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Guinée : Communales de 2018, quel jeu d’alliance stratégique favorable à l’UFR ? ( Par Mamadouba Bangoura)

février 23rd, 2018 | par Leguepard.net
Guinée : Communales de 2018, quel jeu d’alliance stratégique favorable à l’UFR ? ( Par Mamadouba Bangoura)
Politique
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Apres avoir trainé pendant des années pour l’organisation des élections locales en Guinée, elle est en fin arrivée avec assez de pessimisme car les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs.
Ces  élections locales ont connu une mise en branle par le Président de la République, de l’ensemble l’administration civile  et militaire, envoyées en campagne électorale pour le RPG tant  dans la capitale qu’à l’intérieur du pays. Des  ministres, des  directeurs généreux, des officiers et sous-officiers, les gouverneurs, préfets et sous-préfets étaient  menacés de limogeage en cas de défaite du RPG dans leurs localités. Et  la campagne du RPG était  financée à coût de milliards de francs guinéens. Quant aux partis politiques de l’opposition, ils ont fait face à la machine électorale illégale mise en place par le gouvernement avec leurs moyens propres. Cependant, les résultats entachés d’énormes cas de fraudes se sont  avérés plus que catastrophiques dans l’ensemble et particulièrement pour l’UFR maintenue une nouvelle fois en 3ème position.
En effet, en plus des cas de fraudes manifestes, la population en générale et les militants de certains partis en particulier ne se sont pas déplacés pour aller voter, chose qui a occasionné un taux d’abstention record par le fait de la déception et du désenchantement de la population. Conséquences, les candidats indépendants ont obtenu  des résultats spectaculaires.
Ainsi, Les partis politiques, dans leur  fief traditionnel, y compris  le  parti au pouvoir,  se sont trouvés avec des résultats peu favorables pour leur permettre d’avoir le contrôle de ces fiefs, d’où l’obligation de sceller les alliances avec d’autres partis politiques pour ne pas perdre des Mairies.
Pourtant, si ces élections ont révélé un système de fraudes du parti au pouvoir  dans les fiefs  de certains de ses concurrents dans le but de s’emparer des voix de ceux-ci, elles ont aussi  permis un véritable essor électoral du principal parti d’opposition au régime Condé et  ont été  fatales et graves pour le parti au pouvoir car il se trouve au coude-à-coude et voir même dépassé en voix et en conseillers  dans certaines communes de la république de Guinée.  D’où la problématique de l’alliance qui s’inscrit dans la préoccupation de tous.
Alors, il est vrai que  les politiques ont brisé de facto le climat de confiance d’une part, entre eux-mêmes et d’autre part, entre eux et la population du fait de la promesse politique non tenue, de la gestion calamiteuse de la chose publique, du jeu illisible des alliances contre-nature qu’on a connu dans le passé. Au gré des situations politiques, l’histoire mouvementée et récente du pays à travers cette communale de 2018  confronte l’UFR à une interrogation et réflexion sérieuses.
 Faut-il sceller « une alliance ou non ? » et « avec quel parti politique qui inspire confiance ? »
Pour répondre à ces deux questions, nous avons le devoir de réfléchir sur un certain nombre de faits qui se traduisent  par :
I-                   la question de la conquête du pouvoir,
II-                la question de la possibilité d’alliance stratégique favorable à l’UFR

 

