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Guinée : Le gouvernement doit garantir la justice pour les victimes du massacre dans un stade de Conakry
Article publié par Ibrahima Sory Makanera le 5 mars 2010 à 9h25
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Guinée : Le gouvernement doit garantir la justice pour les
victimes du massacre dans un stade de Conakry Avec les élections promises, le gouvernement de transition
doit faire avancer l'Etat de droit (Dakar, le 4 mars 2010) Le nouveau gouvernement de
transition de la Guinée devrait prendre des mesures concrètes pour garantir la
justice aux victimes du massacre en septembre 2009 de plus de 150 partisans de
l'opposition dans un stadium de la capitale, Conakry, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui
dans une lettre adressée au nouveau gouvernement. Ce dernier devrait aussi
localiser les corps des personnes qui n'ont pas encore été retrouvées et
suspendre les fonctionnaires impliqués dans le massacre et ses répercussions, a
indiqué Human Rights Watch.
Human Rights Watch
a appelé le Président par intérim, le Brigadier Général Sékouba
Konaté, et le Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, à entreprendre
une action concertée en accord avec les normes internationales pour empêcher,
enquêter et poursuivre les violations des droits humains commises par les
forces de sécurité guinéennes. Dans la période précédant les élections, prévues
pour le mois de juin, le gouvernement devrait contrôler les forces de sécurité
afin d'empêcher les tentatives pour intimider ou manipuler les candidats ou les
électeurs, a ajouté Human Rights
Watch. « Konaté et Doré ont une opportunité de rejeter l'impunité
persistante en Guinée et de mettre un terme à la violence », a observé Corinne Dufka, chercheuse senior pour l'Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch. « Rendre
compte des exactions passées et construire une société s'appuyant sur l'État de
droit, c'est le travail d'aujourd'hui et non de demain. » Le 15 janvier 2010, le dirigeant du coup d'État de 2008, le
Capitaine Moussa Dadis Camara, s'est écarté, ouvrant
la voie à un gouvernement par intérim en grande partie civil, qui a été nommé
le 15 février par Doré, ancien dirigeant d'opposition. Doré fixé une date pour
la tenue d'élections qui devraient aboutir à un gouvernement pleinement civil. Dans sa lettre, Human Rights Watch a exhorté les deux dirigeants à tirer un trait
sur le passé d'exactions de la Guinée et à oeuvrer au
démantèlement d'un système dans lequel les auteurs d'exactions ont dormi sur
leurs deux oreilles, sachant qu'ils ne feraient jamais l'objet d'une enquête ni
de poursuites, alors que les victimes étaient abandonnées, rassemblant les
morceaux de leurs vies. Personne n'a du rendre des comptes pour les répressions
brutales de 2006 et 2007 contre les Guinéens manifestant contre la
détérioration des conditions économiques, qui ont fait environ 150 morts et
plus de 1 700 blessés. D'autres incidents sont également restés impunis,
notamment l'attaque préméditée contre les partisans de l'opposition rassemblés
dans un stade le 28 septembre 2009, au cours de laquelle 150 à 200 Guinéens ont
été tués, ainsi que la corruption galopante et le détournement des vastes
ressources naturelles de la Guinée, qui ont empêché l'accès des Guinéens à des
droits économiques fondamentaux tels que la santé et l'éducation. Guinée : Le gouvernement doit garantir
la justice pour les victimes du massacre dans un stade de Conakry 2 Human Rights Watch | le 4 mars
2010 Human Rights Watch
a aussi exprimé sa préoccupation à propos de la promotion accordée en décembre
2009 et du décret présidentiel du 16 février reconfirmant à de hautes fonctions
au gouvernement deux officiers militaires haut gradés qui sont, selon les
enquêtes de Human Rights
Watch et des Nations Unies, lourdement impliqués dans des actes de torture, des
meurtres et des viols. Human Rights
Watch a appelé à ce que ces officiers le Major Claude Pivi
et le Lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara
soient destitués de leurs fonctions dans l'attente d'une enquête impartiale sur
leurs rôles dans les violences de septembre et dans d'autres exactions graves. Le Major Pivi aurait été impliqué
