| L’Ambassade de Guinée à Bruxelles, complice dans le rapatriement des Guinéens L’Ambassade de Guinée à Bruxelles, complice dans le rapatriement des Guinéens | |
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Article publié par le 2 août 2012 à 10h22
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L'Ambassade de Guinée à Bruxelles, complice dans le
rapatriement des Guinéens Dans le cadre de l'accord signé entre le
gouvernement guinéen et les pays de l'Union européenne, l'ambassade de Guinée à
Bruxelles aide les autorités belges et du Benelux au rapatriement des Guinéens.
En effet, nous savons tous que la Guinée a envoyé des émissaires (des
commissaires de la police guinéenne) en Europe pour identifier les demandeurs
d'asile en provenance de la Guinée. Ces émissaires dont nous avons rencontré l'un
d'eux, ont fait la tournée dans plusieurs pays dont les Pays-Bas, la Belgique,
la France et la Suisse. Durant trois mois, ils ont identifié des centaines de Guinéens
détenus dans des centres fermés, ou bien convoqués spécialement par les
autorités chargées de l'immigration. Pour chaque personne identifiée, les
émissaires délivraient un laissez-passer. En contrepartie, le gouvernement
d'Alpha Condé perçoit 3.000 euros par individu. Les émissaires quant à eux reçoivent
100 euros par jour et 100 euros par personne identifiée. Sur la route de
Conakry, un des émissaires nous
affirmait avoir en poche 6 000 euros. Certains vont dire qu'aucun gouvernent
européen ne peut se permettre de payer une telle somme avec la crise actuelle
et les efforts d'austérité mis en place. Ils se trompent car garder une
personne dans un centre fermé coute 50 francs suisse par jour (environ 42
euros). Je vous laisse calculer le reste. Le
cas de la Belgique Depuis le départ de l'ex ambassadeur Mr Sacko qui
avait refusé de jouer avec la vie des Guinéens et qui était apprécié, et par la
communauté guinéenne et par les autorités européennes et du Benelux, le chargé des affaires et le consulat profitent
du vide pour se faire de l'argent. Contrairement à Mr Sacko qui refusait de
donner des laissez-passer, eux collaborent efficacement avec l'Office des
étrangers. Toute demande est recevable.
Le président de l'Office des étrangers ne s'est pas privé de le
mentionner lors de sa rencontre avec la communauté guinéenne au mois de Juin
dernier « toute personne arrêtée sera rapatriée ». C'est dire combien de fois
il est sûr de la collaboration à la déportation de ces personnes, pourtant
chargées de défendre leurs compatriotes. Pire encore, même si les autorités ne
présentent aucun document prouvant la nationalité de la personne, les agents de
l'ambassade ont trouvé une formule qui est une violation flagrante du droit. En
effet, à partir de sa photo et de son nom, les agents consultent la liste
électorale des dernières élections de 2010. Si par malheur, son nom y figure,
ils lui procurent un laissez-passer. C'est ce qui est arrivé à Mr Abdoulaye
Diallo connu sous le nom de Mawbhewbhen. Il a été arrêté à Bruxelles (Belgique)
et enfermé dans le centre de Bruges. C'est là qu'il a été détenu avec d'autres
compatriotes jusqu'à l'obtention du fameux laissez-passer le vendredi 8 Juin
2012. Et ce sont les policiers qui sont venus l'informer que l'ambassade
guinéenne avait retrouvé son nom sur la liste électorale, et qu'elle avait fait
le laissez-passer. Par conséquent, il devait être rapatrié le Mardi 12 Juin par
le vol numéro 217 de Bruxelles Airlines. Le samedi 9 Juin, nous avons été alertés par un
compatriote et nous avons directement pris contact avec Mr Diallo qui a
confirmé les faits. Nous avons voulu organisé une visite dans le centre fermé
de Bruges le lundi 11 Juin en vain. Suite à notre démarche, les policiers ont
saisi son téléphone mobile. Nous avons alors entrepris des actions avec des
organisations humanitaires belges pour empêcher son rapatriement, car Mr Diallo
n'est pas un criminel. Son seul tort est d'avoir fui la dictature guinéenne et
son retour au pays mettrait sa vie en danger.
Le mardi 12 Juin à midi et demi, nous nous sommes
rendus à l'aéroport de Bruxelles (Zaventem) avec les organisations belges. Nous avons sensibilisé les passagers du vol, afin
de refuser de voyager avec une personne déportée. À 14 heures, alors que le
guichet d'enregistrement était fermé et
que tout le monde était rentré, j'ai aperçu un Guinéen qui s'était trompé de terminal.
En allant vers lui, j'ai trouvé Mr Diallo qui était entouré de deux policiers,
en attente d'une policière de l'aéroport, chargée de le conduire à l'avion.
C'est là qu'il m'a raconté que son téléphone avait été saisi et qu'il faisait
l'objet d'une surveillance particulière depuis notre démarche. C'était une
surprise de voir Mr Diallo, car les personnes rapatriées ne font jamais la
queue avec le public. C'est pourquoi ils ont
pris soin de le faire rentrer par un autre terminal. Je déplore que les Guinéens ne se soient pas
mobilisés à l'aéroport, et les passagers du vol, malgré leur promesse, n'ont
pas tenu parole. Aux dernières nouvelles, Mr Diallo (54 ans) a été rapatrié,
puis arrêté par les autorités aéroportées de Conakry, puis dépouillé du peu de
sous qu'il avait, avant d'être enfermé pendant une semaine à la maison
centrale. Nous dénonçons avec vigueur le comportement et l'acte ignoble et peu
orthodoxe des agents de l'ambassade de Guinée à Bruxelles. Utiliser les listes
électorales à des fins commerciales est interdit. Même le gouvernement n'a pas
le droit d'utiliser cette liste pour le recouvrement de l'impôt et taxes. Certaines
langues dont des Guinéens détenus dans des centres fermés, affirment que le
gouvernement guinéen accepte même d'accueillir les ressortissants de l'Afrique
de l'Ouest, pour l'argent que cela procure. C'est pour vous dire que le cas de
Mr Diallo est loin d'être un acte isolé. Beaucoup de nos compatriotes au
Benelux se plaignent de l'accélération de la déportation de leurs parents par
les services de l'ambassade de Guinée. Nous pensons que le nouvel ambassadeur Ousmane
Sylla va stopper ces pratiques, qu'il saura défendre les intérêts de son pays, ce
qui commence par la défense de la communauté guinéenne. Remplacer Mr Sacko n'était
pas évident, car il avait usé de toute sa diplomatie pour réunir les gens,
malgré les tensions pré et postélectorales, liées aux massacres du 28 Septembre.
Ousmane BAH |
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