I-                   La conquête  du pouvoir
Dans la conquête du pouvoir en Guinée d’aujourd’hui, si l’UFR doit sceller une alliance favorable, cela ne peut  être qu’avec un parti qui  n’est pas dans la même stratégie de conquête du pouvoir qu’elle, si non, elle se révèlera être une alliance contre-nature qui ne permettra aucune chance de candidature unique qui résultera de critères objectifs prédéfinis par toutes les composantes de la future alliance pour la présidentielle prochaine. Une éventuelle alliance contre-nature ne permettra pas à l’UFR de progresser compte tenu des réalités sociopolitiques  de façon générale et particulièrement celles de la Guinée.
Il n’est de secret pour personne que l’UFDG est un parti qui se bat à sa manière pour la conquête du pouvoir pour son leader en 2020, ce qui est tout à fait légal, légitime et respectable car, c’est l’objectif de tout grand parti politique. Cependant, l’UFR  aussi s’inscrit dans la même logique de remporter la présidentielle de 2020 avec son candidat qu’elle estime être la solution actuelle pour la Guinée. Cette considération étant fondée sur le bilan extraordinaire la gestion passée de la chose publique du leader de l’UFR.
Alors, l’alliance entre ces deux partis qui ont la même cible sera profitable à qui ? Qui cèdera pour l’autre en tenant compte des leçons et conséquences tirées au cours de l’alliance de 2010 et la question de la candidature unique pour l’élection présidentielle de 2015 ?
Une alliance politique est quelque part définit comme « une coalition entre deux ou plusieurs partis politiques partageant les mêmes idéologies ou qui ont des intérêts communs. Ces partis décident d’instituer une alliance pour renforcer leur proposition électorale et par conséquent, pour augmenter les possibilités d’arriver au pouvoir ».
Ainsi, en tirant les conséquences de cette définition, on comprend que l’alliance permet de renforcer les propositions électorales des alliés et le choix du candidat le mieux placé pour la victoire électorale visée. L’une des questions qu’on peut se poser est de savoir, qui de l’UFDG et de l’UFR acceptera que son candidat se rallie au l’autre candidat ?
A cela s’ajoute l’adhésion de la population elle-même dans sa majorité au parti non pas parce qu’il porte un projet de société en bonne et due forme, mais seulement sur fondement ethnique. C’est comme si chaque ethnie rêvait de s’approprier le pouvoir, si nécessaire au détriment des autres. C’est pourquoi, les injures, critiques et propos malveillants sont tenus contre telle ou telle personne ou groupe qui a quitté tel ou tel parti au profit de l’autre, voire « le positionnement de tel leader politique». Le départ de l’UFR de l’alliance avec l’UFDG en est une illustration que les militants tiennent compte jusqu’aujourd’hui. Lorsque l’UFR était en alliance avec l’UFDG  pendant et après la présidentielle de 2010, la grande majorité des attaque dont l’UFR était victime ne venait pas du parti au pouvoir (RPG) que l’UFR combattait,  mais, des membres de l’UFDG qui étaient sensés être ses alliés. Ce passé douloureux a laissé des traces très persistantes. Les militants accepteront-ils une nouvelle alliance avec l’UFDG ? Je n’en ai pas la réponse.
II- la possibilité d’une alliance favorable
A ce niveau, il me semble que l’alliance la plus favorable pour l’UFR est bien possible, mais avec le RPG. Attention ! Il faut faire la différence entre la personne du Professeur Alpha CONDE et le Parti RPG. La constitution fait la différence entre un parti politique et son candidat une fois élu président de la République. C’est le candidat qui est élu Président et non son parti politique. Raison pour laquelle l’article 38 de la constitution guinéenne exige que le président de la République démissionne de sa fonction de leader du parti politique dont il était le candidat dans ces dispositions suivantes : « Article 38 : la charge de président de la République est incompatible avec l’exercice de toute autre fonction publique ou privée, même élective. Il doit notamment cesser toutes responsabilités au sein d’un parti politique ». Ce qui démontre que le président Alpha CONDE est différent du parti RPG. Ma position est confortée par le fait que, pour la présidentielle de 2020, l’UFR ne peut être en alliance électorale avec le président Alpha Condé qui ne peut plus être candidat pour une nouvelle élection présidentielle conformément à l’article 27 de constitution qui dispose que : «  le Président de la République est élu au suffrage universel direct.

La durée de son mandat est de cinq ans renouvelables une fois.

En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non ».

C’est pour les raisons ci-dessus mentionnées qu’il me semble préférable pour l’UFR de sceller une alliance avec le RPG. Bien que rien n’est gagné d’avance quant à une éventuelle candidature unique favorable à l’UFR pour la prochaine présidentielle, mais au moins, l’espoir, même minime est permis du coté du RPG. S’agissant de l’UFDG, l’élection présidentielle de 2010 et 2015 ont démontré que, s’il faut une candidature unique, elle doit être l’exacte répétition de la présidentielle de 2010, c’est-à-dire, le candidat de l’UFR une nouvelle fois derrière le candidat de l’UFDG. Cette façon de faire de l’UFDG est légale et légitime. Mais, le fait par l’UFR aussi de faire son choix d’alliance en tenant compte de son intérêt politique est aussi légal et légitime. Aucun des deux partis n’a été créé pour servir l’autre.
Je suis de ceux qui pensent que le président Sidya Touré doit  renoncer à son poste de Haut Représentant du Chef de l’Etat. On ne peut continuer à offrir son aide, conseils et assistances à un partenaire qui a planifié ta liquidation politique par des fraudes électorales massives. Cependant, cette éventuelle renonciation de Sidya Touré au poste du Haut représentant du Chef de l’Etat  ne doit en aucun cas être un obstacle à une éventuelle alliance électorale avec le RPG qui est une personne morale distincte de la personne d’Alpha Condé, tout en sachant aussi que cette éventuelle alliance se fera en fonction des intérêts du RPG et de l’UFR. Il est de notoriété publique que les fraudes dont l’UFR a été victime étaient le fait du président de la République à travers la CENI et l’administration civile et militaire qu’il avait mis au service de la fraude. Lors de la campagne électorale, le RPG en tant que structure politique organisée était, à mon sens, marginalisé par le président Alpha Condé. Il était le seul visage du parti.
Comme on le sait, le Professeur Alpha Condé, homme de Droit, a, selon la constitution en son article 35, prêté serment deux fois en ces termes : Moi……………., Président de la République élu conformément aux lois, je jure devant le Peuple de Guinée et sur mon honneur de respecter et de faire respecter scrupuleusement les dispositions de la constitution, des lois et des décisions de justice, de défendre les Institutions constitutionnelles, l’Intégrité du Territoire et l’indépendance nationale. En cas de parjure que je subisse les rigueurs de la loi »

