Les élections législatives en Guinée: Les élections législatives en Guinée:
L’opposition doit exiger l’implication des Nations Unies pour la finalisation de la transition 2010 en organisant les élections législatives ?
Article publié par le 29 juillet 2012 à 1h34
Guinée: pourquoi l'opposition doit-elle exiger l'implication des Nations Unies pour la finalisation de la transition 2010 en organisant les élections législatives

Guinée: l'opposition doit exiger l'implication des Nations Unies pour la finalisation de la transition 2010 en organisant les élections législatives ?

 

 

 

 

Après les crimes contre l'humanité du 28 septembre 2009, le monde entier est venu au chevet de la Guinée pour éviter un nouveau foyer de guerre civile en Afrique de l'Ouest. Et pour cause ! Pendant les 26 ans du régime dictatorial communiste de Sékou Touré, la Guinée était devenue un pays d'émigration qui a contribué au peuplement des pays voisins. Plusieurs de ces pays ont connu la guerre civile faisant de la Guinée le plus grand pays d'accueil de refugiés de la sous-région. Ces pays se relèvent petit à petit avec l'aide de la communauté internationale.

 

 

Une guerre civile en Guinée pourrait donc déstabiliser toute la sous-région ouest-africaine, réduisant au néant, les efforts de la communauté internationale pour stabiliser les pays voisins Léonais, Libérien, Bissau-guinéen et Ivoirien.

 

 

En 2010, pendant les campagnes présidentielles, Alpha Condé et son alliance, paniqués devant le score du candidat du parti UFDG au premier tour, portèrent la campagne sous l'angle ethnico-régional en accusant la communauté peule de tous les maux de la terre. Comme si cela ne suffisait pas, ils organisèrent des agressions anti-peules dans le but de faire fuir les électeurs peuls de la Haute Guinée et de la Forêt.

 

 

Contrairement au candidat Alpha Condé et à la Coordination mandingue, Cellou Dalein Diallo et la Coordination Haali Pular minimisèrent les faits et appelèrent au calme et à la raison. Ce qui coûtera au leader Cellou Dalein Diallo (43,65% au premier tour et allié au parti UFR arrivé en troisième position) sa victoire au second tour de la présidentielle. Cellou cédera le pouvoir sans condition devant Alpha Condé (18,25% au premier tour). Cette sagesse ne payera pas parce qu'une fois Alpha Condé installé à la présidence, il n'y aura aucune justice pour les victimes et le nouveau chef de l'Etat se lancera dans des agressions verbales et dans une politique de punition globale des Peuls et des militants et cadres de l'opposition. Il viole sans cesse la Constitution et refuse d'organiser des élections législatives dans des conditions de transparence et en conformité avec la loi. En même temps, il accélère et renforce la formation de sa milice tribale composée de donsos malinkés. Plus de 3000 de ces donsos sont déjà opérationnels sur le terrain en Guinée.

 

 

Pour comprendre la gravité de la situation en Guinée, lire les articles aux liens 1, 2, 3, 4 et 5

 

Une partie de la communauté guinéenne, les Peuls en particulier, ont acquis la conviction qu'ils sont une cible de violences, de spoliation et d'intimidation orchestrées par le pouvoir. Les faits sur le terrain ont tendance à créditer et renforcer cette conviction. Par exemple, tout le monde sait que Bembato et certains quartiers dits peuls sont assiégés depuis l'arrivée d'Alpha Condé au pouvoir. Mais des commerçants et taximen de ces quartiers sont fréquemment braqués en pleine matinée par des hommes armés qui tirent en l'air avant de les dépouiller de tous leurs argents, sans que les forces de l'ordre stationnées dans le secteur ne réagissent. La dernière attaque du genre s'est produite ce matin, vendredi 27 juillet 2012, à 9 h en face de la gare routière de Bambeto. Les Pickups de gendarmes et le camion de police stationnés sur les lieux sont restés sans réaction devant la scène. Il n'est donc plus certain que ceux qui ont été victimes dans le passé observent la même sagesse prochainement car ils savent qu'ils ne doivent plus compter sur les forces de sécurité guinéennes placées sous le contrôle d'un pouvoir tribal.

 

 

D'ailleurs, la communauté internationale connait la situation grave de la Guinée. C'est parce que l'opposition minimise la gravité des faits et refuse d'en faire un drame que cette communauté internationale ne bouge pas. Tenez ! Le mercredi, 07 Septembre 2011, il s'est tenu la rencontre d'évaluation des travaux de reforme du secteur de la sécurité en Guinée. A cette occasion, Alpha Condé avait fait inviter tous les bailleurs de fonds et représentants des compagnies étrangères en Guinée pour leur présenter les travaux en espérant qu'ils débloqueront des fonds de soutien à son régime. De source européenne, les choses ont mal tourné quand les diplomates et le chef de la délégation de l'union européenne en Guinée, Monsieur Philipe Van Damme, se sont intéressés aux questions des droits de l'homme, à l'impunité, à la discrimination et aux crimes à caractère ethniques dont de plus en plus de sources différentes font cas en Guinée. A propos, l'Union européenne avait adressé un courrier avec une vingtaine de questions aux autorités guinéennes. Alors le chef de l'Etat Alpha Condé se mit en colère et s'attaqua aux diplomates dans une vulgarité indigne d'un homme d'Etat.

 

 

A l'adresse du chef de la délégation de l'union européenne, Alpha Condé dit qu'il n'est pas pressé et que le génocide qu'ils (les Européens) subodorent (qu'ils redoutent) dans ce courrier risque d'avoir lieu en Guinée et sera pire que celui du Ruanda. Il s'attaque viscéralement au diplomate en disant que ce dernier se prend pour un Ambassadeur de toute l'Europe et en lui apprenant que la Guinée est un pays souverain et qu'il interdit désormais au gouvernement Said Foufana de recevoir un tel courrier de qui que ce soit dans l'avenir.

