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Kindia, ville dynamique et solidaire / Analyse sociologique et point de vue d’un natif de Kindia( Par Dr Diaby Bakeba, psycho-sociologue)

août 25th, 2018 | par Leguepard.net
Kindia, ville dynamique et solidaire / Analyse sociologique et point de vue d’un natif de Kindia( Par Dr Diaby Bakeba, psycho-sociologue)
Analyse
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Introduction :
Dans le contexte actuel de la mondialisation, des grands ensembles (cohérents et unifiés) et des identités régionales solidaires fortes émergent pour répondre aux attentes et aux aspirations des populations. Les politiques publiques dans les différents pays du monde élaborent, dans ce sens, des stratégies cohérentes de développement des régions pour accroître leur efficacité, leur interdépendance, leur cohésion, leur croissance et leur consistance.
On ne peut pas introduire la ville de Kindia aux visiteurs sans évoquer (et remercier au passage, civilité oblige) ses pères fondateurs, suivis de ses tout-premiers bâtisseurs historiques :
  1. Mangua Kindi Camara (chef guerrier yalen-sosso, dont Kindia porte le nom et qui avait des liens avec Farana) et son jeune frère « Mangua Frigui » qui porte le nom de la ville de Friquiyagbé, toute proche). (probablement aux alentours des16-17èmes siècles).
  2. Ils sont suivis de la génération des chefs locaux investis par les colons français (19ème siècles) : L’Almamy Seny Sylla (roi et notable de Sikhimma, dont le grand marabout toubaka et le gendre fut le célèbre Karan Sékhou Diaby, très connu dans l’ensemble du Kaninya entre le 19ème et le 20ème siècles), et Kanda Bala Sylla (chef de la localité de Friguiyagbé). Tous ceux-ci furent de grands savants et érudits musulmans qui contribuèrent à l’essor de la ville.
  3. S’étaient illustrés à ces époques, de notables locaux de différentes familles (Soumah, Bangoura, Keita, Conté, des Moriyaka, pour ne citer que ceux-ci, auxquels il faut ajouter les premières vagues d’immigration timides venues d’autres régions : des Malinkés de la haute Guinée, des Peules de la Moyenne Guinée, des Sarakhoullés et Diakhankés, qui commencèrent à s’installer par petits groupes dans le Kaninya profond.
  4. Puis, vint l’ère de Galimenguè Sounkhôrou-Môdou (grand souverain et chef guerrier issu également de Friguiyagbé et dont la chefferie couvrit l’ensemble du territoire de Kaninya (au cours du 20ème sicle jusqu’aux années 1940-50).
  5. Après l’indépendance de la Guinée en 1958, le peuplement de Kindia se poursuivit. La région du Kaninya connut alors de grandes vagues d’immigration successives : malinkés, peules, diakhankés, sarakhoullés et d’autres groupes peu nombreux de forestières, et aussi d’autres groups tout aussi historiques et importants qui se sont sédentarisés dans les terres de Kaninya. Le mouvement de peuplement et d’urbanisation n’a cessé de se développer jusqu’aux nouveaux acteurs du renouveau de la région autour de tous les fils de Kindia moderne et du Kaninya profond (toutes tendances confondues). Du coup, on peut dire qu’avec l’avènement de la République en Guinée, le Kindia moderne est « l’histoire d’une grande famille aux multiples identités (personnelles, groupales, sous-culturelles et sociales) liées par le métissage et la mixité culturelle et sociale. De là naît une nouvelle identité régionale multu (et/ou inter)-culturelle basée sur les valeurs de la République, l’identification à la famille et à ses origines et, dans une certaine mesure, à un attachement plus ou moins fort à la région selon l’ancienneté de l’histoire migratoire des parents ou des grands parents et selon la réalité des projets individuels et collectifs.
