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GUINEE / Procureurs et juges-militants du CNRD : mes réflexions (Mamadou Billo SY SAVANÉ)

juillet 22nd, 2022 | par Leguepard.net
GUINEE / Procureurs et juges-militants du CNRD : mes réflexions (Mamadou Billo SY SAVANÉ)
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 Les autorités de fait de Conakry sont de plus en plus en difficulté, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur.  La violence brute directe militarisée infligée aux populations ne suffit plus à endiguer l’opposition résolue du pays à un pouvoir ILLÉGAL et ILLÉGITIME, de surcroît incompétent.  De ce fait, le recours massif aux services de quelques juges et procureurs du genre d’un certain Sidy Souleymane N’DIAYE pour Monsieur Alpha CONDÉ, est devenu fréquent.  Ils sont chargés, peut-être à leur demande, de CRIMINALISER la moindre opposition politique aux faits et gestes illégaux du CNRD et de Mamady DOUMBOUYA. La judiciarisation outrancière des questions politiques par quelques procureurs dont la probité professionnelle est questionnable, pose un problème civique et civil.

Le ministre de la Justice, garde des sceaux actuels, est d’abord été hâtivement promu Procureur général par le pouvoir militaire illégitime, dépourvu de la moindre LÉGALITÉ, pour ensuite occuper sa fonction actuelle.  Ces promotions rapides successives au profit de la même personne sont tout à fait inhabituelles. On peut donc penser, qu’au titre d’un retour d’ascenseur, l’ancien procureur, mais tout récent garde des sceaux fait planer sur la vie politique de notre pays, un certain terrorisme judiciaire.  Ainsi, le terrorisme militarisé du CNDR a tout loisir de s’abriter derrière une ou des décisions de « justice », toujours contre ceux qui sont hostiles aux autorités de fait.
A part cette judiciarisation inexplicable de la lutte politique à laquelle se livrent   quelques procureurs-militants, il n’est pas irrespectueux de s’interroger sur le niveau de formation de certains d’entre eux. Questionner leur probité professionnelle, ne relève pas non plus d’un procès d’intention. En effet ces « procureurs-miliciens », confondent la puissance symbolique de la fonction de procureur, et leur désir personnel privé d’être eux-mêmes une PUISSANCE. Dit simplement, il y a une confusion entre la FONCTION et la personne individuelle à laquelle la fonction est confiée. En cela, certains sont mus par la recherche de la CÉLÉBRITÉ comme le ferait une starlette de télé-réalité, plutôt que par le désir de servir le droit avec un minimum de probité. Ce qui est à l’opposé d’une JUSTICE vraie, sereine, et républicaine. Au demeurant, utiliser la fonction que la collectivité vous a confiée pour son compte personnel, celui de son clan ou de sa corporation, n’est pas la voie qui permet de CRÉDIBILISER une institution fondamentale comme la JUSTICE. Pourtant en Guinée aussi, il y a des juges et procureurs non militants, authentiquement RÉPUBLICAINS. Je suis persuadé que ceux-là sont outrés par le militantisme politique pro-CNRD. Leur préoccupation à eux, c’est la préservation des libertés individuelles et publiques fondamentales.
En toute humilité, je pense pouvoir dire qu’en Droit, il y a la LETTRE et l’ESPRIT de la LOI.  Les juges engagés politiques comme leur chef, comprennent peut-être cette nuance, mais ils ne semblent pas mettre un minimum d’empressement à la mettre en pratique.
La LETTRE fixe le texte de la LOI, c’est-à-dire l’écrit pour le CONSERVER, pour le TRANSMETTRE…..L’ESPRIT, c’est le but raisonnable, ultime poursuivi, qui a conduit le législateur à écrire et faire voter la loi, à prévoir la liberté d’appréciation qui est laissée aux juges, à les autoriser  à tenir compte du  contexte général et la ou les circonstances dans lesquelles les faits à juger se sont produits. Si le juge ne fait que s’en tenir à la lettre stricte du texte de LOI en ignorant son ESPRIT, alors une machine automatique serait préférable dans les tribunaux…..Au demeurant , l’esprit de la LOI suggère que dans tous les cas, le Procureur doit se préoccuper de la PRÉSERVATION des LIBERTÉS INDIVIDUELLES PUBLIQUES FONDAMENTALES.  Or il se trouve que chez nous, à la moindre plainte contre un citoyen ordinaire, il est aussitôt embastillé.  L’État, ou ceux qui prétendent en être les représentants ont tous les Droits sur la VIE et les BIENS des Citoyens, surtout ceux qui sont issus du petit peuple, c’est-à-dire l’immense majorité du pays. Pourtant, en droit, l’emprisonnement doit être l’exception, et la liberté la règle, sauf si l’accusé peut s’enfuir, ou s’il a commis un CRIME qui nécessite qu’il soit embastillé, ou encore s’il peut faire disparaître les preuves de son crime…Répétons encore une fois : un dépôt de plainte, ne vaut pas emprisonnement automatique.   Or en Guinée, si les prisons sont surpeuplées, et elles le sont anormalement, c’est qu’elles sont sur-occupées par les prisonniers d’opinion, plutôt que par des délinquants en tout genre. Pourtant, du sommet à la base de ce qu’il faut malheureusement appeler l’« État », l’espace est plein de délinquants.  Dans le même temps, à la moindre annonce de grève, ou de manifestation hostile à la junte, le ministre de la justice fait sortir ses juges et procureurs soumis à la junte.  Ce ne sont même plus les faits qui sont judiciarisés, ce sont les intentions et les paroles qui le sont, avec au bout, l’emprisonnement systématique.
QUESTION finale provisoire : tout le « gouvernement », en particulier, le ministre de la justice garde des sceaux, tient sa fonction d’un pouvoir ILLÉGITIME, et ILLÉGAL.  En un certain sens, une ILLÉGALITÉ fondamentale, issue d’un détournement de munitions et d’armes du pays tout entier opéré par groupe ultra-minoritaire, créerait un « droit » à sa guise.  Nos compatriotes devraient s’y soumettre, et de ce fait accepter d’être des ESCLAVES.
 
Qu’en pensent le garde des sceaux-militant, ministre du CNRD et ses procureurs, tous aussi militants ?

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