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Mémorandum : Prévenir un génocide peul en Guinée (LA COMMISSION CENTRALE DE POTTAL-FII-BHANTAL FOUTA-DJALLON)

février 28th, 2020 | par Leguepard.net
Mémorandum : Prévenir un génocide peul en Guinée (LA COMMISSION CENTRALE DE POTTAL-FII-BHANTAL FOUTA-DJALLON)
Communiqué
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Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon note qu’à quelques exceptions près – dont celle du président du Mali – la grande majorité des chefs d’État africains et des puissances occidentales sont opposés au coup d’état constitutionnel de Mr. Alpha Condé. La proposition d’une nouvelle constitution, à moins d’un an des élections présidentielles, n’est rien d’autre qu’un coup d’État qui permettra à M. Alpha Condé d’éliminer la limitation de deux mandats et de se porter candidat à la présidence.
Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon note également que, bien que la grande majorité des Guinéens soit unis dans leur refus de la violation des dispositions constitutionnelles de notre pays, la répression du gouvernement de M. Alpha Condé est exclusivement dirigée contre les Peuls.
C’est un fait établi que depuis son accession à la présidence, Alpha Condé prépare ce coup d’État pour se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat légal. Il convient de rappeler qu’il y a plus de sept ans, en mars 2012, Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon avait écrit au gouvernement angolais pour l’avertir du recrutement de milices par Alpha Condé, sur des bases purement ethniques et de leur formation dans leur pays. Aujourd’hui, M. Alpha Condé s’appuie pour son coup d’État sur ces milices. Cachées dans les forces de sécurité, elles ont un sinistre plan de génocide des Peuls.
Le terrain a été bien préparé par M. Alpha Condé.
• M. Alpha Condé a délibérément maintenu un climat de mépris des citoyens peuls dans l’appareil de l’État. En conséquence, les Peuls sont exposés à toutes les formes de ségrégation et de spoliations économiques de la part des fonctionnaires. Outre les assassinats ciblés, les milices de M. Condé ont été conditionnées pour commettre des actes outrageux contre les Peuls, destinés à les dépouiller de leur dignité humaine : uriner dans la cuisine des femmes, insulter, violer des jeunes filles, attaquer des chefs religieux, détruire des maisons, vandaliser et incendier des boutiques etc. Le gouvernement reste éloquemment silencieux sur tous ces crimes. En dix ans de règne, sur des milliers de comportements criminels et provocateurs envers les peuls, il n’y a eu qu’une légère condamnation d’un officier.
• Les membres du gouvernement guinéen sont engagés dans une campagne éhontée pour donner du crédit à une thèse de groupes occultes de la communauté peule qui seraient responsables des assassinats. Ils poussent l’ignominie et l’irresponsabilité au point de demander publiquement des prières religieuses pour appréhender les coupables.
• A l’amalgame du gouvernement et ses confusions savantes, s’ajoutent les menaces d’extermination des Peuls par les milices de Mr. Alpha Condé. Sur les réseaux sociaux, ils traitent les citoyens peuls de Guinée d’étrangers ou d’envahisseurs. Aucune de ces déclarations n’a fait l’objet d’une condamnation par le gouvernement. Cependant, le même gouvernement ne manque aucune occasion de rapporter cyniquement toute confrontation politique dans les régions peules de Guinée ou dans les quartiers à majorité peule de la capitale.
• Mr. Alpha Condé a entretenu une conspiration sur un front d’union fictive de tous les groupes ethniques guinéens contre les Peuls. Alpha Condé a utilisé tous les moyens de corruption pour faire taire de nombreux Guinéens sur ses crimes contre le plus grand groupe ethnique du pays.
• À l’étranger, avec l’aide de journalistes sous ses ordres, Mr. Alpha Condé a tenté de discréditer les Peuls auprès des puissances occidentales en cherchant à les lier à des groupes djihadistes en Afrique de l’Ouest.