  • Quelques jalons et repères historiques rapides
Géographiquement, Kindia est la capitale de la basse-Guinée, une ville traditionnellement yalonké, puis devenue soussou depuis les premières vagues d’immigration des populations mandingues dans toute la région de l’Afrique de l’Ouest, suite à l’effondrement du grand empire du Ghana et de sa capitale Wagadougou (pays des Wagué) entre les 10 et 11ème siècles, effondrement précipité, selon les hypothèses des historiens, à la fois, par la conquête des almoravides, par une grande sécheresse que connut la ville et par la fin du culte du Bida.
Pour rappel, le groupe ethnolinguistique soussou est le prolongement naturel des dialonkés, eux-mêmes issus anciennement des soninkés. Les soussous sont une population mandingue d’Afrique de l’Ouest vivant principalement et massivement en Guinée, mais aussi, dans une moindre mesure, au Mali (ex. Koulikoro), au Sénégal (ex. Tambacounda), au nord-ouest de la Sierra Leone et en Guinée-Bissau. Comme la plupart des groupes mandingues, ils sont originaires du Mandé qui compte plusieurs sous-groupes et sous-cultures assez diversifiés mais partageant le même fond culturel familial et ancestral. La culture littorale guinéenne fait que la ville de Kindia entretint de liens privilégiés avec Koya, Mamou, Télimélé, le Morya, les pays Tondon, Boffa, Dubreka, Boké, Fria, Kamsar et d’autres localités en Guinée.
Découpage territorial ancien et quelques atouts de Kindia:
Traditionnellement, Kindia est, dans la conscience collective, composée de quatre « Kiri » (barrages, ponts et localités, c’est-à-dire délimitations géographiques départementales en quelques sortes) : Wantanba kiri (au niveau du pont entre Kindia et Friguiyabé), Kéléssi kiri (vers les villages de Molota, Latara, Seyfan, etc), Samoun kiri (vers Condéa, samaya, Condetta, etc), et Mayéréya kiri.
Terre des agrumes de Guinée (elle est ainsi appelée), cuvette d’une biodiversité et d’un écosystème riches et variés, cette belle région « fière » et fertile est aussi célèbre pour ses nombreux atouts considérables (atouts et enjeux culturels, touristiques, agricoles, économiques, artisanaux, pour ne citer que ces quelques exemples d’arguments de marketing), avec des qualités humaines reconnues et une très grande capacité intégratrice de ses différentes populations. La langue régionale dominante dans le Kaninya est le « Soussou » (que tout le monde parle dans les différents aspects de la vie) aux côtés des langues Malinké et Peule qui viennent en 2ème position et sont plus ou moins partagées par les autres ethnies, ce qui fait de Kindia la ville où il existe une certaine intégration sociale par les langues, ce qui est aussi un atout de cette ville. Nous pouvons conclure sur ces aspects des choses en disant qu’historiquement, la région du grand Kaninya est territoire soussou en Guinée maritime qui a toujours été terre d’accueil, d’immigration et d’intégration, offrant des opportunités réelles et diversifiées aux différentes couches sociales qui l’habitent ou qui la traversent.
Après l’œuvre des pères fondateurs dans les temps de l’Afrique médiévale, vient celle des suivants et des poursuivants.
  • Le développement moderne de Kindia:
Ce développement est le fruit des grands efforts conjugués de tous nos vaillants grands parents et parents dont nous sommes fiers et qui ont été les artisans de la paix et du développement durable à Kindia, les acteurs socio-éducatifs, économiques, politiques et associatifs de Kindia. Ils sont :
* des Soussous (qui avaient très tôt accueilli des malinkés venus massivement de la Haute-Guinée),
* des Peuls (favorisés par la proximité de Kindia avec les villes à majorité peule et par des liens d’amitié forts tissés au cours des temps avec les soussous (cf. royaume de Mamou, 1512, et règne du père Tenguéla et son fils Koli, guerrier à la fois peul (de la famille Bah) et malinké par la mère Nana Keita),
* Sarakhoullés et diakhankés (qui entretinrent des liens historiques forts avec les dialonkés et soussous),
* et également une importante minorité des premiers « forestiers » qui s’était installés dans la région des agrumes de Guinée.
Quartiers historiques de Kindia, la moderne :
Tous ces pionniers avaient laissé leurs empreintes sur l’histoire de cette noble ville.
