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Diffamation : Vincent Bolloré débouté contre France 2

juin 6th, 2018 | par Leguepard.net
Diffamation : Vincent Bolloré débouté contre France 2
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Nouvel échec de l’homme d’affaires visant à faire condamner en diffamation ses critiques dans les médias.
Damned, encore raté! Vincent Bolloré entendait réclamer 450 000 euros de dommages et intérêts à France 2 pour avoir diffusé en avril 2016 un documentaire à charge quoique malicieusement intitulé Vincent, un ami qui vous veut du bien?, visible en intégralité ci-dessous. Non seulement il a été débouté mardi après-midi par le tribunal de grande instance de Nanterre, mais la justice française l’a au contraire condamné à reverser 21 000 euros de frais de procédure à ses contradicteurs.
«Tarif très inhabituel», relève benoîtement Jean Castelain, l’avocat de France Télévisions et de son journaliste Tristan Waleckx – qui s’était vu décerner le prix Albert Londres pour le documentaire en cause. Sous entendu: Bolloré s’est pris une énorme baffe en pleine poire. «Il faut avoir la modestie du triomphe de l’instant, ce qui est gagné aujourd’hui peut être perdu demain», rétorque l’avocat de Bolloré, Olivier Baratelli, proclamant illico son intention de faire appel. Aucune copie du jugement n’étant disponible à ce jour, on en restera là pour le moment.
«Sérieux de l’enquête»
L’enquête diffusée dans le cadre de Complément d’enquête sur F2 visait essentiellement les activités africaines du groupe Bolloré, dans les domaines agricoles et portuaires. En dépit des nombreuses critiques, rien ne serait diffamatoire, selon le résumé oral du TGI de Nanterre. Sauf ce petit passage dans lequel le journaliste, finalement relaxé sur ce point au nom de la bonne foi, évoquait un «passe-droit» ayant permis au groupe Bolloré de décrocher la concession du port de Kribi (Cameroun). Bref, «le jugement dit tout le sérieux de son enquête», résume Me Castelain. Le plaignant aurait aimé que soit creusée une autre imputation sur le travail des enfants dans les plantations : le doc évoquait un gamin de 14 ans finalement plus proche des 18 – mais mineur quand même, fut-ce à un chouïa près. «France 2 aurait pu reconnaître une erreur sur ce point et on aurait brisé-là», s’agace Me Baratelli. Il s’énerve derechef sur «le tralala et la mise en scène» des émissions présentées par Elise Lucet – mais là n’est plus le sujet judiciaire…
En matière de diffamation, Vincent Bolloré a désormais l’habitude de se faire bananer par la justice française. Plusieurs ONG ou médias ont récemment été relaxés suite à ses plaintes plus ou moins intempestives. Mais il conserve une chance au grattage, suite à une procédure surabondante contre France Télévisions – à propos du même documentaire diffusé dans Complément d’enquête – devant le tribunal de commerce, non plus pour diffamation mais pour dénigrement… Ne réclamant pas moins de 50 millions d’euros. Jugement à venir le 13 juin prochain, à surveiller de très près.
Par  Renaud Lecadre
Source: Libération

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