En somme, Alpha Condé a été constant dans sa guerre larvée contre les Peuls de Guinée. Aucun doute n’est permis sur sa conduite et sa volonté criminelle de faire des Peuls de Guinée des citoyens de second rang qui peuvent être maltraités sans conséquences. Il a clairement créé un climat propice au génocide en Guinée.
Le groupe des Nations Unies chargé de prévenir le génocide dans le monde a présenté, dans son document intitulé « CADRE D’ANALYSE DES ATROCITÉS CRIMINELLES – OUTIL DE PRÉVENTION », quatorze facteurs de risque à prendre en compte dans la prévention du génocide. Il n’est pas nécessaire de combiner tous ces facteurs dans un pays pour envisager la possibilité d’un génocide. Ces facteurs de risque, avec leurs indicateurs, sont divisés en facteurs de risque communs et facteurs de risque spécifiques. Ces facteurs sont listés ci-dessous avec chacun, une description succincte de leur pertinence à la situation actuelle de la Guinée.
Facteurs de risque communs:
1. Situations de conflit armé ou autres formes d’instabilité : l’instabilité politique en Guinée a été permanente. Elle a été de tout temps délibérément entretenue par la répression de l’opposition, des complots fictifs et la division ethnique.
2. Antécédents de violations graves du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire : la répression et la culture de la violence d’état sont bien établies en Guinée avec deux caractéristiques spécifiques : le ciblage de la communauté peule et la totale impunité des criminels de l’état. Les assassinats, les viols publics, les arrestations arbitraires, le racket et les destructions des habitats peuls sont banalisés dans le pays. Exemples : crimes du 28 Septembre 2009, de Mali Yembering, démolition de Kaporo Rails, Kipé2 etc.
3. Faiblesse des structures étatique : L’administration guinéenne ne pourvoie aucun service public. La justice est une parodie gangrénée par la corruption. La santé et les écoles publiques sont en ruine. L’état n’existe que par le recours à l’arbitraire, aux abus des pouvoirs à tous les échelons et le viol systématique des lois. L’administration est dysfonctionnelle dans tous les secteurs. Elle n’est qu’une machine de corruption rampante, d’impunité des criminels, de répression de toute veillée de révolte dans un fond de division tribale artificiellement entretenue.
4. Motivations ou incitations : Pour masquer ses faillites économiques, le gouvernement met à l’index la communauté peule dans sa totalité. Pour perpétuer le règne au-delàs des dispositions légales, il réprime violemment les citoyens peuls. En plus, il crée et entretient un climat de haine envers les peuls.
5. Capacité de commettre des atrocités criminelles : Les enquêteurs internationaux (de l’ONU et de Human Right Watch) sur les crimes contre l’humanité ont établi sans le moindre doute la cruauté notoire des forces de sécurités guinéennes contre les populations, en particulier les peuls.
6. Absence de facteurs atténuants : Du fait du passé répressif des régimes successifs, les citoyens guinéens ont supporté des abus extraordinaires. Rien ne justifie les crimes de l’état, à part la volonté de maintenir leurs illégitimes privilèges. Le gouvernement en particulier de Mr. Alpha Condé a délibérément ruiné l’appareil judiciaire, et a encouragé l’impunité de criminels notoire.
7. Circonstances propices ou action préparatoire : Comme indiqué ci-dessus, les forces de sécurité sont gangrenées par des milices ethniques créées par M. Alpha Condé. Ces milices sont responsables des assassinats ciblés.
8. Facteurs déclencheurs : Le front uni des populations contre le régime de Mr. Alpha Condé fait que les facteurs déclencheurs sont absents pour le moment.
Facteurs de risque spécifiques,
9. Tensions entre groupes ou pratiques discriminatoires à l’encontre de groupes protégés : Les régimes politiques successifs ont systématiquement pratiqué une discrimination ethnique en Guinée. En particulier contre les Peuls. M. Alpha Condé a porté cette discrimination bien ancrée à un nouveau sommet, comparable uniquement à la guerre ouverte que Sékou Touré a déclarée contre les Peuls, en 1976.10. Signes d’une intention de détruire physiquement, ou tout ou en partie, un groupe protégé : les destructions d’habitat, les assassinats ciblés et la cruauté discriminatoire des forces de sécurité envers les peuls sont bien documentés par des enquêtes indépendantes dont celles de l’ONU.