On peut voir les traces archéologiques de leurs passages sur les noms des quartiers, des grottes, des arbustes, des lieux de culte et de sépultures, ou encore des rivières. Ainsi, nous trouvons Tafory (en soussou la vieille ville) et sa grande mosquée historique, le quartier Sarakhoulenya (peuplé majoritairement par des sarakhoullés), Condetta (lieux des baobabs géants où s’étaient installées également des familles diakhankés), Sinani-ya (quartier des 4 noms de famille patronymiques), Thierno-Djibiya (quartier de l’imam peul Thierno Djibi où régnaient auparavant les Sylla de Sikhimma), le grand quartier Banlieue et ses faubourgs, les très anciens quartiers Yéwolé (fief des Sylla abritant la première pompe à eau coloniale pour approvisionnement de Kindia en eau potable), de Wondi 2 et aussi Wondi 1 (où s’installèrent les premiers malinkés « chérifs » venus de Sokhili et Démoukhoulouma, suivi de quelques familles diakhankés), Gadé-wawa (quartier à tendance peule), Nyénguèma (ancien marché où autrefois avaient lieu des offrandes lors des pratiques religieuses païennes), le mont Gangan sacré qui recèle des secrets jusqu’ici inconnus, les quartiers Félix Moumié, Caravanserails, et Pastoria (l’un des deux instituts Pasteur historiques de l’Afrique avec celui du Gabon), l’Hôpital colonial Ballay (aujourd’hui rebaptisé Hôpital Elhadj Oumar Diallo de Kindia), la célèbre Église catholique de Kindia, ou encore, depuis les années 70, le quartier Kassia où vit une importante communauté diakhanké, sarakhoullé et peule, etc..
C’est une véritable mosaïque, un melting-pot de populations à la fois hétéroclites, hétérogènes et homogènes liées par la misité sociale et culturelle, favorisées par la générosité des autochtones soussous du Kaninya (il faut bien le dire) et aussi par l’apport non négligeable des immigrations successives qu’a connues cette ville fleurie au cours des âges.
Depuis nos enfances dans les années 50, 60 et 70 aux années 90 à 2000 (soit avant les grands bouleversements sociopolitiques et mutations démographiques que notre pays a connus), Kindia, la paisible vivait aux rythmes d’échanges fructueux, d’interactions sociales et de réflexes positifs, d’actions de solidarité et d’enrichissement réciproques, le tout basé sur le respect et la reconnaissance mutuels entre ses différentes couches sociales.
A ces époques, il n’y avait pas de clivage ni politique, ni religieux, ni de relents de revendication identitaire : la confiance réciproque régnait entre les anciens habitants autochtones et les populations allogènes (les primo-arrivants) sous la bienveillance de nos normes et valeurs culturelles, éducatives et religieuses ancestrales, ainsi que celle de l’ordre social établi à l’époque, bien entendu.
Au cours des vingt dernières années, on a commencé à percevoir des changements (positifs et négatifs) à Kindia : changements démographiques galopants, développements économiques, changement sociaux qui ont impacté la vie des Kindianais. Si l’irruption de la mondialisation dans notre société a favorisé le développement quantitatif et qualitatif dans bon nombre de secteurs, force est de constater qu’elle a contribué aussi à la désacralisation de certains de nos tabous et codes sociaux, fragilisé nos liens familiaux et amicaux, créé des foyers de tension nouveaux auxquels nous n’étions pas habitués et préparés, d’où la nécessité d’en repérer et identifier les facteurs les plus impactants pour y trouver des solutions idoines (conflits de générations, problèmes de gestion de l’espace et de l’urbanisme, problèmes de justice sociale, problèmes de pauvreté et d’éducation, etc…). Cette analyse peut être essaimée à toutes les villes et régions de Guinée.