dans la répression qui a suivi le massacre au stade, notamment les attaques
contre les domiciles de dirigeants politiques ce soir-là. Il a aussi été
impliqué dans des actes de torture commis en 2008, y compris à l'encontre de
policiers guinéens, des actes criminels dont des vols, et le meurtre en
décembre 2009 de deux soldats qui auraient été liés à la tentative d'assassinat
du 3 décembre contre le dirigeant du coup d'État. Le Lieutenant-colonel Tiégboro a
commandé personnellement une unité de gendarmes qui a employé une force
meurtrière contre les partisans de l'opposition qui convergeaient vers le
stade, aurait pris une part active au massacre, et, à un moindre degré, aux
violences sexuelles qui ont suivi. Plusieurs hommes placés après le massacre de
septembre dans un centre de détention ad hoc sous son commandement direct
auraient fait l'objet de graves exactions. En juin 2009, il a exhorté
publiquement des jeunes à mettre en place des brigades de surveillance en leur
tenant les propos suivants : « Si vous prenez un voleur en flagrant délit,
mettez de l'essence sur lui et brûlez-le vivant ». « Les victimes des violences de septembre ont du endurer le
fait que sont toujours en service des membres de la Garde présidentielle et
d'autres qui ont pris part au bain de sang », a expliqué Corinne Dufka. « Et ce qui est pire, c'est que nombre de ces
coupables présumés, entre autres Pivi et Tiégboro, ont bénéficié d'une promotion et ont été
récompensés par des fonctions gouvernementales. » La Cour pénale internationale a commencé une analyse de la
situation en Guinée à la suite des violences de septembre. Quant à savoir si la
Cour ouvrira une enquête, cela dépend du fait que les tribunaux nationaux aient
à la fois la volonté et la capacité de mener des enquêtes et des poursuites
pour les crimes commis. Etant donné les préoccupations relatives au manque
d'indépendance de l'exécutif, à l'insuffisance des ressources et à la
corruption, toute l'expertise disponible devrait être utilisée pour garantir
que les enquêtes et les poursuites nationales sont menées de façon équitable,
impartiale, indépendante et efficace, a ajouté Human Rights Watch. Human Rights Watch
a aussi exhorté Konaté et Doré à financer et à rendre opérationnel l'Observatoire
national de la démocratie et des droits de l'homme (ONDH), un organisme guinéen
mandaté pour enquêter sur les atteintes aux droits humains persistantes, et à
rendre opérationnelle la Commission d'enquête indépendante sur les violences
liées à la grève de janvier et février 2007, qui ont fait au moins 137 morts. Guinée : Le gouvernement doit garantir
la justice pour les victimes du massacre dans un stade de Conakry 3 Human Rights Watch | le 4 mars
2010 De plus, les autorités devraient garantir le droit à la vie
et un procès équitable pour le Lieutenant Abubakar « Toumba » Diakité, s'il est détenu, a insisté Human Rights Watch. Le Lieutenant
Diakité est un coupable présumé clé des violences de septembre, en fuite depuis
la tentative d'assassinat contre Dadis Camara. « Les nouveaux dirigeants de la Guinée ont un travail
important devant eux », a conclu Corinne Dufka. «
Leur réussite sera mesurée à la façon dont ils s'attaqueront aux violences
passées et dont ils rétabliront l'État de droit. » Pour lire la lettre de Human Rights Watch au Brigadier Général Sékouba
Konaté, Président par intérim, ainsi qu'à Jean-Marie Doré, Premier ministre de
transition, veuillez suivre ce lien : http://www.hrw.org/node/88914 Pour lire le rapport de décembre 2009 de Human
Rights Watch, « Un lundi sanglant : Le massacre et
les viols commis par les forces de sécurité en Guinée le 28 septembre »,
veuillez suivre ce lien : http://www.hrw.org/fr/node/87196 Pour consulter d'autres travaux de Human
Rights Watch sur la Guinée, veuillez suivre ce lien :
http://www.hrw.org/fr/africa/guinea Pour plus d'informations, veuillez contacter : À Paris, Jean-Marie Fardeau (français, anglais, portugais) :
+33-1-43-59-55-31 ; ou +33-6-45-85-24-87 (portable) À Genève, Peter Bouckaert (anglais)
: +41-22-738-1793 ; ou +41-78-945-9385 (portable) À Dakar, Corinne Dufka (anglais, espagnol) : +221-33-820-6125 ; ou +221-77-783-3131 (portable) |
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