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Célébration de la mort de Sékou Touré – réponse à la misérable campagne de Bailo Teliwel ( Par Bachir Ourouro BAH)

mars 30th, 2018 | par Leguepard.net
Célébration de la mort de Sékou Touré –  réponse à la misérable campagne de Bailo Teliwel ( Par Bachir Ourouro BAH)
Article
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Les tenants du PDG doivent décidément avoir le culte du macabre. Cela explique en partie leur manie de célébrer la mort de leur héros, Sékou Touré. Dans les autres nations on célèbre plutôt les naissances des hommes illustres. Mais, comme la date de naissance réelle de Sékou est inconnue, comme son sa descendance de Samory Touré a été prouvée fictive – tout ceci ne faisant que corroborer son illégitimité qui lui valait le mépris de Ismaël en particulier, ils évitent de s’appesantir sur sa naissance.
Dans leur célébration de cette année, un des thuriféraires du PDG du nom de nom de Bailo Teliwel, a cru devoir innover en termes de tactique.

Bailo Teliwel écrit :

 

J’ai suivi avec un très grand intérêt les débats qui ont été engagés par les médias nationaux sur la perception et l’héritage du Président Ahmed Sékou TOURE. Nous, qui nous réclamons peu ou prou de lui et de sa pensée, il nous faut être très attentif à ces débats, car ils nous permettent de connaitre, sans influence aucune, les questions, les réponses, les dits et les non-dits des différentes composantes de notre Peuple. A quelques exceptions près, ces questionnements, ces perceptions sont légitimes, puisque chacun « lit » l’histoire en fonction de son expérience, de ses connaissances de l’histoire, de sa subjectivité.

Réponse :

KAMARADE Bailo Teliwel ! Vous cherchez à rationnaliser l’aberration que fut Sékou Touré en demandant d’être à l’écoute du peuple « dans un souci de rassembler » (sic). Effarant !
Si vous aviez appliqué cette règle durant le long et pénible du règne de votre Fama, la Guinée n’en serait pas là : une nation déchirée et en totale faillite. Les émules du PDG dont vous êtes continuent à travestir l’histoire de la nation. Etant donnée la diversifié des médias, vous voulez adopter la méthode douce : mentir par omissions et intellectualiser le débat sur une prétendue « pensée » de Sékou Touré. C’est trop tard et cela ne passera pas.
Outre les crimes que Sékou Touré documenta lui-même dans son délire d’intimidation, on a une idée correcte de ce que fut l’homme et ce que fut son parcours.
Son ascension politique contre des hommes plus capables était due principalement à ses rapports homosexuels avec Cornut-Gentille, le gouverneur de l’AOF. Ce dernier – avec Mitterrand- le recruta tablant d’abord sur son manque de scrupules. Il favorisa son ascension au sein du PDG-RDA (en mutant Madeira Keita notamment). Il ferma les yeux sur les crimes qu’il commit contre des guinéens entre 1954 et 1958 : plus de 1500 morts, environ 10 milles blessée et des dégâts matériels considérables. Tous furent documentés par l’administration coloniale. L’accusation persistance que Sékou Touré fit empoisonner Yacine Diallo sera vite classée. Cornut-Gentille mit la haute-main sur tous les rapports qui accusaient Sékou Touré d’orchestrer ces crimes.
Pour nettement moins que cela, les vrais combattants africains de l’indépendance tels que Um Nyobè, Félix-Roland Moumié et Ernest Ouandié ainsi que Djibo Bakary seront assassinés par les français. Par contre, sous la protection de Cornut-Gentille, Sékou connaitra une ascension politique vertigineuse. En 5 ans – de 1952 à 1957, il gravit les échelons. Il passa de simple syndicaliste à président du conseil territorial en faisant preuve de beaucoup de diligence dans le cadre de l’administration coloniale. La section du parti de Mamou qui dénonça sa collaboration avec les colons sera mise au pas. Ceux qui se rappellent de Sékou à cette époque mentionnent plus ses frasques de noceur, de coureur invétéré de jupons et d’agitateur que de « pensées révolutionnaires ». Il n’y avait pas que le gouverneur colonial qui avait favorisé son ascension. Il avait aussi d’autres amants homosexuels français (voir Andrée Lewin).
La dénonciation de Karim Bangoura – un guinéen d’une valeur exceptionnelle – sur la complaisance du gouverneur envers Sékou lui coûtera la vie. Il sera jeté vivant d’un hélicoptère sur la Fatala. Diallo Telli – un autre guinéen de renom- était directeur de cabinet adjoint de Cornut-Gentille à Dakar. Il était au courant des financements dont bénéficia Sékou de la part du gouverneur des colonies ainsi que leur rapports intimes. Malgré son allégeance à Sékou, son africanisme reconnu et son patriotisme, Telli n’échappera pas au couperet. Il mourra d’inanition imposée dans un cachot. La communauté peule toute entière sera accusée de complicité !
Je sais que vous allez classer tout cela dans le catalogue des « bavures », des « erreurs » et autres rationalisations cyniques. Je sais aussi que vous allez chercher à évacuer d’un revers de la main les remarques à connotation homosexuelle sur le parcours de Sékou Touré ! Les tabous masquent toujours la vraie histoire.
Avec un bilan macabre et le recul de l’histoire, la réalité reste que Sékou était tout le contraire d’un révolutionnaire. C’était plutôt un homme capable de faire la cour à tout le monde pour arriver à ses fins. Aux hommes d’affaires pour de l’assistance comme Baidy Guèye qu’il tuera. Aux marabouts tels que Cherif Fanta Mady de Kankan dont – tel Faust – il s’accommoda sans état d’âme des prédictions « régner sur la Guinée, [avec des mains] couvertes de sang ».