  • L’affaire de l’imam de Kindia: iceberg d’un malaise du vivre-ensemble dont nous  ne voulons pas à Kindia :
Pour commencer, peut-être, faut-il préciser que l’imam dit tout haut ce que beaucoup de gens penserait tout bas à Kindia et dans le Kaninya profond. Peut-être que les mots sont un peu lourds en teneur et de sens, mais ils ne reflèteraient pas tout à fait la pensée réelle et pacifique de cet homme religieux réformiste : notre grand imam régional vénéré Oustaz Cheikh Elhadj Mahmoud Camara de Tafory.
Constat : les problèmes de fond :
Oui, comme partout en Guinée (et nous le savons tous), il y a des problèmes sociaux et sociétaux sérieux dans notre ville qu’il faut intégrer et chercher à affronter et à résoudre courageusement et collectivement (ça c’est indéniable) :
▪problèmes d’identité locale et régionale à affirmer davantage tout en s’ouvrant aux autres régions,
▪problèmes psychologiques liés chez certaines personnes au sentiment (ou à la crainte) d’être dominé et marginalisé « un jour »,
▪problèmes de pouvoir d’achat (pour une frange importante de la population),
▪difficulté d’accès à l’emploi pour la majorité de nos jeunes (notamment ceux de moins de 25 ans),
▪problèmes de manque d’infrastructures pour améliorer le cadre de vie à Kindia,
▪problèmes d’érosion d’un vivre-ensemble qui est en difficulté,
▪efin, problèmes d’égalité des chances, d’équité, de mixité et de justice sociale.
Bref, la République n’est pas du tout (re)mise en cause à Kindia (loin s’en faut), mais les gens disent qu’ils ont le ras-le-bol de certaines choses qu’ils sentent profondément, désapprouvent, mais n’arrivent pas à verbaliser correctement.
Question de méthode :
Pour moi, il y a besoin de faire des réformes en profondeur dans notre société, avec tous les kindiaka, bien entendu. Il faut se dire que les changements à introduire dans une ville cosmopolite de plus d’un million d’habitants (comme Kindia) ne sont pas une question ethnique ou d’ethnie, et encore moins l’affaire d’une seule personne, mais le devoir de tous les Kindianaises et kindianais toutes catégories sociales confondues.
Il faut plutôt, à mon sens, regarder le problème en face, le traiter à la racine, écouter les gens attentivement (avec respect et humilité), présenter « projet de société » contre « projet de société », et aller au de-là même de la question des personnes ou des partis pour traiter la problématique posée dans sa globalité. Pour ce faire, il faut tout mettre sur table, à plat, sans tabous et sans démagogie. Pour la méthode, il faut éviter les mots qui fâchent, les « mots qui créent des maux ». Il faut se parler, (se)dire les choses en face dans le respect de nos coutumes africaines et trouver des solutions idoines aux problèmes posés. Il faut, en outre, mobiliser les bonnes volontés, les personnes-ressources crédibles et les initiatives courageuses pour rapprocher les points de vue, réaliser le dialogue intergénérationnel, proposer des projets innovants et vaincre les peurs et les antagonismes ethniques ou d’intérêts personnels pour mettre en avant l’intérêt général de tout Kindia. Tout cela semble beaucoup, mais « impossible n’est pas guinéen », croyez-moi.
Respect de l’imam croyant, une obligation religieuse en islam, une valeur culturelle dans le Kaninya :
Jeunes gens de Kindia et ailleurs, arrêtez les insultes et les injures à caractère ethnique (SVP). Sachez qu’il est interdit en islam et dans notre éducation guinéenne d’insulter les imams et les adultes (on leur parle et on s’explique avec eux avec respect et des arguments et contre-arguments). En disant cela, ce n’est pas que je veux, moi, aller à contre-courant de la tendance actuelle de certaines personnes, je pense tout simplement que je vous dis la vérité, celle du bon sens et de la logique de la paix sociale dans notre ville.
  • Cet imam intellectuel soussou (que je connais très bien depuis l’enfance), qui est issu du plus vieux quartier de Kindia, enseignant et diplômé d’une grande université d’Arabie saoudite, jouissant en plus d’un niveau très élevé de connaissance et de savoir dans les domaines théologique et social, est tout sauf un ethno, un raciste, un politique ou encore un xénophobe.
  • Pacifiste et pacificateur comme lui, tu meurs! Un homme de paix et de dialogue des cultures, doté de simplicité et de grandes qualités humaines, voilà un Monsieur aimable, jovial, bien apprécié et bien entouré, qui ne peut même pas tuer un moucheron. « Quand tu ne connais pas quelqu’un, dis-lui n’kôrô« , dit un proverbe malinké. Oustaze Elhadj Mahmoud Camara est très loin de tout ce que l’on dit sur lui. Je peux l’affirmer, car, je connais très bien (et je ne suis pas le seul) ce grand Monsieur en tant que messager de la paix sociale dans le Kaninya tout entier.
N’amalgamons pas tout sous l’emprise de la colère. On est dans un contexte tendu de politique nationale avec un retentissement collatéral sur notre ville. L’imam n’est pas responsable non plus des contradictions sociopolitiques endémiques de la Guinée ou des comportements individuels négatifs des gens. Il est pris en tenaille entre politiques nationales et réalités locales dans un contexte difficile en lien avec les problèmes que nous avons décrits ci-haut.
  • Pour conclure :
De tout ce qui est dit plus-haut, le lecteur est libre de se faire une idée de la situation de Kindia et de mieux l’apprécier. Nous, nous ne défendons personne (en particulier). Nous constatons seulement que, chez nous en Guinée, il y a trop de jugements de valeur et pas assez de preuves réelles et de retenue pour un temps de recul et de réflexion positive. L’impact des découpages territoriaux et régionaux issus des temps coloniaux ou du temps de la décolonisation est encore très grand et pesant sur les consciences, très présent dans les têtes, très profond et vivace dans nos systèmes de pensée. Tant que les problèmes que j’ai cités plus-haut ne sont attaqués de front et en profondeur, le vivre-ensemble dans nos régions aura du mal à fonctionner et à se vivre correctement dans la sérénité et dans le respect des lois. Ni les procès-fleuve contre tel ou tel bouc-émissaire (religieux en l’occurrence), ni les accusations mutuelles et les actes de violence (physique, psychologique et morale) n’y feront grand-chose.
La lutte contre l’incivilité ne peut pas être efficace par des discours politiques « laxistes » opportunistes sans effets, elle l’est par des actions éducatives courageuses continues dans l’espace public dans notre république et auprès de l’ensemble des acteurs socioculturels, éducatives, économiques et technologiques. Tous les enfants de Kindia (autochtones, allogènes ou issus de l’immigration) sont des Kindianais à part entière et non entièrement à part. Il faut mieux gérer les contentieux fonciers et éduquer les jeunes au respect des traditions, de l’environnement et de la citoyenneté.
Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est véritablement une « Révolution cultuelle » et un vrai travail de fond pour changer certaines mentalités en Guinée. Nous ne justifions rien, nous attirons seulement l’attention sur une constance sociale très encrée dans nos différentes régions guinéennes. Le repli sur soi, le sentiment de supériorité ou d’infériorité, la marginalisation, l’ethnocentrisme, la xénophobie, n’ont jamais fait progresser les sociétés. Aujourd’hui, sur le plan universitaire, c’est un guinéen républicain non originaire de Kindia qui, avec son équipe, est en train d’introduire des innovations au sein de l’université de Kindia sur les traces de ses prédécesseurs. Il a juré qu’il voulait en faire l’une des premières universités de Guinée. A méditer avec modération.
Aujourd’hui, notre pays est un pays multi-colore et multi-confessionnel et non une république islamique (que nos frères chrétiens se rassurent). Mais, il y a dans chaque région des identités locales (laïques) et des us et coutumes qu’il faut respecter. Moi, quand je vais en Guinée forestière, j’en respecte les us et coutumes (bien que je sois dans la République). Chez nous, ces traditions locales n’ont aucun problème avec la laïcité, avec les religions et avec la République. Le vivre-ensemble ne peut pas se baser sur le non respect des habitants et des ancêtres. C’est exactement le problème qu’ont les immigrés en France (pays de la Révolution de 1789) avec les populations autochtones françaises (intégration, respect des lois de la République et des identités régionales). On ne doit pas éternellement profiter du système « républicain » pour amadouer les riverains et obtenir des avantages et des intérêts personnels. Il faut jouer franc-jeu démocratique citoyen ou afficher ses vraies couleurs et ses vraies intentions.
