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Sidya, Damaro, Alpha Condé, CENI, Kaporo-rails… Grand déballage de Fodé Mohamed Soumah GECI(Interview)

mars 28th, 2019 | par Leguepard.net
Sidya, Damaro, Alpha Condé, CENI, Kaporo-rails… Grand déballage de Fodé Mohamed Soumah GECI(Interview)
Interview
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Dans cette interview exclusive avec notre rédaction, Fodé Mohamed Soumah fait le tour des sujets qui font l’actualité socio-politique de la Guinée. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le président du parti GECI est resté fidèle à son franc-parler et à son ton critique.
Interview !
Guinee114.com: le Chef de l’Etat vient d’inviter ses militants à se préparer à l’affrontement tout en déclarant que personne ne peut l’empêcher de demander au peuple ce qu’il veut. Qu’en dites-vous ?
Fodé Mohamed Soumah: Trêve de diversion politicienne et d’une opposition crypto personnelle. Désormais, les populations ont mis le curseur sur le quotidien du Guinéen qui se traduit par une paupérisation généralisée et toutes nos tares congénitales. Les manipulateurs portent des œillères et braquent les projecteurs sur le débat clivant ou un futur improbable.
En l’absence de la Haute Cour de justice, et face à des thuriféraires qui lèvent peu à peu le pied, le Chef de l’Etat est obligé de s’exposer. Il y a beaucoup de non-dits dans son discours. Mais en lisant entre les lignes, je préfère me focaliser sur « la consultation du peuple », plutôt que les autres termes qu’un Président ne devrait pas prononcer.
J’estime que le timing de sa déclaration attendue pèse lourd dans sa communication. Comme disent les Ivoiriens, c’est là-bas que le peuple l’attend ! Et il le sait. Pour le reste, le son et les images de tous les activistes de l’ombre sont consignés. L’heure de vérité sonnera.
La CENI a exprimé la semaine passée son intention d’organiser des législatives avant fin 2019, comme vous l’avez toujours souhaité et défendu. Mais est-ce qu’on peut aller à ces élections sans toiletter le fichier ?
En date du 1er mars, la GéCi a adressé un courrier au président de la CENI réclamant la tenue des élections durant le 1er semestre 2019, avec une proposition concrète quant à la révision du fichier contesté de plus d’un million 500 mille électeurs en trop.
Ce problème pouvait être réglé en 3 étapes et avant la saison pluvieuse : demander aux électeurs de se présenter devant les démembrements de la CENI, écraser les données résiduelles, et permettre aux citoyens en âge de voter de se faire enrôler.
C’est la procédure la plus transparente et la moins onéreuse.
Mais au lieu de convoquer tous les Partis politiques au Palais du peuple qui est l’endroit le mieux indiqué, elle a entamé sa gestion dans le désordre et le gaspillage pour rencontrer les 3 coalitions de l’opposition et la Mouvance successivement, dans un hôtel de la place.
Nous entendons saisir la Cour Constitutionnelle, car la classe politique guinéenne ne se limite pas à des regroupements, et tout retard (déjà programmé ?) pourrait impacter la tenue de la Présidentielle à date.
Le doute est déjà permis, après un discours creux et la possibilité d’organiser les Législatives avant la fin de l’année au conditionnel, en lieu et place d’un chronogramme à amender avant validation. Tous les Partis politiques sont concernés.
Dans quelques jours, c’est la rentrée parlementaire, les députés de l’UFDG n’ont toujours pas une position claire? Que leur diriez-vous ?
Il n’y a pas que les députés de l’UFDG il me semble ! L’UFR dispose d’un groupe parlementaire également.
En tout cas, sur mandat du BEN de la GéCi, j’ai rencontré de nombreux leaders politiques de passage à Paris, et depuis mon arrivée à Conakry.
De plus, nous avions envoyé des observateurs à toutes les plénières des différentes coalitions, avec le message de se retirer du vote de la loi des finances 2019 et de toutes les institutions depuis l’année dernière.