11. Signes d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile : voir le facteur numéro 10, ci-dessus.
12. Signes d’un plan ou d’une politique pour attaquer une population civile : les milices de Mr. Alpha Condé et des cadres proches de lui lancent en permanence des attaques contre les peuls. Exemple of Mr. Damaro, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle
13. Menaces graves à l’encontre de personnes protégées par le droit international humanitaire : voir facteurs numéros 10 et 12
14. Menaces graves contre les opérations humanitaires ou de maintien de la paix. Ce facteur n’est pas présent en Guinée actuellement.
Une évaluation de ces facteurs montre que, seuls les Facteurs déclencheurs et les Menaces graves contre les opérations humanitaires ou de maintien de la paix sont encore absents de la Guinée. En conséquence, Pottal-Fii-Bhantal lance un appel à toutes les organisations concernées par la démocratie et la justice pour la création d’une coalition de prévention du génocide en Guinée.
Cet appel est d’autant plus pressant que la Guinée entre dans une campagne électorale qui fait partie du plan de coup d’État constitutionnel de M. Alpha Condé. Même sans la participation de l’opposition, il y a fort à parier qu’il lâchera les forces de sécurité sur les populations peules.
Il est impératif que les organes des Nations Unies mettent en place un programme de surveillance et d’alerte sur le terrain, comme le permet le mandat des Nations Unies. Pour rappel, en juillet 2014, le Secrétaire général de l’ONU a réitéré l’engagement de la communauté internationale à soutenir chaque État dans la prévention des génocides. Mais, au cas où les « états échoueraient manifestement dans cette mission, à mener une action collective de manière rapide et décisive, conformément à la Charte des Nations Unies. »
Dans le même document de l’ONU, il est spécifié qu’il y a une responsabilité légale de prévenir les atrocités criminelles. Ces « responsabilités qui incombent aux États, en vertu des traités ratifiés ou du droit coutumier, impliquent l’obligation non seulement de réprimer mais aussi de prévenir les atrocités criminelles. Dans certains cas, comme celui du crime de génocide, l’obligation de prévenir édictée par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (article premier) a acquis valeur de règle de droit international coutumier, c’est-à-dire qu’elle lie tous les États, qu’ils aient ratifié ou non la Convention. »
Ces textes juridiques habilitent la coalition à saisir les organisations africaines et régionales ainsi que celles des Nations Unies pour faire appel à leur obligation d’agir, face aux risques de génocide peul en Guinée.
Parallèlement à cette procédure, nous faisons appel au sens civique des Guinéens pour identifier et dénoncer les assassins des milices d’Alpha Condé ainsi que les propagandistes de la haine ethnique.
Enfin, l’histoire des génocides montre qu’il est risqué pour une communauté menacée de s’appuyer exclusivement sur les réactions et interventions internationales. Nous demandons donc aux citoyens peuls de Guinée de prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver leur intégrité physique et protéger leurs biens. Sans renoncer à leur noble combat, les Peuls de la Guinée doivent s’exposer le moins possible aux assassins de M. Alpha Condé. Aussi, il est impératif qu’ils s’organisent en groupes d’auto-défense contre la descente fréquente des milices dans leurs quartiers et leurs habitations.
Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon reste disponible pour assister les victimes et leurs familles dans les démarches à entreprendre pour obtenir justice. Nous rendons hommage à tous les militants guinéens tombés dans la longue lutte pour la démocratie et contre les démons de la division dans notre pays.
LA COMMISSION CENTRALE DE POTTAL-FII-BHANTAL FOUTA-DJALLON.
New York, le 23 Janvier 2020

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