 

Vouloir penser à tout projet d’outrepasser cette limite, l’opposera rigoureusement au peuple de guinée et à l’opinion africaine et internationale.
D’autre élément aussi plaident en faveur de ma position. Il en est ainsi l’émergence de l’UFR dans certaines localités du fief du RPG à travers ces communales de 2018. Ce qui n’a pas été le cas dans les fiefs de l’UFDG. Ce fait laisse croire qu’il y a une possibilité d’adhésion des militants du RPG à une éventuelle alliance avec l’UFR pour les prochaines échéances électorales.

 

Entre le parti qui quitte le pouvoir et celui qui est à la même conquête du pouvoir que toi, lequel faut-il s’approcher pour en avoir ?

 

Quant au pouvoir, il est à retenir que celui qui avait l’intention de t’abattre au moment où il n’avait qu’un morceau de pierre dans sa main, quelle sera son attitude quand il aura un fusil ?

 

 
En conclusion, on peut se demander si la main tendue de l’UFDG à l’UFR n’a-t-elle pas l’effet de peau de banane de nature à mettre cette dernière en mal avec sa base comme en 2010, ce qui ne manquera pas de faire les affaires de l’UFDG lors des prochaines élections ?
 
NB : Cet article n’engage que ma modeste personne. Il traduit ma position face au choix auquel mon parti l’UFR est confronté à savoir, avec quel parti politique sceller une nouvelle  alliance électorale ?

 

 

 

Mamadouba  Bangoura

 

 

 

5 Comments

  1. AOT Diallo says:

    Belle pirouette Mr Bangoura, ainsi :

    – Tout le problème en Guinée c’est le PPAC et pas le RPG

    – Doncou on signe des alliances électorales avec le RPG tout en continuant a attaquer sans retenue le PPAC.

    Wow, allez-y convaincre qui que ce soit avec ces formules mathématiques-la – moi en tout cas mes profs ne m’ont jamais appris cela…

  2. Momo says:

    M. Bangoura cest le RPG qui t’a dit qu’il quitte le pouvoir.
    A mon avis seul la contrainte les fera partir du pouvoir aucune voie democratique n y arrivera.

  3. SY SAVANÉ says:

    Mon frère A.O.T. écrit »… Donc on signe des alliances électorales avec le RPG tout en continuant a attaquer sans retenue le PPAC…. ».

    OUI! tu as bien compris. Alpha CONDÉ n’est pas propriétaire du R.P.G. Il n’est même pas à l’origine de la naissance de ce parti. Il l’a rallié pour en prendre le contrôle.

    Les adhérents, sympathisants et militants du R.P.G. sont des Citoyens guinéens libres et respectables. Je suis HOSTILE à toute idée visant à les mettre en quarantaine. Je vais plus loin. Je plaide pour une ALLIANCE entre le R.P.G. et l’U.F.R. Je dis bien entre l’U.F.R. et le R.P.G. et non pas avec R.P.G.-Arc-en Ciel.

    Je répète: je PLAIDE pour des ACCORDS avec le R.P.G. dans le RESPECT réciproque. et sur l’ensemble du territoire national.

    Alors OUI. ALLIANCE électoral avec le R.P.G., mais aucune concession à Alpha CONDÉ. Comme les autres, le R.P.G. n’est pas une entreprise privée. C’est un mouvement politique. L’U.F.R. aussi cherche et protège ses propres intérêts.

    En tant que parti politique, nous à l’U.F.R., nous n’avons pas grand chose à reprocher au R.P.G. Personnellement, j’ai pas le passé débattu avec des militants et responsables du R.P.G. J’ai même été parfois cruel (mais jamais méchant) avec eux. Cependant, je dois reconnaître par honnêteté qu’à aucun moment, ils n’ont prononcé un mot, une phrase, ou accompli un acte VEXATOIRE et DÉFINITIF contre l’U.F.R. et son chef, ni même contre moi.

    Alors OUI! Je plaide dans la mesure du possible pour une ALLIANCE avec le R.P.G.