Bailo Teliwel écrit :

Nous devons aller au-devant de ces débats, pour tenter d’y apporter des réponses objectives, dans l’esprit humaniste, de la conscience de l’unité nationale, de la solidarité, de la vision d’un avenir partage et d’un destin commun qui ont toujours été au cœur du Président Ahmed Sékou Toure. A tous les amis et camarades sur les réseaux sociaux, je vous enjoins d’en faire votre tâche immédiate, sans esprit de polémique inutile, de prosélytisme inefficace, dans le seul souci de réunir et d’avancer ensembles. C’est cela la première fidélité que l’on doit à Ahmed Sékou Toure.

 

Réponse :

Je trouve choquante votre demande. A plus d’un titre.
Citer Sékou Touré pour défendre l’« unité nationale » c’est de la provocation en même temps que de l’effronterie. Voulez-vous qu’on oublie qu’il fut l’artisan de la dislocation de la nation, comme je vous l’ai rappelé ci-dessus avec l’arrestation de Telli ?
Associer le nom de Sékou Touré à l’humanisme est une tricherie morale inacceptable. Il vous faut beaucoup de sécheresse de cœur pour vous moquer ainsi des dizaines de milliers de victimes de sa féroce dictature.

 

A suivre

J’ai pris le temps de vous répondre uniquement pour marquer le coup et enrayer un peu le venin que vous cherchez à répandre sous un nouveau langage. Il ne faut pas croire que votre jargon de langue de bois, votre intellectualisme fait de citations à tout-va de lectures désordonnées, votre amnésie volontaire devant les tragédies de notre pays, votre silence sur les crimes contre toute une nation par le sabotage de l’éducation peuvent nous impressionner. Ils confirment tout juste un fait triste de la Guinée. Le fait que Sékou a bien produit un homme nouveau dont vous êtes le prototype. Quand vous avez été ministre, on n’a eu de vous que des citations. De toutes les façons on est prêt à en découdre avec vous sur n’importe quel forum. Le fascisme dont vous êtes des héritiers ne prospère que dans le silence des hommes de bonne volonté.

 

Ourouro Bah

One Comment

  1. I. MB. Sow says:

    On ne peut ajouter à cette excellente réplique de M. Bah qu’un seul fait qui édifiera ceux qui l’ignoraient encore. Baïlo Téliwel est de par sa maman, un neveu direct à Saïfoulaye Diallo.(…) Et si ce n’était pas pour la richesse et le poids des arguments ci-fournis pour la bonne oeuvre de démystification de la pire tyrannie politique guinéenne, j’allais dire que c’est peine perdue avec des intellectuels à l’âme et toute personnalité perdues, comme ce ridicule égaré. Comme quoi, l’on ne peut pas toujours évaluer à sa juste valeur de nocivité sociopolitique, l’effroyable régime du PDG de Sékou-Satan Touré, en fermant les yeux sur les rôles non moins funestes que jouèrent certains de ses « soufifs » de première heure, tels que les Saïfoulaye, Doura-Dalein, Mouctar, Teliwel Diallo, etc.

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