Ce blocage qui n’a rien à voir avec « la nature a peur du vide », aurait pu obliger le pouvoir à organiser les élections avant la rentrée parlementaire du 5 avril 2019.
La GéCi a remis une couche depuis le décret de prorogation du mandat de députés, en leur demandant de ne pas siéger. Ainsi, nous aurions pu empêcher ceux de la Mouvance de siéger d’une part, et ne pas cautionner le glissement tant espéré par l’Exécutif, d’autre part.
Enfin, nous avons réitéré la même volonté pour ce qui est des Communales, car nous savions qu’il serait difficile, voire impossible, de nommer des personnes qui auraient du être élus.
Pour l’heure, bien que notre coalition soit avec le peuple, nous ne ferons rien pour affaiblir l’opposition, car l’adversaire c’est le pouvoir. J’ose espérer qu’ils entendront raison.
L’UFR est engluée dans des problèmes internes avec Baïdy Aribot et avec le pouvoir. Après la sortie médiatique de Damaro. Quelle est votre lecture ?
Je n’ai pas pour habitude de me mêler des problèmes des autres partis politiques, mais je suis très proche de mon grand frère Sidya.
Je dirais tout d’abord à Baïdy qui doit tout à l’UFR, de ne pas cracher dans la soupe, si c’est lui qui est derrière les événements survenus au siège. J’estime que des militants auraient été dans l’enceinte pour apporter la contradiction. A lui de condamner ces agissements ainsi que les agités de la Toile, pour taire les spéculations.
Quant à Damaro qui semble oublier qu’il est le président d’un groupe parlementaire, je lui dirais de mettre de l’eau dans son vin. Il parle trop. Il fait des déclarations intempestives qui pourraient se retourner contre lui. La 3ème force politique, même loin derrière la seconde, restera toujours à la troisième place. Le Président Sidya n’a pas besoin d’être défendu, car son parcours politique, professionnel, d’entrepreneur… Et de Premier ministre plaident pour lui.
J’en viens au drame de Kaporo-rails. Je vous ai suivi dans les médias. Que pouvez-vous ajouter ?
Plus qu’un drame, c’est un désastre. C’est une violation des droits humains. Aucune urgence ne valait cette mesure expresse et ce traumatisme palpable. Non seulement l’Etat y dispose d’espaces vierges depuis plus de 20 ans, mais des préalables et des solutions étaient à sa portée. Non seulement il a le devoir de protéger ses populations, mais ses droits n’ont jamais été menacés dans cet espace.
Le mal est fait. Des Guinéens ont causé du tort à d’autres Guinéens. Des Guinéens sont devenus des réfugiés chez eux. Certains ont tout perdu après des décennies de dur labeur. D’autres n’ont plus la force ni les moyens de se reconstruire. De nombreux jeunes sont livrés à eux-mêmes, et dans la rue. C’est une situation que nous aurions pu éviter.
Aujourd’hui et plus que jamais, il est de la responsabilité de l’Etat de réparer sa forfaiture.
Je salue l’élan de solidarité depuis le 1er jour, car c’est tout ce qui reste de notre devise, après que le travail et la justice ne soient plus qu’un lointain souvenir.
Votre mot de la fin
REPONSE : Comme du temps des forces vives, c’est ensemble que nous pourrons cimenter les droits acquis, braver l’interdiction de manifester… Et consolider la démocratie en Guinée.
A défaut de cette union sacrée salvatrice, nous prônerons la désobéissance civile au niveau de toutes les sphères étatiques, avec le soutien du peuple.
Enfin, je ne peux terminer sans revenir sur les événements dramatiques survenus au Mali, avec le bilan macabre de 160 victimes.
Il est de la responsabilité des Chefs d’Etats de la sous région de rétablir la cohésion sociale, et d’éviter les conflits ethniques et religieux, si nous ne voulons pas pactiser avec le diable en Afrique de l’Ouest, qui est relativement épargnée sur le continent.
Aujourd’hui, je suis Ogossagou-Peul¤djoulain ein fow.
Interview réalisée par Thierno Amadou M’Bonet Camara (Rescapé N04)

One Comment

  1. Sekhouna Sylla says:

    Bien dit et Bravo Fodé Mohamed. Wontanara !

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