 

Alpha menace dans son français élémentaire et approximatif:

 

« N'importe quel autre ambassadeur ou organisation internationale qui m'adresserait ce genre de courrier, il prendra l'avion le lendemain !».

 

Derrière Alpha, un groupe de proches qui l'encourage par des applaudissements et se réjouissent : « C'est bien, lui aussi il sait parler aux blancs ! », dira un d'entre eux.

 

Monsieur Philipe Van Damme était vexé par les propos irrespectueux d'Alpha Condé. Il était rouge de colère et ne put se retenir. Il se leva pour répondre à Alpha Condé mais il ne put s'exprimer tellement qu'il suffoquait d'indignation.

 

 

A l'adresse de l'ambassadeur de l'Allemagne, Karl Prinz, l'homme qui a beaucoup fait pour l'avènement de la démocratie et l'organisation de la présidentielle 2010 en Guinée (Il a par exemple aidé à faire acheminer le matériel électoral à l'intérieur du pays), Alpha Condé dira sur un ton méprisant qu'il a demandé au Ministre des affaires étrangères de l'Allemagne de le faire quitter la Guinée parce qu'il se comporte comme un ressortissant de Dalaba et le défenseur d'une communauté. Il est à préciser que M. Prinz qui a aimé notre pays a adopté un enfant guinéen qui se trouve être peul par la force du hasard.

 

A l'adresse de l'ambassadrice du Sénégal, Mme Batoura Kane, Alpha Condé déclare qu'il sait que cette dernière soutient ses parents peuls et qu'il a également demandé au Président sénégalais de la faire quitter la Guinée.

 

 

Quand Alpha interpella l'ambassadeur de la France dans la même lancée, ce dernier ne s'est pas laissé faire et répliqua que la France est un membre influent de l'Union européenne et qu'à ce titre elle est solidaire des décisions de cette institution et que le reste des questions sera abordé de façon bilatérale en d'autre circonstance plus sereine, selon ses propres termes.

 

 

Alpha Condé quittera la salle en colère pour disparaitre derrière les couloirs. Un instant, il revient en vitesse en prenant Facinet Touré et Sory Doumbouya en aparté et se mit à vociférer:

 

 

« J'ai appelé le petit Cellou. Vous savez ce que le petit peul m'a répondu ? Qu'il faut qu'il se concerte d'abord avec la Coordination Haalipular. C'est dommage que la presse soit partie sinon j'allais le dénoncer devant le monde entier ! »

 

 

Facinet Touré et Sory Doumbouya sont restés silencieux. Du coup, Alpha se retourne et voit que toute la salle l'entendait. Alors il se retira précipitamment. Le même soir, le Bureau de Presse de la Présidence prend les devants et passe un communiqué officiel:

 

« Dans le cadre du dialogue et pour faciliter les travaux de la Commission provisoire chargée de la réconciliation nationale, Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha Condé, a dépêché ce jour mercredi 7 septembre 2011, des émissaires chez Elhadj Mamadou Cellou Dalein Diallo, Président de l'Union des Forges Démocratiques de Guinée (UFDG), en vue d'une rencontre autour des problèmes cruciaux de la Nation le jeudi 8 septembre …

 

 

Elhadj Cellou Dalein Diallo a décliné l'invitation du Chef de l'Etat, préférant s'en remettre à la décision finale de la Coordination du Foutah et de son parti. » (Lire).

 

 

L'UFDG avait démenti en précisant que face à l'exigence du président d'avoir une réponse immédiate, Cellou a simplement dit qu'il ne peut répondre avant de se concerter avec le bureau politique de son parti. 

 

Comme chacun peut le comprendre, la situation guinéenne est si grave qu'Alpha Condé s'attaque et renvoie même des diplomates étrangers de la Guinée parce qu'ils sont peuls ou supposés sensibles aux injustices que le pouvoir fait subir aux Peuls !

 

 

Malheureusement l'opposition guinéenne n'a même pas daigné informer le peuple de ces faits. Il a fallu qu'un Européen nous donne ces informations déroulées devant des représentants de toutes les institutions républicaines en Guinée !

 

C'est donc en connaissance de cause que la communauté internationale a élu la Guinée dans le programme du Fonds de l'ONU de consolidation de la paix. En effet ce fonds a été créé et est destiné normalement aux pays sortant de conflits pour appuyer les activités qui contribuent directement à leur stabilisation et pour empêcher une reprise des affrontements (Lire).

 

 

La Guinée a déjà reçu 12 millions et demi de dollars américains de ce Fonds de l'ONU (Lire). Donc il n'y a plus aucune raison que l'ONU ne soit pas impliquée dans le processus électoral de la Guinée comme dans les autres pays bénéficiant de ce fonds pour la certification des résultats des élections et l'assurance de la sécurité des leaders politiques et de la population.  Donc l'opposition doit demander l'implication de l'Onu dans l'organisation des élections législatives.

 

 

Aux problèmes d'insécurité que connait le pays, il faut ajouter la volonté prouvée d'Alpha Condé, comme pour le second tour de la présidentielle 2010, de n'organiser des législatives que s'il est certain de les gagner par tous les moyens (Lire 1 & 2). Il n'a pas hésité de dire publiquement lors de sa dernière visite en France qu'à part Cellou Dalein Diallo (le Peul), aucun de ses autres opposants n'aura un député au futur parlement guinéen. Une autre raison suffisante pour qu'on fasse appelle aux Nations Unies pour sécuriser le pays et finaliser la transition en Guinée.

 

 

 

GUINEEPRESSE.INFO

 

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