  • Réhabiliter l’icône MBalia à travers un hommage national,
  • Réhabiliter toutes les femmes victimes d’abus et d’exactions en Guinée,
  • Décréter la date du 9 février « fête nationale » symbolisant le courage et la bravoure de la femme guinéenne (comme il en était sous la révolution).

Que Dieu bénisse la femme guinéenne, brave et émancipée !

 

3 Comments

  1. AOT Diallo says:

    Merci Mr Camara, je suis sur que la famille de David Tondon Sylla rajouterait aisément « notre oncle-Tom de Paris ».

    A moins que vous n’ayez été un témoin oculaire il y a 63 ans de ces faits pour oser en parler avec autant d’assurance cela reste pour la majorité des Guinéens conscients uniquement un conte et légende du RPG-ST et alors effectivement vous méritez effectivement ce surnom…

  2. webdesigner says:

    AOT Diallo says:, thanks so much for the post.Much thanks again. Really Cool.

  3. rena says:

    AOT Diallo says :, thanks for the article post.Really thank you! Great.

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