    Mamadou Billo SY SAVANÉ

  4. SY SAVANÉ says:

    Amicales remarques sur l’article de M.Mamadouba BANGOURA.

    Une évidente bonne volonté, accompagnée d’une indiscutable bienveillance pour tous ceux dont parle M. BANGOURA dans son article. Fait rare en milieu guinéen pour être souligné. Par ailleurs, il a l’élégance de refuser toute forme de CAGOULE(anonymat) comme c’est habituel pour certains internautes guinéens.

    Toutefois, je suis un peu embarrassé à la lecture de votre texte. Deux types d’embarras:

    1°. Une certaine incohérence, lorsque vous écrivez: « ….Dans la conquête du pouvoir en Guinée d’aujourd’hui, si l’UFR doit sceller une alliance favorable, cela ne peut être qu’avec un parti qui n’est pas dans la même stratégie de conquête du pouvoir qu’elle, si non, elle se révèlera être une alliance contre-nature qui ne permettra aucune chance de candidature unique qui résultera de critères objectifs prédéfinis par toutes les composantes de la future alliance pour la présidentielle prochaine…. ».

    Inimaginable à mon avis de sceller une ALLIANCE politique avec un parti qui a une STRATÉGIE de conquête de pouvoir, différente de celle de l’ALLIÉ. Car ce serait un non-sens fondamental. Il n’y aurait aucune raison que deux partis politiques qui ont des stratégies différentes se mettent ensemble. Totalement aberrent. Mais peut-être, vouliez-vous écrire « ….la même stratégie… » ?

    2°. Vous parlez de démarche politique, de tactique politique qui serait plus efficace. Personnellement, je n’ai pas bien compris ce que venaient faire ici, la constitution et les articles divers que vous citez. Une constitution ne dit pas à qui l’U.F.R., ou n’importe quel autre parti doit s’allier ou pas. Je ne vois pas bien ce que l’invocation de la constitution apporte à ce que vous voulez dire.

    Par contre, je vois bien ce qui rend confus ce que j’ai cru être votre projet de départ: expliquer selon vous, les raisons pour lesquelles l’U.F.R. doit passer une alliance plutôt avec le R.P.G. qu’avec un autre parti politique. J’adhère bien entendu à cette idée. Mais vous pourriez vous faire comprendre mieux, en restant simple, sans recourir à de longues phrases. Ainsi vous ne risquez pas de vous perdre dans la longueur de vos phrases.(Vous me pardonnerez mon réflexe de prof.)

    2°. Pourquoi « SIDYA doit renoncer à…haut représentant… ». Le « doit » sonne comme un « ordre » que vous donnez. Je suppose qu’il s’agit plus d’une maladresse de formulation, que d’une intention volontaire d' »ordonner ». Pas grave.

    La fixation sur l’idée que « sydia » doit abandonner la fonction de « haut représentant », laisse croire qu’il en vivrait, ou qu’il y est si attaché qu’il se laisserait rouler dans la farine par Alpha CONDÉ. C’est d’ailleurs l’argument constamment avancé par ceux qui dans un passé pas lointain, le roulaient dans la farine en sollicitant son soutien qu’ils avaient d’ailleurs obtenu alors que dans le même temps,ils avaient déjà scellé une ALLIANCE avec Alpha CONDÉ dès le premier tour (présidentielle de 2010) contre le même sidya, afin de l’éliminer. Ce qu’ils avaient d’ailleurs obtenu.

    Il serait intéressent aussi de demander à Alpha CONDÉ de renvoyer SIDYA de la fonction à laquelle il l’a nommé. Ainsi, on verra bien si Sidya est attaché à cette fonction, ou non.

    L’ensemble des militants et militantes, sympathisants et sympathisantes de l’U.F.R., au lieu de reprendre les arguments de nos concurrents à leur compte, notamment en GUINÉE-Maritime, devraient se demander pourquoi sur les « Terres » supposées de Alpha CONDÉ(KANKAN, KOUROUSSA, SIGUIRI, N’ZEREKORE…., les fraudes tentées contre l’U.F.R. ont échoué, et réussi en Basse-Guinée, et seulement en Basse-Guinée.

    Ailleurs en Guinée(Haute-Guinée, Guinée Forestière), les militants et sympathisants U.F.R., avaient décidé de défendre eux-mêmes les scrutins qu’ils ont obtenus dans les urnes, tandis que ceux et celles de la Basse-Guinée ont probablement mis beaucoup moins d’énergie à défendre les voix obtenues par leur parti.

    Mamadou Billo SY SAVANÉ

  5. Alpha says:

    Sidya Touré doit sortir de son orgueil et situer sans ambiguïté sa position politique, seule manière pour lui d’espérer de récupérer certains de ses ex-militants qui lui seront utiles lors des prochaines échéances électorales.

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