Jean-Marie Doré interpelle Alpha Condé sur le danger du cas Louncény Camara de la CENI Jean-Marie Doré interpelle Alpha Condé sur le danger du cas Louncény Camara de la CENI
Alpha Condé doit faire en sorte que Louncény Camara n’apparaisse pas comme une valeur supérieure à la valeur de la paix civile guinéenne !
Article publié par le 15 mai 2012 à 11h12

Affaires CENI

Jean Marie Doré, S/G de l'UPG:

« Alpha Condé doit faire en sorte que Louncény Camara n'apparaisse pas comme une valeur supérieure à la valeur de la paix civile guinéenne !»

L'ex premier ministre de la transition et leader de l'Union pour le progrès de la Guinée (UPG), M. Jean Marie Doré a animé un point de presse au siège de son parti. C'était le lundi 14 mai 2012. Rencontre au cours de laquelle il a donné la position de sa formation politique par rapport à l'actualité politique nationale.

A l'entame des débats, M. Jean Marie Doré a tout d'abord précisé que cette intervention de son parti (UPG) est indépendante de la position de l'alliance à laquelle il appartient (le CDP). Selon le leader de l'UPG, son intervention est le résultat des analyses portées sur la situation critique du pays. Situation qui interpelle tous les acteurs de la vie nationale, précisément la vie politique. C'est aussi une occasion pour le conférencier de proposer des solutions ‘'réalistes'' pour sortir de cette impasse politique et pour que la Guinée puisse aller de l'avant. Mais Jean Marie Doré rappelle surtout que : « Près d'un an après son élection, le président Alpha Condé n'avait pas pris contact avec la classe politique de façon formelle. C'est le 15 novembre 2011, qu'il a plu au président de convoquer 10 des leaders politiques de toutes tendances confondues à son bureau à Sèkhoutouréya. A cette occasion, il nous a dit d'aller avec la CENI, discuter et trouver un consensus aux différents problèmes qui agitent les partis politiques et la société civile. ‘'Les conclusions auxquelles vous aboutirez, si elles sont positives, je vais les appliquer. S'il ya des divergences, vous viendrez et je prendrai une décision'' nous a dit le président…».

Pour Jean Marie Doré, cette action du Pr. Alpha Condé scellait un début de dialogue franc et constructif avec l'opposition. Mais, regrette Monsieur Doré, ‘'depuis cette date, il n'ya eu aucun contact entre le chef de l'Etat et la classe politique guinéenne''.

Jean Marie Doré, après un bref rappel des conditions de création de la commission électorale nationale indépendante, a indiqué que certains hommes sont faibles devant les attractions du pouvoir : « dès que le Pr. Alpha Condé a prêté serment, il est devenu le président légal de la Guinée, beaucoup de membres de la CENI ont viré pour le RPG arc-en-ciel. Donc, la CENI a perdu son caractère paritaire ».

Pour ainsi rétablir l'équilibre et rester dans la logique de la loi électorale, le leader du l'UPG demande la restructuration de la CENI sans remettre en cause l'institution. Pour M. Jean Marie Doré, le président de la CENI a perdu la confiance des leaders politiques depuis qu'il a dit qu'il n'a pas besoin de ces derniers pour organiser les élections : « le président de la CENI a aggravé cette petite impasse qu'on a fini par déverrouiller. Il a dit qu'il n'a même pas besoin des partis politiques pour organiser une élection. Je condamne ce qu'il a dit. La CENI est le sous produit inachevé du reste de la réflexion des partis politiques, de la démarche et de l'effort des partis politiques depuis le 3 avril 1992 ».

Poursuivant, le leader de l'UPG a dit que c'est impossible à l'état actuel de la CENI d'appliquer une décision qui n'est pas sanctionnée par la plénière : « c'est impossible qu'on puisse prendre une décision au nom de la CENI à partir de la volonté du seul président de la CENI ou de deux ou trois membres qui sont dans le bureau alors que le bureau n'est même pas au complet. Ce grand vide est un handicap pour la crédibilité de la CENI ».

Parlant de la révision du fichier électoral, Jean Marie Doré fustige le comportement d'un ministre de la République qui, selon lui, diffame les leaders de l'opposition à l'intérieur du pays : « le nom d'un ministre se bouscule dans ma bouche, je ne le dirai pas maintenant sauf si je suis forcé à le dire. Il va à l'intérieur, notamment à N'Zérékoré, à Faranah … pour dire que tous les partis qui se disputent veulent aller créer des problèmes au Pr. Alpha Condé à l'Assemblée nationale. Que ce type soit maudit tout le temps ! ». M. Jean Marie Doré a aussi regretté la faiblesse de certains intellectuels devant certaines situations : « c'est comme s'il y avait une sorte de sortilège ici qui fait que vous venez de l'Allemagne, de l'Amérique, de Paris, de Londres avec votre doctorat, dès que vous arrivez ici, vous êtes pris par une sorte d'ivresse et vous devenez plus banale que les bananes de Guinée. Vraiment je ne comprends pas cela… ».

Pour éviter à la Guinée une crise inutile, et pour une solution raisonnable à la crise autour de la CENI, l'ex premier ministre de la transition, M. Jean Marie Doré invite le chef de l'Etat, le Pr. Alpha Condé à prendre ses responsabilités : « je prie le chef de l'Etat avec tout le respect auquel il a droit, de ne pas faire en sorte que Louncény Camara apparaisse aux yeux des gens comme une valeur supérieure à la valeur de la paix civile guinéenne. On peut le nommer ministre, ambassadeur, conseiller supérieur général à la Présidence. Mais qu'il ne soit plus la pomme de discorde qui nous distrait et nous éloigne de l'essentiel. Je crois que le président de la République n'a pas besoin d'avoir 100 députés sur 114 à l'Assemblée nationale. Il faut que le président tranche…».

Plus loin, le leader de l'UPG s'en est pris au président de la CENI : « la CENI a dit qu'on peut aller aux élections, tout est prêt. Ce n'est pas vrai, c'est faux. Après les vérifications, le gouvernement a suspendu les opérations. Je vais vous dire pourquoi, c'est parce que WAY MARK qui a été choisi, l'a été par un marché de gré à gré. Je vous le dis. Maintenant tout ce fait de gré à gr酻.

Pour terminer son intervention, Jean Marie Doré estime que pour résoudre ce problème et rétablir la confiance, le chef de l'Etat, le Pr. Alpha Condé doit inviter de nouveau les leaders de la classe politique pour un dialogue. Ceci, pour discuter de l'avenir de la CENI afin de proposer une date réaliste des élections législatives et en finir avec la transition qui n'a que trop duré.

 

Amadou Diallo correspondant du site « leguepard.net » en Guinée

 

Imprimer Envoyer à un ami

Suspension des commentaires

La rédaction du Guépard respecte la pluralité des opinions, et autorise toute critique.Cependant, elle se réservait le droit de supprimer tout commentaire comportant des injures.

Mais devant la recrudescence de ce type de réaction, les commentaires seront suspendus jusqu'à la résolution de ce problème. Merci de votre compréhension.

RETOUR AUX ARTICLES

Articles du même auteur: