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Cellou Dalein Diallo : « L’échéance 2020 est une priorité absolue » (Par Alpha Sidoux Barry)

février 2nd, 2019 | par Leguepard.net
Cellou Dalein Diallo : « L’échéance 2020 est une priorité absolue » (Par Alpha Sidoux Barry)
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En ce début d’année nouvelle, Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne, a entrepris une tournée en Europe. Lors de l’étape parisienne, ce périple a été marqué par la tenue d’un grand meeting, le dimanche 27 janvier 2019, au Palais des congrès de Montreuil, à l’Est de Paris. La rencontre a été organisée par la Fédération France de l’UFDG, l’Union des forces démocratiques de Guinée, dirigée par Hadiatou Djinkan Diallo.
Les 1 000 places assises du hall principal on été prises d’assaut dès 13 heures. Cellou Dalein était accompagné d’une importante délégation de la direction nationale de l’UFDG conduite par Ibrahima Chérif Bah, vice-président chargé de la Communication et des Relations extérieures, ancien gouverneur de la BCRG, la Banque centrale de la République de Guinée.
Ayant répondu à l’invitation de Cellou Dalein, Marie Madeleine Dioubaté, seule femme candidate à l’élection présidentielle d’octobre 2015, a fait l’objet de mille et une attentions. Il en a été de même de Lansana Bangoura, représentant de l’UFR de Sidya Touré. Ainsi que des délégués des diverses organisations de la société civile, dont Le Réveil, l’une de ses plateformes.
La maîtresse de cérémonie, Djidja Baldé, secrétaire à la Communication de la section de Paris-Sud-Ouest, bien visible par sa haute taille et sa jolie frimousse, n’a pas ménagé ses efforts pour chauffer la salle, en attendant l’arrivée du maître de céans. Avec le soutien d’un DJ de choc faisant appel aux plus grands standards de la musique guinéenne. Pendant ce temps, la projection de clips et de flyers fustigeait la dictature du « jaune », symbole du RPG-Arc-en-ciel, la mouvance présidentielle, contre la démocratie du « vert », emblème de l’UFDG.
L’artiste Kadidiatou Lélouma, venue de Bruxelles, a égayé la salle avec l’un de ses tubes « Ko Cellou laamoto » (C’est Cellou qui va être au pouvoir), sous les applaudissements nourris de la salle.
El Hadj Abdoulaye Kindia, responsable du Centre culturel d’Argenteuil et président de l’ARSGF, l’Association des ressortissants et sympathisants guinéens de France, a été le premier à prendre la parole avant l’arrivée de Cellou Dalein. Il a souligné le fait que, pendant 60 ans, le peuple de Guinée a subi et continue de subir la tyrannie et l’arbitraire des dictatures qui se succèdent dans notre pays. Il a poursuivi en disant que « si l’on ne t’aime pas, aime-toi toi-même », allusion aux discriminations pratiquées par le pouvoir Alpha Condé. « Soyons parmi ceux qui partagent, soyons ceux qui vont délivrer le peuple de la tyrannie », a-t-il conclu.
Suit alors un moment de détente avec la fameuse musique de Doura Barry : « Cellou laamikè » (Cellou arrive au pouvoir). Un jeune rappeur enchaîne : « On est avec Cellou jusqu’à ce que l’âne boive du café… On est avec Cellou jusqu’à ce que le chat se lave la figure », pour dire la fidélité illimitée des militants au leader.
A 15h50, Cellou Dalein Diallo fait son apparition à l’entrée de la salle, entouré de l’imposant aréopage qui l’accompagne, sous les vivats d’une foule enthousiaste. Dix minutes plus tard, Hadiatou Djinkan Diallo, présidente de la Fédération France de l’UFDG, prend la parole. Elle présente les membres du Bureau exécutif, explique que la fédération regroupe 14 sections, dont 3 dans la région parisienne. Le parti comprend 10 fédérations en Europe, dont 3 ont envoyé des délégués à ce meeting. C’est l’Italie qui assure à l’heure actuelle la présidence tournante de la Coordination des fédérations. L’intervention de Hadiatou Djinkan dure un quart d’heure.
Puis vient le tour de Marie Madeleine Dioubaté. Elle monte sur la scène, sous les ovations du public. Devant une assistance à la fois surprise et subjuguée, c’est un cerveau politique de premier ordre qui va s’affirmer. Elle approuve la démarche de Cellou Dalein de vouloir rassembler cette opposition dispersée, indécise, handicapée par l’ego surdimensionné de ses leaders. Elle exige du pouvoir le respect du calendrier électoral, lance un appel patriotique et solennel pour une véritable alternance.
S’agissant de la fin de la législature actuelle et de la prorogation arbitraire du mandat des députés par un oukase d’Alpha Condé, Marie Madeleine Dioubaté préconise la politique de la chaise vide au sein de l’Assemblée nationale. Elle en appelle à un fervent patriotisme.
« Les députés qui continueront à siéger auront choisi leur salaire et leurs intérêts personnels contre les intérêts de la nation », assène-t-elle. Ils contribueront ainsi à un affaiblissement de nos institutions. Et de donner une définition originale de la nation : « c’est la complémentarité et non l’identité ethnique ». « Un dénominateur commun rassemble les Guinéens : la misère que partage toute la population », affirme-t-elle.
Marie Madeleine Dioubaté préconise une commémoration annuelle de tous les massacres perpétrés dans notre pays depuis 60 ans. Elle appelle tous les Guinéens à stopper le projet de présidence à vie, à arrêter le pillage de nos ressources par une minorité de prébendiers, à professer une philosophie commune et à transformer notre pays en une nation une et indivisible. Un tonnerre d’applaudissements accueille la péroraison de Marie Madeleine Dioubaté que Cellou Dalein raccompagne sous les acclamations de l’assistance.
La chanson de Doura Barry « Cellou laamikè » retentit de nouveau. Arrive le moment tant attendu, la prise de parole du président de l’UFDG. Il est 16h30.
Les élections locales sont loin d’être terminées, annonce-t-il. Lors de ce scrutin du 4 février 2018, arraché de haute lutte au pouvoir Alpha Condé, l’UFDG a présenté des candidats dans 327 communes sur 342. Elle a obtenu des conseillers dans chacune d’elles. Au total, elle a remporté 20 communes sur 38, selon les résultats des urnes. Mais, ordre a été donné de modifier ceux-ci. Le pouvoir ne décide de mettre en place les conseils municipaux que lorsque le RPG, le parti présidentiel, a fini de retourner les conseillers de l’opposition ou les indépendants par la corruption.
Lors des accords d’octobre 2016, le gouvernement s’est engagé à mettre en place une nouvelle CENI (Commission électorale nationale indépendante), à procéder aux élections locales en février 2017, à assainir le fichier électoral… Alpha Condé a gelé toutes ces décisions, de même que la mise en place de la Haute cour de justice, qui devait être installée quatre mois après les législatives de septembre 2013. Il faut rappeler qu’il a fallu 57 morts pour obtenir la tenue de ces législatives. A ce jour, on dénombre 103 morts par balles des forces de l’ordre depuis l’accession au pouvoir d’Alpha Condé en décembre 2010.
Le président de l’UFDG affirme qu’Alpha Condé va utiliser tous les moyens pour obtenir un 3ème mandat. Ne pouvant pas modifier la Constitution, il en a préparé une nouvelle, dont les Guinéens ne veulent pas.
Une forte coalition des partis de l’opposition, des syndicats de travailleurs et des organisations de la société civile est en train de se mettre en place pour empêcher résolument cette nouvelle Constitution.
Cellou Dalein appelle tous les Guinéens, au-delà des clivages ethniques, à se retrouver pour mettre un terme à la dictature d’Alpha Condé.
Au terme de l’intervention liminaire du président de l’UFDG, il est 17 heures. Place au marathon des questions-réponses. Au milieu des échanges, un bref intermède musical interviendra avec le reggaeman Man Under, venu de province.
Nous allons regrouper tous ces échanges sous un certain nombre de rubriques.
La réconciliation nationale :
La réconciliation est une priorité pour l’UFDG, assure Cellou Dalein. S’il arrive au pouvoir, la première mesure qu’il aura à prendre, c’est la mise en application des recommandations de la Commission provisoire sur la réconciliation nationale (CPRN), mise en place en 2011, et qui a présenté ses premières conclusions en juin 2016, recommandations remisées au fond d’un tiroir depuis lors. La CPRN, coprésidée par les deux premiers chefs religieux du pays, a proposé la mise en place d’une Commission Vérité, Justice et Réconciliation en Guinée.
Il faudra, en tout premier lieu, mettre fin définitivement aux violations des droits de l’homme et veiller à ce qu’elles ne se reproduisent plus jamais dans notre pays. Il faut ensuite mettre en place l’Etat de droit caractérisé par cette formule : Leydi ka mo bonna houla, c’est-à-dire « Un pays où celui qui n’enfreint pas la loi ne risque rien ».
L’Etat de droit, c’est aussi moins de misère, moins de pauvreté et l’égalité des chances.
Interdiction d’une manifestation publique par un maire UFDG à Conakry :
Il faut rappeler que le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation (MATD) a pris un arrêté interdisant toute manifestation publique jusqu’à nouvel ordre. Cette décision est illégale. Mais le maire est sous la tutelle de ce ministre. S’il va à l’encontre de cette décision, bien que celle-ci soit illégale, le ministre peut dissoudre le conseil communal et installer une délégation spéciale – nous vivons dans un pays où la Constitution et les lois sont constamment violées.
Respect des échéances électorales sous l’égide de la communauté internationale :
En Guinée, la communauté internationale n’a jamais pu assurer le respect des échéances électorales.
Rappelons que les accords du 3 juillet 2013, du 20 août 2015 et du 12 octobre 2016 ont tous été signés par Saïd Djinnit, représentant de l’Union africaine, par l’ambassadeur américain Laskaris, par l’ambassadeur français Cochery, par le représentant du Pnud, qui coiffe dans chaque pays tout le système des Nations unies et par le représentant de l’Union européenne. Cela n’a pas empêché Alpha Condé de violer tous ces accords. Ces personnalités ne peuvent pas exercer des pressions efficaces. La communauté internationale ne viendra pas à notre secours.
Le retour de Bah Oury au sein de l’UFDG :
A cette éventualité, Cellou Dalein Diallo oppose un « non » ferme et catégorique. Pour signifier que la décision est sans appel, le président de l’UFDG n’ajoute aucun commentaire à cette réponse définitive.
La décision de siéger ou non après la péremption du mandat des députés :
La prochaine session de l’Assemblée nationale est en avril 2019. D’ici là, la direction nationale de l’UFDG va peser le pour et le contre, interroger la base, procéder à une large concertation avant de prendre la décision de siéger ou non.
C’est une décision difficile. Si le parti refuse de siéger, le pouvoir Alpha Condé aura les mains libres de faire ce qu’il veut. S’il accepte de siéger, il cautionne l’illégalité, surtout si l’UFR de Sidya Touré adopte la politique de la chaise vide recommandée par Marie Madeleine Dioubaté. Des deux côtés, le mal est infini.
En prêtant serment devant une Cour constitutionnelle invalide, les membres de la CENI représentant l’opposition la légitime :
Il est facile de boycotter. Mais cela comporte beaucoup d’inconvénients. Alpha Condé a restauré le régime du parti-Etat. Il souhaite l’absence de l’opposition à la CENI, pour y manœuvrer comme il l’entend. Il ne faut pas lui donner cette facilité.
Les dispositions pour gagner l’élection présidentielle de 2020 :
L’UFDG a élaboré une stratégie pour sécuriser le scrutin qu’elle n’entend pas dévoiler ici. Il faut inventorier tous les risques et toutes les modalités de fraude afin de mettre en œuvre tout ce qu’il faut pour les contrecarrer.
L’opposition doit être présente à tous les bureaux de vote, se procurer une copie des PV, participer activement au dépouillement, déployer une grande vigilance tout au long du scrutin. L’échéance 2020 est un objectif primordial pour l’UFDG. Et elle va s’employer pour l’emporter.
La situation socio-économique actuelle :
Actuellement, 50 millions de tonnes de bauxite sont exportées par an sans laisser aucune trace dans le pays. Rien n’est fait pour passer, ne serait-ce qu’à la première étape de la transformation sur place de nos matières premières. Aucune retombée sur le niveau de vie de la population.
Une enquête de la Banque mondiale a montré qu’en 2014 et 2015, 91% des marchés publics ont été réalisés de gré à gré, c’est-à-dire par entente directe. Ces marchés sont octroyés aux copains et coquins pour alimenter les caisses du parti au pouvoir, le RPG.
Les détournements de fonds publics atteignent des proportions effroyables. Ceux qui nous gouvernent ne pensent qu’à eux-mêmes et ne se préoccupent pas du sort des Guinéens.
La lutte contre la corruption :
La mauvaise gouvernance, la corruption, le pillage des deniers publics, tous les maux dont souffre notre pays viennent de l’administration. A observer la situation socio-économique catastrophique actuelle, on est tenté de se dire qu’il est impossible d’en sortir. Or, il y a une solution.
Tout dépend de la tête, c’est-à-dire du chef de l’Etat. S’il donne l’exemple par une conduite irréprochable, s’il ne vole pas et s’il sanctionne impitoyablement les voleurs, alors tout va se régler. Redressez l’administration, mettez-la au service du citoyen et tout ira parfaitement.
La lutte contre le chômage des jeunes :
L’éducation doit être placée en haut des priorités. Il faut un enseignement de qualité : niveau des maîtres, les équipements, le contrôle et les sanctions, le code de conduite des enseignants, l’amélioration de leur formation. L’avenir de la Guinée, c’est l’éducation.
Il faut élaborer de bons projets pour donner de l’emploi aux jeunes : établir un bon business plan, un compte d’exploitation prévisionnel adéquat, trouver un investissement adapté… Il faut améliorer l’environnement des affaires, préserver le droit des affaires pour rassurer les investisseurs étrangers, assurer une formation compatible avec le marché du travail.
Nous avons d’énormes défis en Guinée. Certains villages vont disparaître du fait de l’exode rural. Il faut créer des activités génératrices de revenus à l’échelle locale pour retenir les jeunes et les empêcher de partir.
Il y a lieu d’industrialiser le pays et d’investir pour accroître la productivité. Le développement, c’est dans le détail.
Cellou Dalein Diallo conclut la conférence par une grande envolée oratoire : « Notre ambition, c’est de conquérir le pouvoir pour que tous les Guinéens, quels que soient leur parti politique, leur communauté d’origine, tant qu’ils sont en accord avec la loi, voient leur dignité et leur sécurité assurées. Soyons mobilisés pour y parvenir. »
Alpha Sidoux Barry
Président de Conseil & Communication International (C&CI)

 

3 Comments

  1. SY SAVANÉ says:

    « …. Il en a été de même de Lansana Bangoura, représentant de l’UFR de Sidya Touré. »

    Le communiqué mis en ligne par mon frère Alpha Sidoux BARRY comporte une ERREUR peut-être involontaire.

    Un certain Lansana BANGOURA présent au meeting de Monsieur Cellou Dalein DIALLO à PARIS, le 27 Janvier dernier, n’ y représentait en aucun cas l’U.F.R. Monsieur BANGOURA était présent à ce meeting à titre strictement personnel.

    Seul le Secrétaire fédéral de l’U.F.R, Ibrahima Sory MAKANERA peut représenter ou désigner le représentant de notre parti à un meeting. Ce Lansana BANGOURA parle en son nom personnel. Mons frère Alpha Sidoux BARRY a donc été trompé par Monsieur BANGOURA, ainsi que d’ailleurs les responsables de l’U.F.D.G. à PARIS.

    Je pense pouvoir dire ici que dans pas longtemps,un communiqué officiel de la Fédération U.F.R. de France en informera nos amis de l’U.F.D.G.

    MMamadou Billo SY SAVANÉ

  2. Alpha Sidoux Barry says:

    Mon frère Mamadou Billo Sy Savané a fait la mise au point qui s’imposait. Dont acte.

  3. I. Mb. SOW says:

    Mon frère Sidoux,
    L’échéance 2020 est certes un objectif primordial pour l’UFDG, mais les législatives de 2019 doivent également l’être.
    Sauf que c’est un mauvais service que l’on rend à l’emblématique leader de ce parti et chef de file de l’opposition guinéenne en ne lui disant pas qu’avec sa stratégie de leadership actuelle, ce sera du pain béni pour AC ou le candidat que celui-ci investirait le cas échéant pour empêcher CDD d’accéder au pouvoir en 2020.
    Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvaise augure, mais les insuffisances ou faiblesses du leadership du principal opposant au pouvoir RPGiste d’AC risquent fort de demeurer nombreuses jusqu’à la prochaine présidentielle.
    A mon humble avis, CDD et son parti ont avant tout un problème de communication politique efficace à résoudre: la sienne en personne, et celle du parti qui doit être entièrement repensée et structurée pour pouvoir ratisser large et plus efficacement.
    Je note également une faiblesse de vision politique ou de lecture voire de prise en compte des évènements, qui est probablement due à un déficit de conseils adaptés.
    Enfin, sans vouloir reprocher à CDD de trop afficher son pacifisme et sa foi profonde pour en la légalité républicaine, on ne peut s’empêcher de lui rappeler que c’est bien en Guinée qu’il est en train de compétir non plus pour faire partie d’un pouvoir comme jadis, mais pour mettre fin à un tabou quasi politico-culturel: diriger le pays. Il lui faut donc concilier les impératifs d’un lobbying médiatique et intellectuel qui soit dynamique et engagé notamment sur les places qui comptent à l’étranger, avec ceux du pari de la ferveur populaire qu’il peut susciter tant à l’intérieur de la Guinée qu’à l’extérieur. Sauf que l’Etat guinéen et toutes ses institutions sont sous contrôle absolu de son principal adversaire politique, qui n’a rien d’un démocrate et peut-être même d’un authentique patriote guinéen, tout court.
    Et comme le dit le vieil adage peul, « Barrè towâ-ndou haï wotti, nghatatâ » (un chien porté ne fait pas peur!)
    CDD ou n’importe quel autre postulant (peul) ne pourrait s’imposer politiquement en Guinée, qu’en évitant avant tout de donner plus l’impression de s’abriter derrière d’autres compatriotes, pour s’affirmer en tant que Guinéen à part entière.
    Et si l’on pouvait suggérer un modèle politique à CDD, ce ne serait sans doute pas le Mahatma Gandhi ni Nelson Mandela, mais plus proche de lui, le président Paul Kagamé du Rwanda émergent… Merci pour ce captivant récit !

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