Aujourd’hui, personne n’est dupe. Tout le monde a tout compris, bien que un peu tard. Les citoyens et le Peuple ont tout compris et ne veulent plus se laisser faire, comme des moutons. A ma connaissance, personne n’a dit qu’un Guinéen ou une Guinéenne ne pouvait être candidat (e) ou élu (e) sur aucune parcelle de la terre guinéenne. Ce qui pose problème, c’est le contexte peu démocratique, peu républicain, peu transparent et peu citoyen dans lequel certaines élections se déroulent en Afrique et aussi chez nous. Travaillons donc à une meilleure qualité démocratique de nos consultations électorales et on verra que nous sommes tous d’accord sur l’essentiel. C’est ça la démocratie, échanger des idées dans le calme et la sérénité même si l’on n’est pas d’accord sur tous les points ou sur certains points. Le but est de rapprocher les points de vue contradictoires ou antagoniques et sortir au bout du tunnel avec quelque chose de positif et de constructif. Voilà ce qui a fait progresser et avancer les pays occidentaux.
  • Une association culturelle apolitique à Kindia (par et pour des enfants de Kindia et de la Guinée) :
En futur partenariat avec les pouvoirs publics et le secteur privé, notre initiative est de contribuer, autant que possible, en tant que force de proposition et d’action, et par des projets concrets et innovants, à la revitalisation de cette région bénie (développement des projets économiques), à la réhabilitation de son tissu social (dialogue intergénérationnel), à la restauration de son image de marque, et surtout à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes kindianais et ceux d’autres régions de Guinée. Apolitique et conçue pour être pérenne, cette initiative de quelques enfants de pays Kaninya est résolument associative, citoyenne, inclusive, car ouverte à toutes les composantes socioculturelles de notre grand Kaninya sans exclusion d’aucune personne ou association animée par l’esprit du développement de la région. Elle vise, entre autre objectifs généraux, à valoriser le patrimoine culturel et socio-économique local du terroir de cette région dans le cadre de son rayonnement naturel et de l’intérêt général de l’union sacrée et de la cohésion sociale de notre beau pays. Il s’agit d’un encrage identitaire culturel régional fort (à ne pas confondre avec l’esprit du régionalisme) tout en étant ouvert à d’autres identités et aires culturelles régionales de la Guinée. L’association entend s’adresser à toutes les bonnes volontés des natifs de Kaninya, mais aussi aux autres Guinéens pour participer à ce grand chantier du développement du Kaninya. Il s’agit d’un encrage identitaire culturel régional fort (à ne pas confondre avec l’esprit du régionalisme) tout en étant ouvert à d’autres identités et aires culturelles régionales de la Guinée. L’association entend s’adresser à toutes les bonnes volontés des natifs de Kaninya, mais aussi à celles de nos autres frères Guinéens pour participer à ce grand chantier du développement du Kaninya. Le nom provisoire proposé par certains jeunes est : Association-Solidatité-Action du Kaninya : Outil du développement et de l’Insertion des jeunes (ASAKOUI).
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▪ Kindia, ma ville natale,
▪ Kaninya, ma région d’accueil,
▪ La Guinée, mon pays d’origine, mon pays jusqu’à la fin des temps,
▪ L’Afrique, mon continent d’appartenance,
C’est ça notre identité (tout court). Que Dieu guide nos pas vers l’intelligence, la paix sociale et l’union sacrée de tous les enfants de Kindia. A bon entendeur, salut. Vive la Guinée, vive l’unité nationale.
Dr Diaby Bakeba, psycho-sociologue (Guinée-France).
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Quelques éléments bibliographiques : Djibril Tamsir Niane (Présence Africaine) – tradition orale (familiale) – chants des griots – recherches à caractère sociologique, linguistique, épigraphique et archéologique.

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